Les États-Unis se classent 10e parmi les 128 pays et territoires investissant au Vietnam.  Photo: CVN/VNA

Hanoi (VNA) - Vingt-cinq ans après la normalisation des relations entre Hanoï et Washington (3 février 1994), l’économie reste toujours le véhicule diplomatique privilégié entre les deux partenaires.

Le président Bill Clinton annonça le 3 février 1994 la levée de l’embargo américain contre le Vietnam, qui avait été décrété en 1975. Ce réchauffement des relations fut suivi par l’essor du volume des échanges entre les deux pays au cours des années suivantes.

“Le processus de normalisation et de développement des relations entre le Vietnam et les États-Unis a profité aux deux peuples, contribuant ainsi à la paix, à la stabilité, à la coopération et au développement”. C’est ce qu’a affirmé le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê, lors d’une récente réunion organisée à Hanoï par la Chambre de commerce américaine (AmCham), afin de célébrer le 25e anniversaire de la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays, marquant aussi les 25 ans de la présence de l’AmCham au Vietnam.

S’exprimant lors de cette réunion, la présidente de l’AmCham à Hanoï, Natasha Ansell, a estimé que la normalisation diplomatique était la source de l’actuel bon climat des affaires. Elle a annoncé la création d’un nouveau programme de formation pour dirigeants d’entreprises de l’AmCham, sous forme d’un Institut de leadership en gestion.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les relations entre Hanoï et Washington, ennemis d’hier, connaissent un essor considérable. Ainsi, la valeur des échanges commerciaux bilatéraux a été multipliée par 120 en 25 ans, passant de 450 millions de dollars en 1994 à plus de 60 milliards en 2018. Fin juin 2018, les États-Unis comptaient 877 projets en activité au Vietnam, totalisant 9,37 milliards de dollars, se classant 10e parmi les 128 pays et territoires investissant au Vietnam. Et ce dernier est le 16e partenaire commercial des États-Unis, eux-mêmes étant le premier marché à l’export du Vietnam.

Profiter des avantages et monter en gamme

Afin de profiter de cette dynamique et de permettre un développement optimal, le gouvernement vietnamien encourage les entreprises américaines à investir dans les secteurs des énergies renouvelables, du pétrole, des infrastructures, de l’éducation et de la formation, du tourisme, de l’agriculture, des technologies avancées, de la finance et de la banque.

Les activités des multinationales américaines (notamment General Electric, Coca-Cola, Microsoft, IBM, Nike, ExxonMobil) jouent un rôle capital dans le développement du Vietnam, en l’ancrant solidement dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. “Les entreprises vietnamiennes sont pour le moment nos fournisseurs d’articles de base comme produits agricoles et textiles”, a indiqué Adam Sitkoff, directeur exécutif de l’AmCham. Et d’ajouter: “J’espère que dans les années à venir, le commerce bilatéral connaîtra un développement plus fort, pour le bénéfice mutuel”.

Rappelons tout de même que bien qu’étant un pays encore fortement agricole et au sein duquel l’industrie se cantonne à des produits à valeur ajoutée modeste ou moyenne, le Vietnam occupe une place avantageuse dans le commerce mondial en exportant sur les marchés développés, en particulier les États-Unis, des produits agricoles relativement rares et chers tels que la noix de cajou, le caoutchouc et le café notamment, ainsi que des biens de consommation courante à bas prix, donc faciles à écouler, comme les chaussures, les produits textiles et électroniques. En retour, les bénéfices nets engendrés permettent d’investir rapidement dans des secteurs-clés de l’économie vietnamienne tels que les technologies de pointe ou l’aviation civile. Des entreprises vietnamiennes ont ainsi signé des contrats de plusieurs milliards de dollars avec la firme Boeing.

Évidemment, cet essor économique bilatéral a connu, connaît et connaîtra des tribulations dont il faut tenter de tirer profit. À l’heure actuelle, tous les acteurs économiques opérant en Asie ont les yeux rivés sur l’évolution des tensions commerciales entre les deux géants économiques que sont les États-Unis et la Chine. Disposant d’avantages comparatifs similaires à son voisin du Nord (stabilité politique, main-d’œuvre nombreuse et à bas coût, essor de la consommation et de la classe moyenne), le Vietnam compte bien attirer les investisseurs ne pouvant maintenir leurs activités en Chine du fait des mesures protectionnistes américaines, notamment la hausse des tarifs douaniers. Cependant, d’après des économistes, la délocalisation des activités de production vers le marché vietnamien ne pourra être optimale que dans la mesure où le nécessaire sera fait quant à la transparence et à la garantie de l’égalité de traitement entre entreprises vietnamiennes et étrangères de la part des organes administratifs. -CVN/VNA