Les entreprises privées à l’heure de la 4e révolution industrielle

«Ce sont les expériences vécues et les compétences acquises au fil des années qui aident les entreprises privées à s’adapter aux évolutions de la 4e révolution industrielle», a estimé Vu Tiên Lôc.
Hanoi (VNA) - «Ce sont les expériences vécues et les compétences acquises au fil des années qui aident les entreprises privées à s’adapter aux évolutions de la 4e révolution industrielle», a estimé Vu Tiên Lôc, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI). Entretien.
Les entreprises privées à l’heure de la 4e révolution industrielle ảnh 1Vu Tiên Lôc, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI). Source: CVN

- Que pensez-vous du rôle du secteur économique privé dans le contexte actuel ?
Je constate une forte augmentation du nombre d’entreprises privées dans le pays. C’est bon signe après les efforts considérables menés par le gouvernement à travers les dernières réformes.
L’environnement commercial dans le pays s’améliore de plus en plus. Toute une série de mesures mises en place dernièrement favorisent les entreprises non étatiques. Plusieurs obstacles qui entravaient le bon fonctionne-ment du marché ont été supprimés ou modifiés afin de les adapter au fonctionnement de l’économie mondiale à laquelle sont soumises les entreprises vietnamiennes. Par exemple, depuis quelques temps, la charge fiscale des entreprises a été allégée suite à la volonté du gouvernement d’aider les entreprises privées à se développer.

Dans le monde d’aujourd’hui, les entreprises privées se doivent de produire plus qualitativement que par le passé. La production de masse n’est plus forcément à l’ordre du jour. À l’horizon 2020, le pays vise un million d’entreprises privées, dont l’activité bénéficiera à l’économie nationale. Un des défis pour les autorités réside dans le fait d’éviter que l’émergence de ces nouvelles entreprises privées ne se fasse au détriment des anciennes entreprises, qui ne doivent pas être abandonnées à la faillite.

- Les entreprises privées sont désormais plus soutenues mais leurs difficultés persistent malgré tout. Qu’en pensez-vous ?

La VCCI, la communauté des entreprises, les associations et les médias évoquent souvent les difficultés et les obstacles auxquels les entreprises privées doivent faire face. La rentabilité de ces entreprises est passée de 6,6% en 2012 à 3,2% en 2015, même si, mi-2017, il y avait deux fois plus d’entreprises créées que d’entreprises déposant le bilan. Les coûts de production moyens des entreprises au Vietnam sont 49 fois supérieurs à ceux des Philippines, en incluant les frais de transport et de logistique. Il est aussi important de prendre en compte l’augmentation du prix de l’essence.

- Quelles sont les attentes des entreprises privées concernant les politiques favorables dont elles bénéficient ?     

Je pense que les entreprises privées espèrent que les mesures prises par le gouvernement les aideront à réduire leurs coûts de production globaux, mais pas uniquement. Les chefs d’entreprises ont besoin que l’on instaure un cadre juridique davantage transparent et plus équitable, et surtout que l’on simplifie les formalités administratives.

- Quels sont les impacts de la révolution industrielle sur les entreprises privées ? 
 
Selon moi, bien que la révolution industrielle 4.0 ne date pas d’hier et ne soit apparue du jour au lendemain, peu d’entreprises vietnamiennes en comprennent réellement les enjeux et les conséquences. Par exemple, grâce au développement de l’e-commerce, les consomma-teurs peuvent aujourd’hui acheter les produits, faire shopping depuis chez eux. Les entrepreneurs, eux,  n’ont plus besoin de louer un terrain et de payer du personnel pour ouvrir une boutique. De nombreuses activités s’effectuent désormais via le Net, grâce notamment à la mise en œuvre des services de paiement en ligne et plus globalement des nouvelles technologies. Cependant, la plupart d’entre elles ne savent pas comment agir pour s’adapter. Aussi, beaucoup prennent conscience de la difficulté de rattraper leur retard technologique.
Les entreprises privées à l’heure de la 4e révolution industrielle ảnh 2Le secteur privé est amené à devenir un moteur de l’économie nationale. Photo: VNA

- Quelles solutions proposez-vous ?

Pour que les entreprises ne soient pas victime de la révolution industrielle 4.0, elles doivent se perfectionner et adapter leur mode de production. Elles doivent utiliser les nouvelles technologies pour simplifier les formalités administratives. L’investissement dans la formation d’un personnel capable de mieux exploiter le potentiel des nouvelles technologies pour répondre aux nouveaux besoins de production est aussi quelque chose d’essentiel pour que les entreprises entrent durablement dans l’industrie du XXIe siècle.

- Quel rôle peut jouer l’État en la matière ?

Les politiques étatiques jouent un rôle important dans le développement des entreprises. Elles aident les entreprises à être plus optimistes, plus confiantes en leurs potentiels, ce qui les incite à  innover et investir. Outre la baisse de la taxation, les autorités doivent aussi organiser des évènements réunissant diverses entreprises afin qu’elles puissent échanger sur leurs expériences, y compris avec les entreprises étrangères. L’accent est souvent mis sur l’importance de la diffusion des innovations technologiques susceptibles de favoriser le développement des pays en voie de développement.

Pour résumer, la révolution technologique que nous vivons actuellement est une aubaine pour l’économie vietnamienne à condition que les entreprises réussissent à s’y adapter et à suivre le rythme de l’évolution mondiale. À terme, le secteur privé peut devenir une force motrice de l’économie nationale. – CVN/VNA

Voir plus

Le village de la soie de Van Phuc applique les technologies et la transformation numérique à sa production. Photo : Bnews/VNA

L’artisanat vietnamien à l’ère du numérique : un levier pour la montée en gamme

Face à la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et à l’essor des exigences en matière de durabilité, l’artisanat vietnamien engage sa mutation numérique. Entre préservation du savoir-faire traditionnel et adoption des technologies 3D, du commerce électronique et de la gestion fondée sur les données, le secteur ambitionne de renforcer sa compétitivité et de conquérir des segments à plus forte valeur ajoutée sur le marché international.

Résolution n° 79-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de l'économie d'État

Résolution n° 79-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de l'économie d'État

La Résolution n° 79-NQ/TW du Bureau politique relative au développement de l'économie d'État (promulguée le 6 janvier 2026 par le secrétaire général To Lam) définit pour objectif global de renforcer l'efficience et de valoriser le rôle moteur, pionnier et d'orientation stratégique de l'économie d'État dans les secteurs vitaux. Ce pilier doit entraîner et soutenir les autres composantes économiques vers une croissance durable, tout en garantissant la sécurité nationale et le progrès social. Cette dynamique vise à faire du Vietnam un pays en développement doté d'une industrie moderne et d'un revenu intermédiaire supérieur d'ici 2030, avant de concrétiser la vision 2045 d'un pays développé à revenu élevé. 

Des camions transportent des marchandises à l'exportation au port de Tan Vu, à Hai Phong. Photo : VNA

Un début d’année dynamique pour le commerce extérieur au port de Hai Phong

Du 14 au 20 février, le sous-département des douanes de la région III a reçu 734 déclarations douanières, pour un volume d’affaires global s'élevant à 5,45 milliards de dollars. Parmi celles-ci, 537 dossiers ont été dédouanés, générant plus de 22,6 milliards de dôngs (environ 870.000 dollars) de recettes pour le budget de l’État.

L’ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai (4e à partir de la gauche), et le vice-président de MEDEF International, Benoît Clocheret (3e) lors de la séance de travail, le 20 février. Photo: VNA

Le Vietnam vise un partenariat économique renforcé avec la France

L’ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai, le vice-président de MEDEF International, Benoît Clocheret, et des représentants de grandes entreprises françaises se sont penchés sur un large éventail de domaines de coopération potentiels, allant des infrastructures de transport (TGV, métros et aviation) aux énergies renouvelables et nucléaire, en passant par les industries de pointe, les semi-conducteurs, la santé, l’aérospatiale, la défense et l’économie maritime.

Objectif de croissance du PIB régional pour chaque ville et province en 2026

Objectif de croissance du PIB régional pour chaque ville et province en 2026

Le gouvernement a promulgué la Résolution n° 01/NQ-CP du 8 janvier 2026 relative aux principales missions et solutions visant à mettre en œuvre le Plan de développement socio-économique et le budget de l’État pour 2026. Il demande aux ministères, aux secteurs et aux autorités locales de concentrer leurs efforts sur la réalisation d’un objectif de croissance du PIB d’au moins 10 % en 2026. La Résolution fixe également des objectifs détaillés de croissance pour chaque province et ville, tout en garantissant la stabilité macroéconomique, la maîtrise de l’inflation et l’équilibre des grands indicateurs de l’économie.

Le ministre par intérim de l’Industrie et du Commerce, Le Manh Hung, et David Fogel, secrétaire adjoint au Commerce et directeur de l'Administration du commerce international des États-Unis. Photo: moit.gov.vn.jpg

Vietnam-États-Unis : renforcer le dialogue pour faciliter les activités des entreprises

En déplacement à Washington le 18 février, le secrétaire général du Parti, To Lam, a assisté à la signature d’accords de coopération dans des secteurs stratégiques, tandis que les responsables des deux pays ont réaffirmé leur volonté d’accélérer les négociations commerciales et de renforcer un partenariat économique équilibré et durable.

Le Secrétaire général Tô Lâm assiste à la cérémonie de remise du contrat d’acquisition du système de protonthérapie anticancéreuse Mevion S250-FIT entre l’Hôpital général Tâm Anh et la société Mevion Medical Systems.

Le SG du PCV assiste à la signature et à l'échange de contrats et d'accords de coopération Vietnam-États-Unis

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam Tô Lâm a assisté dans l’après-midi du 18 février (heure locale), à Washington D.C. (États-Unis), à la cérémonie de signature et d’échange de contrats et d’accords de coopération dans des secteurs clés tels que les sciences et technologies, la transformation numérique, l’aviation et la santé.

Malgré de nombreuses politiques publiques et des programmes de crédit, les PME rencontrent toujours de sérieuses difficultés d'accès au capital. Photo : chinhphu.vn

Les banques proposent diverses solutions pour soutenir les PME

De nombreuses banques ont adapté leur approche, passant de modèles d’évaluation principalement basés sur les garanties à des évaluations centrées sur les flux de trésorerie et la capacité opérationnelle. Elles ont également accru leurs investissements dans les plateformes numériques et les solutions financières spécialisées pour les PME.

Trân Ngoc Quân, conseiller commercial et chef de l’Office du commerce du Vietnam en Belgique et en UE. Photo: VNA

Le commerce du Vietnam avec la Belgique et l’UE évolue sur la transition verte

Au-delà du respect des normes actuelles, les entreprises vietnamiennes devraient adopter des modèles de production écologiques, propres et efficaces, en accordant une plus grande importance au recyclage et à la gestion du cycle de vie des produits. Le renforcement de la coopération scientifique et technologique avec l’UE, leader mondial dans ces domaines, contribuerait également à améliorer la qualité des produits et à accroître leur valeur ajoutée.

Transformation des produits aquatiques destinés à l'exportation chez la société par actions des produits aquatiques Cafatex Hau Giang. Photo : NDEL

Le bussiness du halal ouvre de vastes perspectives pour les entreprises

L’économie halal mondiale enregistre une croissance annuelle d’environ 5 % et devrait atteindre un volume de 10 000 milliards de dollars d’ici 2028. D’une position de « marché de niche » à caractère expérimental, le halal s’impose désormais comme un levier stratégique contribuant à la diversification des débouchés extérieurs.