L’éolien offshore vietnamien cherche des vents porteurs

L’énergie renouvelable va de pair avec une sécurité énergétique à long terme. Grâce à sa longue façade maritime, le Vietnam dispose d’un fort potentiel de développement en matière d’éolien offshore.

Hanoi (VNA) – L’énergie renouvelable va de pair avec une sécurité énergétique à long terme. Grâce à sa longue façade maritime, le Vietnam dispose d’un fort potentiel de développement en matière d’éolien offshore. Avis d’experts.

L’éolien offshore vietnamien cherche des vents porteurs ảnh 1L’exploitation de l’éolien offshore contribue à la protection de l’environnement. Photo : VNA

Mark Hutchinson, président du groupe de travail sur l’Asie du Sud-Est du Conseil mondial de l’énergie éolienne (GWEC), a déclaré aux médias locaux que les centrales électriques au charbon du monde entier étaient en train d’être réévaluées en termes d’efficacité et de coût, ajoutant que la plupart des pays du monde et des institutions ont annoncé l’arrêt des investissements dans l’électricité au charbon.

"Dix-neuf GW de projets d’énergie au charbon n’ont pas réussi à lever des fonds, dont 8,6 GW prévus d’être déployés au cours de la période 2021-2030", a-t-il souligné.

Il a estimé que l’ère de la construction de centrales au charbon basée sur des capitaux étrangers était terminée dans de nombreux endroits du monde. Aussi faudra-t-il compter désormais sur les banques nationales ou le gouvernement pour mettre en œuvre de tels projets.

Diversification des sources d’énergie

Selon Mark Hutchinson, de 2015 à 2021, le Japon, la Corée du Sud et la Chine étaient les plus grands "créanciers" de projets d’électricité au charbon au Vietnam. Mais ces trois pays se sont engagés à cesser d’y investir, tandis que les institutions nationales de crédit ont également émis certaines conditions qui ont eu un impact sur ces prêts. Si le Vietnam continue de dépendre de l’électricité au charbon, il sera probablement confronté à de nombreux risques en termes de sécurité énergétique.

Mark Hutchinson a déclaré que les investisseurs devaient accepter cette nouvelle réalité, à savoir la fin des nouvelles centrales électriques au charbon, à l’exception des projets déjà financés.

Dans le même temps, la pénurie actuelle d’électricité en Chine a montré la nécessité de diversifier les sources d’énergie, pour éviter qu’une source ne représente une proportion trop importante, ce qui affecte grandement la sécurité énergétique. En conséquence, il est nécessaire de diversifier les sources d’énergie telles que l’éolien en mer, l’éolien terrestre, le solaire et l’hydroélectricité ainsi que de renforcer le système de stockage d’énergie.

"Pour le moment, la technologie de stockage d’énergie est principalement basée sur des batteries au lithium, mais à l’avenir, il sera possible d’utiliser des batteries à hydrogène avec une meilleure technologie", a déclaré Mark Hutchinson.

Concernant le point de vue d’un établissement de crédit, Patrick R. Jakobsen, souscripteur en chef de l’Agence danoise de crédit à l’exportation, EKF, a déclaré que les arrangements financiers pour l’énergie au charbon devenaient tabous pour les institutions financières, donc "il sera difficile pour toute institution financière de soutenir de nouveaux projets d’énergie au charbon".

Il a pris comme exemple les réglementations anti-financement du charbon en Chine et en Grande-Bretagne, ajoutant que 34 pays et territoires ont rejoint la coalition pour fournir de l’électricité décarbonée. Ce sont 1.600 GW de capacité de charbon planifiée qui ont été annulés ou suspendus au fil des ans. La Chine et l’Inde sont les deux pays en tête de liste des pays suspendant l’électricité au charbon.

"Le Vietnam est à une étape charnière, il doit faire un choix. S’il continue avec le charbon, il sera difficile d’organiser le financement des projets. Mais s’il continue à promouvoir les énergies renouvelables telles que l’éolien en mer, il aura la possibilité d’accéder à de nombreuses ressources financières dans le monde", a expliqué Patrick R. Jakobsen.

Selon GWEC, l’éolien offshore a des avantages économiques à long terme et contribue à équilibrer les échanges en réduisant les importations de charbon et de gaz. Il a même le facteur de puissance le plus élevé parmi les énergies renouvelables, à égalité avec les meilleures centrales à gaz. La capacité éolienne offshore en Grande-Bretagne, par exemple, est d’environ 55%, ce qui est un coefficient attrayant lorsque des unités financières décident d’investir dans un projet.

Perspective du Vietnam

Selon les données, l’énergie éolienne offshore au Vietnam devrait atteindre 10 GW d’ici 2030. Les coûts d’investissement ont diminué de 67% dans le monde entre 2013 et 2020. On s’attend ces cinq prochaines années à ce qu’ils diminuent encore de 30%.

Le GWEC a calculé que les quatre à cinq premiers GW d’énergie éolienne offshore au Vietnam nécessiteront un investissement compris entre 10 et 12 milliards d’USD. Il s’agit d’une ressource inépuisable qui n’a pas besoin d’investissements pour importer des combustibles à la différence des centrales au charbon, au gaz… Cela pourrait aider à réduire le coût du carburant de 650 à 800 millions d’USD.

Mark Hutchinson a estimé qu’un soutien initial est essentiel pour attirer des investisseurs.

Le GWEC a déclaré qu’en raison d’obstacles et de retards liés à la pandémie, la plupart des projets éoliens terrestres actuellement en préparation n’achèveront pas leur construction à temps pour respecter la date limite d’accès tarifaire.

En août 2021, une enquête de l’industrie menée par GWEC a estimé que 4.000 MW de projets éoliens principalement terrestres au Vietnam ont été sévèrement mis à mal par la crise sanitaire.

Patrick R. Jakobsen a déclaré que si le Vietnam est considéré comme disposant d’importantes ressources éoliennes, le manque de mécanismes appropriés entraînera une limitation des ressources financières. "S’il existe des politiques de soutien de la part du gouvernement, les ressources financières pour les énergies renouvelables deviendront abondantes. C’est un moment important pour le Vietnam de choisir l’énergie verte, la transition vers une énergie propre ou de continuer avec l’énergie carbonée", a-t-il conclu. – CVN/VNA

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