Buenos Aires (VNA) – Près de quarante ans après le lancement de son processus du renouveau (Dôi moi), le Vietnam a accompli des progrès remarquables en matière de protection sociale, de droits humains et d’intégration internationale, selon le professeur Ezequiel Ramoneda, coordinateur du Centre d’études sur l’Asie du Sud-Est (CESEA) à l’Institut des relations internationales de l’Université nationale de La Plata, en Argentine.
Dans un entretien accordé à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à l’occasion du 80e anniversaire de la Révolution d’Août (19 août 1945 – 2025) et de la Fête nationale (2 septembre), le chercheur argentin a souligné les réussites globales du pays, malgré le lourd héritage de la guerre.
Il a noté que le Vietnam a connu une profonde transformation politique, économique et sociale, tout en renforçant son rôle au sein du système international. L’objectif principal de ce processus a été d’améliorer les conditions de vie de la population, de renforcer la protection sociale et de garantir les droits fondamentaux, tout en reconstruisant le pays après des années de dévastation.
L’un des résultats les plus remarquables est la multiplication par dix du revenu par habitant au cours des quarante dernières années, avec une répartition plus équitable des richesses. Le système de santé a été modernisé, le taux de mortalité a baissé, le taux de natalité est resté stable et les services sociaux se sont développés. L’indice de développement humain du Vietnam a continué de progresser, offrant à la population un meilleur accès à l’éducation et à des ressources de meilleure qualité.
Le professeur Ezequiel Ramoneda a qualifié ces réalisations, accomplies en moins de quarante ans, de remarquables, les attribuant aux réformes audacieuses du Parti et au soutien indéfectible de la population. Selon lui, cela témoigne de la capacité du Vietnam à transformer les défis en opportunités et de la pertinence de ses politiques de développement.
Il a souligné que le Vietnam est devenu l’un des premiers pays à atteindre cinq des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies, notamment la réduction de la pauvreté, l’amélioration des soins de santé et de l’éducation, la protection de l’environnement, l’égalité des sexes et les droits des femmes.
Il a estimé que la réalisation rapide de ces objectifs reflète l’engagement du pays non seulement en faveur du développement national, mais aussi envers ses responsabilités internationales. Cela souligne la politique étrangère ouverte du Vietnam, son esprit de coopération multilatérale et sa détermination à collaborer avec d’autres nations pour relever les défis mondiaux, du changement climatique aux enjeux transfrontaliers. Cette politique a consolidé sa réputation de partenaire fiable, prêt à négocier, à coopérer et à harmoniser ses intérêts nationaux avec ceux de la communauté internationale.
Toutefois, le chercheur argentin a également souligné que le Vietnam est toujours confronté à des défis majeurs. Des problèmes tels que la pauvreté, le changement climatique et les inégalités entre les sexes demeurent urgents, tandis que l’amélioration du niveau de vie et la hausse des coûts risquent d’accroître les inégalités de richesse si elles ne s’accompagnent pas de politiques de redistribution justes et efficaces.
En tant que vice-président de l’Institut culturel Argentine-Vietnam (ICAV), il a insisté sur le fait que le Vietnam a démontré sa capacité d’adaptation et sa créativité en matière de développement, ainsi que son attachement aux valeurs humanitaires et progressistes. S’il maintient son esprit de réforme, tire pleinement parti des opportunités de coopération et encourage l’innovation, le pays est bien placé pour atteindre des objectifs de développement plus ambitieux et plus durables dans les décennies à venir. – VNA