Les exportateurs vietnamiens sont prêts pour l’EVFTA

Depuis plusieurs années, de nombreuses entreprises exportatrices de riz se préparent à tirer le meilleur parti des opportunités offertes par l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam
Hanoi (VNA) – Depuis plusieurs années, de nombreuses entreprises exportatrices de riz se préparent à tirer le meilleur parti des opportunités offertes par l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam (EVFTA).
Les exportateurs vietnamiens sont prêts pour l’EVFTA ảnh 1Ces huit premiers mois de l’année, les exportations nationales de riz vers l’UE ont atteint 15.800 tonnes. Photo : VNA

Trois premières entreprises ont déposé leurs dossiers aux organismes com-pétents vietnamiens pour demander la certification des zones de culture et des variétés de riz parfumé pour leur exportation vers l’Union européenne (UE) dans le cadre de l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam (EVFTA).

Il s’agit de la Compagnie par actions de transformation de riz Viên Dông (Hô Chi Minh-Ville), de la Compagnie par actions d’agriculture high-tech Trung An (ville de Cân Tho) et de la Sarl Khanh Tâm (Long An), toutes au Sud.

De longs préparatifs
 
Pham Thai Binh, directeur de l’entreprise Trung An, informe que sa compagnie prépare depuis 2012 ses activités d’exportation de riz vers le marché européen. Elle a étudié les marchés et négocié avec les importateurs les contingents tarifaires délivrés par l’UE aux exportateurs vietnamiens.
 
Selon lui, l’Europe est un marché plutôt élitiste avec des consommateurs exigeants et des normes de qualité élevées qui peut accepter l’importation de riz de haute qualité au prix de 2.000 USD la tonne. En plus de la qualité, elle met aussi l’accent sur l’hygiène des aliments, notamment l’absence de résidus chimiques phytosanitaires, qui sont toujours la plus grande barrière à l’entrée du riz sur ce marché.

"Les normes de sécurité sanitaire des aliments ne cessent de se durcir. Par conséquent, nous avons décidé de suivre le processus standard de culture en faisant attention à la qualité de nos produits, de la récolte à la transformation pour l’exportation", partage M. Binh.

En effet, Trung An se concentre sur la mise en place de champs de grandes superficies avec un contrôle strict des sources en eau pour l’irrigation ou des produits phytosanitaires. Elle compte aussi une coopération mutuellement avantageuse avec les paysans en leur demandant de produire à la demande de l’entreprise.
Les exportateurs vietnamiens sont prêts pour l’EVFTA ảnh 2Fin août, Trung An a exporté son premier lot de riz vers l’UE, exonéré de droits de douane. Photo : VNA

Jusqu’à maintenant, la compagnie a développé 30.000 ha de rizières aux normes européennes. Elle en consacre notamment 800 ha à la culture biologique à Kiên Giang (Sud) dont 100 ha ont déjà obtenu la certification biologique accréditée par le département américain de l’Agriculture et l’UE. En se basant sur les besoins réels, cette culture bio sera étendue à l’ensemble de la superficie.

Outre la culture, le stockage après récolte est un facteur clé pour garantir la qualité du produit. C’est pour cette raison que Trung An utilise dix silos capables de conserver 30.000 tonnes de paddy à l’abri de l’humidité pendant un an. Grâce à ses efforts, fin août, la société a exporté son premier lot vers l’UE exonéré de droits de douane. Il était composé de six conteneurs d’un volume équivalent à environ 150 tonnes, avec deux variétés de riz parfumé : ST20 et Jasmin. Le premier se vend à plus de 1.000 USD la tonne et le second à plus de 600 USD contre 800 USD et 520 USD avant l’entrée en vigueur de l’EVFTA. Il s’agit du prix le plus élevé de ces neuf dernières années.

Depuis début septembre, Trung An a livré cinq containeurs de 125 tonnes de riz. Elle envisage, d’ici à la fin de l’année, de remettre 3.000 tonnes à trois entreprises allemandes avec lesquelles elle a signé un contrat. "Dans l’avenir, le prix du riz exporté pourrait doubler même tripler.  Selon les estimations, depuis l’entrée en vigueur de l’EVFTA, le riz vietnamien est capable de rivaliser avec ceux de ses concurrents directs", affirme M. Binh. Comme Trung An, les compagnies Viên Dông et Khanh Tâm s’appliquent à exporter du riz parfumé vers le marché européen.

Quelque 15.800 tonnes exportées en huit mois

En 2019, les exportations nationales de riz vers l’UE ont atteint 50.000 tonnes pour 28,5 millions d’euros. Par rapport à d’autres pays aséaniens, ce volume ne représente qu’un sixième de celui de la Thaïlande, un dixième de celui du Myanmar et un quart de celui du Cambodge.

Au cours des huit premiers mois de l’année, les exportations vietnamiennes de riz vers l’UE ont atteint 15.800 tonnes pour 8,5 millions d’USD. Du 4 au 17 septembre, six entreprises ont demandé la certification d’un volume de riz parfumé d’environ 4.300 tonnes. Les exportations vers l’UE de riz, dont celles de riz parfumé, devraient continuer d’augmenter d’ici la fin de l’année malgré la crise sanitaire persistante.

Selon les statistiques, le Vietnam exporte annuellement de 6,4 à 7 millions de tonnes de riz vers plus de 30 pays et territoires. En 2019, le volume expédié a atteint plus de 6,3 millions de tonnes pour une valeur de plus de 2,8 milliards d’USD. Entre janvier et août 2020, ces chiffres étaient  de 4,6 millions de tonnes et 2,25 milliards d’USD. – CVN/VNA

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