Le village de la laque de Ha Thai s'inquiète du manque de ressources humaines

Développer des villages d'artisans et attirer des travailleurs sont extrêmement difficiles car de nombreuses personnes changent d'emploi.
Le village de la laque de Ha Thai s'inquiète du manque de ressources humaines ảnh 1Un produit du village de la laque de Ha Thai. Photo: Vietnam+

Développer des villages d'artisans et attirer des travailleurs sont extrêmement difficiles car de nombreuses personnes changent d'emploi face à la situation où les entreprises ne peuvent garantir des revenus, notamment dans le contexte de l'épidémie de COVID-19.

L'artisanat de la laque dans le village de Ha Thai, commune de Duyen Thai, district de Thuong Tin, en banlieue de Hanoi a une histoire de plus de 200 ans, transmis de génération en génération. Cependant, ce métier traditionnel est confronté à de nombreux défis et risque de se perdre avec le temps.

Selon la légende, l’artisanat de laqueur existe au village de Ha Thai depuis le XVIIe siècle. Bien que cet endroit ne soit pas le berceau des laqueurs, ses artisans sont reconnus pour leur talent, leur habileté et leur créativité.

Au début des années 1930, les premiers Vietnamiens, étudiants de l’École des beaux-arts d’Indochine, découvrent et expérimentent avec de nouveaux matériaux colorés comme notamment la coquille d’œuf, l’escargot, le coquillage et le bambou... mais surtout, ils appliquent la technique de polissage, permettant de créer de vraies peintures laquées. Les termes “laque poncée” et “peinture sur laque” ont ainsi émergé. Traditionnellement, les artisans créent la peinture sur laque avec des matériaux de couleurs classiques tels que le brun “aile de cancrelat” (cánh gián) ou le noir (son then). Des matières adhésives telles que les feuilles d’argent sont également appliquées sur le fond fait d’un papier spécial plus résistant que le tissu.

Pour fabriquer une œuvre laquée traditionnelle, l’artisan doit consacrer plusieurs mois de travail, de minutie et d’habileté. Les artisans du village de Ha Thai confectionnent leurs produits laqués en plusieurs étapes techniques afin de garantir au mieux leur qualité. Traditionnellement, le processus comprend 12 étapes, étroitement liées les unes aux autres. S’il n’en manque ne serait-ce qu’une, le produit n’est pas garanti tant sur sa durabilité que son esthétisme.

L’une des étapes les plus importantes est la préparation avec soin de la surface de l’objet à laquer. Il faut en effet combler avec du mastic toutes les fissures, puis poncer le support afin d’obtenir une surface parfaitement lisse.

Le choix du matériau de base du produit à laquer est primordial. Si dans le passé, les artisans n’utilisaient que des bases en bambou et en bois, de nos jours, les choix sont plus variés avec la poterie et la porcelaine. Tout en conservant la quintessence et l’originalité de l’artisanat traditionnel, les étapes de fabrication et les types de matières premières ont également subi de nombreux changements, avec l’accès notamment aux matériaux et techniques modernes. Chaque étape demande à l’artisan d’être patient et méticuleux. Une précision presque absolue est nécessaire pour chaque opération.

Héritant de la tradition des ancêtres, les artisans de Ha Thai pratiquent leur métier avec une créativité renouvelée. Leurs produits sont variés : des articles de décoration tels que vases, bols, plateaux aux objets de culte comme les statues de Bouddha, en passant par les meubles de décoration intérieure et autres panneaux latéraux et verticaux... 

Bien que les produits soient variés et esthétiques, la plus grande préoccupation actuelle des artisans est que de moins en moins de jeunes désirent apprendre le métier de leur père. À l’heure actuelle, seule la moitié des villageois restent encore attachées au métier ancestral. Cela tient probablement au fait que le métier nécessite l’apprentissage de techniques méticuleuses ainsi qu’une grande patience.

Mme Nguyen Thi Hoi, présidente de l'Association des laqueurs du village de Ha Thai, a déclaré que les produits de laque Ha Thai sont principalement vendus dans le pays, représentant 80% du revenu total du village.

Pendant l'épidémie de COVID-19, l'artisanat à Ha Thai a été fortement touché, il n'y avait pas assez d'emplois pour les travailleurs, même certaines entreprises ont dû fermer.

Face aux mutations du village en période d'industrialisation et de modernisation avec une urbanisation rapide, le village de laque de Ha Thai a ses propres soucis.

Auparavant, le village de Ha Thai comptait environ 80% des ménages fabriquant de la laque. L'artisanat de la laque est considéré comme le métier principal et apporte la principale source de revenus pour les ménages ici. À l'heure actuelle, en raison du fait que certains ménages développent de nouvelles professions, le nombre de laqueurs a fortement diminué.

Actuellement, les jeunes travailleurs se détachent progressivement des métiers traditionnels. Il est extrêmement difficile de développer des carrières et d'attirer des travailleurs car de nombreuses personnes changent d'emploi au moment où les entreprises ne puissent garantir des revenus, notamment dans le contexte de l'épidémie de COVID-19, a ajouté Mme Hoi.  

Actuellement, afin d'attirer les jeunes à rester avec le village et de continuer à développer la profession, le village de laque de Ha Thai prévoit d'organiser des cours pour favoriser les connaissances, améliorer les compétences et cultiver l'amour pour la profession traditionnelle. -VietnamPlus

Voir plus

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.