L’enjeu de l’Accord de libre-échange Vietnam-UEEA

L’ALE entre le Vietnam et l’UEEA entre en vigueur début octobre. Dang Hoàng Hai, responsable du MIC, a précisé les opportunités et les défis pour les exportations sur ce marché.

Hanoi (VNA) - L’Accord de libre-échange entre le Vietnam et l’Union économique eurasiatique entre en vigueur début octobre. Dang Hoàng Hai, responsable du marché européen du ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC), a précisé les opportunités et les défis pour les exportations sur ce marché.

L’enjeu de l’Accord de libre-échange Vietnam-UEEA ảnh 1Dang Hoàng Hai, responsable du marché européen du ministère de l’Industrie et du Commerce


Les produits aquatiques surgelés et transformés vietnamiens sont considérés comme ceux qui profiteront le plus de cet accord. Qu’en pensez-vous ?

Concernant les produits aquatiques, l’Accord de libre-échange (ALE) entre le Vietnam et Union économique eurasiatique (UEEA) supprimera 95% des lignes tarifaires d’ici 10 ans. Concrètement, 71% ont été supprimées dès l’entrée en vigueur de l’accord ; par ailleurs, 5% d’autres lignes tarifaires supprimées concernent des produits qui ne sont pas des points forts du Vietnam. L’UEEA est un débouché important pour nos produits aquatiques. Avant la signature de cet accord, les produits vietnamiens étaient taxés à 35%. Bientôt, ces taxes seront supprimées pour bon nombre de produits d’export majeurs pour le Vietnam. C’est une opportunité en or pour les exportateurs vietnamiens en termes de conquête du marché de l’UEEA.

Pourtant, le riz vietnamien exporté sur ce marché fait l’objet de quota. Est-ce que c’est un problème ?

L’export de riz vietnamien sur ce marché fait effectivement l’objet d’un quota annuel de 10.000 tonnes, mais ce n’est qu’une première étape. Le Vietnam et l’UEEA se sont engagés à revoir cette question trois années après. En réalité, le riz vietnamien ne convient pas aux Russes qui préfèrent le riz thaïlandais et indien. Pour beaucoup d’autres produits agricoles, l’UEEA a de gros besoins.

L’Association du textile-habillement du Vietnam prévoit que, dès l’entrée en vigueur de cet accord, le Vietnam deviendra d’ici cinq ans maximum le 4e fournisseur de textile de ce marché, alors qu’il est le 8e actuellement. N’est-ce pas trop optimiste ?

Les produits du textile ont de grandes opportunités sur ce marché qui a de forts besoins tout en étant pas trop exigeant. Néanmoins, à mon avis, il est impossible que nos échanges dans ce segment atteindra une croissance de 50% dès la première année comme l’estime l’Association du textile-habillement du Vietnam. Nous devons étudier minutieusement ce marché avant de confirmer une telle estimation et objectif. Bien que nous ayons des avantages, les ventes de ce genre d’articles dépendent principalement des goûts et des habitudes du consommateur. Un prix raisonnable n’est pas le seul facteur de choix, et donc de succès.

L’enjeu de l’Accord de libre-échange Vietnam-UEEA ảnh 2L’exportation des produits aquatiques dans les pays membres de l’Union économique eurasiatique sera très favorable. Photo: Thê Anh/VNA/CVN


Concernant les importations de l’UEEA, l’acier russe est réputé pour son prix, le plus bas du monde. Les entreprises vietnamiennes pourront-elles faire face à cette concurrence ?

En Russie, la production d’acier est concentrée dans le Centre du pays, ce qui implique des coûts de transport très élevés pour les exportations au Vietnam. Je pense donc qu’il n’y aura pas de concurrence particulière, les entreprises vietnamiennes étant même, de fait, dans une position avantageuse. -CVN/VNA

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