Le Vietnam se trouve devant des opportunités exceptionnelles de financement vert

Le financement est essentiel pour répondre aux exigences strictes en matière d’ESG des marchés d’exportation exigeants comme l’Union européenne (UE), les États-Unis et le Japon. Il couvre notamment les coûts des certifications telles que GlobalGAP et l’agriculture biologique, ainsi que la mise en place de systèmes de traçabilité.

Un parc éolien dans la province de Khanh Hoa. Photo : tapchicongthuong.vn
Un parc éolien dans la province de Khanh Hoa. Photo : tapchicongthuong.vn

Hanoi (VNA) – Face aux graves conséquences du changement climatique, la transition vers une économie verte n’est plus une option, mais une nécessité impérieuse pour le développement durable. Dans ce contexte, le besoin de capitaux pour soutenir les initiatives de développement durable est plus pressant que jamais.

Lors d’un récent atelier, Vuong Van Quy, directeur adjoint de la politique de crédit chez Agribank, a souligné les importants besoins financiers auxquels le Vietnam est confronté.

Selon la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique des Nations Unies (CESAP), le pays a besoin d’environ 45 à 55 milliards de dollars américains par an pour atteindre ses objectifs de développement durable d’ici à 2030. Ce chiffre colossal dépasse largement les capacités du budget de l’État et requiert la mobilisation de l’ensemble du système financier.

Le secteur agricole, dans lequel Agribank joue un rôle central, présente notamment d’importants besoins de financement vert dans trois domaines principaux.

Premièrement, il existe une demande de capitaux pour passer de modèles de production fragmentés à des opérations à grande échelle tirant parti des technologies de pointe, des machines intelligentes et des systèmes d’irrigation efficaces dans des régions critiques comme le delta du Mékong.

Le financement est également essentiel pour satisfaire aux normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) strictes des marchés d’exportation exigeants tels que l’Union européenne (UE), les États-Unis et le Japon. Cela inclut les coûts des certifications comme GlobalGAP et l’agriculture biologique, ainsi que la mise en place de systèmes de traçabilité.

Parallèlement, des investissements initiaux importants sont nécessaires pour les modèles d’économie circulaire, qui englobent le recyclage des sous-produits agricoles, la production d’énergie à partir de biomasse et les installations solaires photovoltaïques en toiture. Ces domaines nécessitent des capitaux initiaux substantiels, mais sont essentiels à la réduction des émissions et à la protection de l’environnement.

Consciente de ses responsabilités en tant que banque commerciale publique de premier plan dans le développement agricole, Agribank s’est engagée à faire de la croissance verte un élément central de sa stratégie commerciale. La banque vise non seulement à fournir des financements, mais aussi à soutenir le gouvernement et la Banque d’État du Vietnam (BEV) dans la réalisation de la Stratégie nationale pour la croissance verte pour la période 2021-2030, avec une vision à l’horizon 2050.

Jusqu’au troisième trimestre 2025, Agribank a déclaré un encours total de crédits verts de près de 28,4 billions de dôngs (1,1 milliard de dollars), au service de près de 40.000 clients. La structure du portefeuille révèle une nette orientation vers trois domaines clés : les énergies renouvelables et propres, qui représentent près de 15,3 billions de dôngs (53%), la sylviculture durable à plus de 6,9 billions de dôngs (24%) et l’agriculture verte à près de 6 billions de dôngs (21%).

L’année 2025 marque un tournant majeur, avec deux textes législatifs novateurs. Le décret n°156/2025/ND-CP, entré en vigueur le 1er juillet, est le premier à autoriser les établissements de crédit à financer jusqu’à 70% de la valeur des projets d’agriculture biologique ou d’économie circulaire sans exiger de garantie.

Cette évolution est considérée comme une avancée historique, libérant les coopératives et les entreprises agricoles qui, auparavant, étaient confrontées à des difficultés de constitution de garanties.

Par ailleurs, la décision n°21/2025/QD-TTg, publiée le 4 juillet, a établi des critères environnementaux clairs et une liste de classification verte, permettant aux banques d’identifier et d’évaluer précisément les projets verts tout en évitant les risques d’écoblanchiment.

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Un parc éolien dans la province de Cà Mau. Photo : tapchicongthuong.vn

La coopération internationale offre également d’importantes opportunités, Agribank collaborant activement avec la Banque mondiale (BM), la Banque asiatique de développement (BAD) et l’Agence française de développement (AFD) pour attirer des capitaux à faible coût et un soutien technique.

Forte de sa crédibilité et d’un cadre financier vert en constante évolution, conforme aux normes internationales, Agribank ambitionne d’attirer davantage de financements en devises étrangères à long terme et à taux d’intérêt bas pour soutenir les entreprises vietnamiennes.

Malgré ces évolutions positives, plusieurs défis persistent pour développer le financement vert. Il s’agit notamment du manque de données standardisées sur les projets verts, de l’insuffisance d’incitations attractives lorsque les taux d’intérêt des prêts ne présentent pas de différences significatives et des capacités limitées des PME en matière d’ESG.

Par ailleurs, le marché des obligations vertes au Vietnam est encore naissant, avec des coûts de conformité et d’émission élevés.

L’exigence de rapports rigoureux et le respect des normes ESG internationales pour les levées de fonds auprès d’organisations internationales creusent également un fossé entre la réglementation nationale et les normes mondiales.

Afin de stimuler la finance verte, Agribank a proposé cinq solutions au gouvernement et à la Banque d’État du Vietnam (BEV), notamment la création d’une base de données nationale sur les émissions et l’énergie, la mise en œuvre de mesures incitatives spécifiques telles que des réductions d’impôts et des subventions de taux d’intérêt, et l’offre de formations en ESG gratuites aux entreprises. – VNA

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