Le voyage au long court de l’harmoniciste Tong Son

À plus de 80 ans, Tong Son a gardé sa fougue de jeune homme. Cet «harmoniciste au style le plus original du Vietnam» - titre attribué en 2005 par le Livre national des records - continue de se produire sur scène.
À plus de 80 ans, Tong Son agardé sa fougue de jeune homme. Cet «harmoniciste au style le plusoriginal du Vietnam» - titre attribué en 2005 par le Livre national desrecords - continue de se produire sur scène.

Avec ses 63 ans de métier, Tong Son figure parmi les plus grandsmusiciens du pays. Malgré sa renommée nationale, il continue de vivremodestement dans une petite maison près du marché de Trân Huu Trang, àHô Chi Minh-Ville, et de se déplacer à moto. Visage rigolard, yeuxpétillants, l’artiste fait beaucoup plus jeune que son âge. Apparemment,la musique ça conserve.

Accueillant lesvisiteurs avec un doux sourire, Tong Son parle de lui avec la modestiede ceux qui n’ont plus rien à prouver. Posant son vieil harmonica surses lèvres, il exécute l’air révolutionnaire «Lên dàng», littéralement«En route», très connu durant la guerre. «C’est la première chanson quej’ai jouée sur mon harmonica, j’avais alors 15 ans. Ces airsrévolutionnaires, je les ai interprétés durant toute ma jeunesse»,révèle l’artiste. Et de se remémorer le jour de sa première rencontreavec cet instrument, du temps de la colonisation française. «Après uneopération de ratissage de l’ennemi dans mon village natal, raconte-t-ilavec émotion, je suis tombé sur un harmonica de marque française. Jel’ai gardé jalousement et, avec l’aide de mon oncle, j’ai commencé àapprendre à en jouer».

En 1950, le jeunecampagnard débarque à Saigon avec son harmonica en poche et est embauchédans une imprimerie. «Il semblait que seul mon harmonica pouvait mesoulager de ma nostalgie de mon village natal», avoue-t-il. Seulement unan après sa découverte fortuite de l’instrument dans des décombresencore fumants, Tong Son est capable de jouer avec virtuosité denombreux airs. Encouragé par des amis, il participe à un radio-crochetsur la Radio France-Asie, et gagne ! Commence alors une vie d’artiste, àtravers le pays puis à l’étranger.

Le vieilharmoniciste feuillette avec soin un épais album de photos, et pointe dudoigt des clichés défraîchis : «ça, c’est une tournée à Dà Lat, et ça àHanoi... Mais, la plus impressionnante de toute a été celle-là, auxÉtats-Unis, en 2000». Et d’aller chercher sur une étagère un DVD d’un deses concerts aux États-Unis. S’élève alors l’air «Les papillonsvoltigent dans le jardin printanier». Sur le petit écran, le premierharmoniciste du Vietnam semble ne faire plus qu’un avec son instrument.

Questionné sur son surnom d’«harmoniciste troisen un», Tong Son explique avec humour : «Un jour, il y a presque 60 ans,j’ai assisté au spectacle d’un harmoniciste américain à Saigon. Un vraivirtuose. Un ami m’a alors chuchoté à l’oreille : +Tong Son, tu dois tecourber très bas devant lui+. Une plaisanterie certes, mais qui m’aquand même piqué au vif. Le soir même, j’ai décidé de faire le maximumpour montrer de quoi est capable un Vietnamien ! Dès le lendemain, j’aicommencé à m’entraîner à jouer de l’harmonica en mangeant une banane !».Ce numéro, il l’a interprété pour la première fois en public à Cân Tho,delta du Mékong. Un grand succès. En 1957, il a ajouté un verre debière. «Mon spectacle de +l’harmoniciste trois en un+, c’est-à-direcapable de jouer tout en buvant de la bière et mâchant une banane, a étéclassé parmi les plus extraordinaires du pays», s’enorgueillit le vieilartiste.

Aujourd’hui encore, l’harmonicisteoctogénaire a de nombreux fans. Tous les lundis, mercredis et vendredissoirs, il enfourche sa moto et va se produire ici et là dans la ville.Outre sa passion pour la musique, il est animé par une autre mission :récolter des fonds pour soutenir les activités philanthropiques de laville. Le fougueux octogénaire ne cache pas sa fierté : «J’ai dixenfants donc autant de +bâtons de vieillesse+. Mais ça, c’est pour plustard ! Car tant que je peux vivre de mon métier...». – AVI

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