Hanoi (VNA) - Suite à sa séance de travail avec Karmenu Vella, commissaire européen chargé de l’environnement, des affaires maritimes et de la pêche, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Nguyên Xuân Cuong, a accordé une interview à l’Agence vietnamienne d’information (VNA).

 

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Nguyên Xuân Cuong. Photo : MADR
 

- L’objectif de votre séance de travail avec Karmenu Vella, après que l’Union européenne (UE) ait imposé au Vietnam un "carton jaune" sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ?

Le 23 octobre 2017, le Vietnam avait été averti par un "carton jaune" de la Commission européenne (CE) parce qu’il ne respectait pas les règles de l’UE contre la pêche INN. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a lancé un plan d’action pour mettre en œuvre des mesures urgentes afin de résoudre ce problème de pratiques abusives.

Primo, les contenus majeurs recommandés par la CE ont été écrits dans la Loi amendée sur la pêche. Cette dernière a été approuvée fin 2017 par l’Assemblée nationale.

Après cette approbation, nous avons élaboré des circulaires ainsi que des arrêtés. Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a demandé la mise en application immédiate de cette loi.

Secundo, le Vietnam a appuyé les mesures de communication et de propagande en la matière.

Tertio, le chef du gouvernement a décidé de fonder un groupe de travail présidé par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Ce groupe doit collaborer avec les services concernés dans le déploiement des recommandations de la CE.

Après cinq mois d’application de ce plan d’action, le Vietnam a obtenu des résultats encourageants reconnus par la partie européenne, surtout dans la gestion des bateaux de pêche en haute mer. À l’avenir, d’autres questions continueront à être soulevées pour un développement durable du secteur de la pêche.

Dans le cadre de cette séance de travail, j’ai également proposé au Haut-Commissariat européen chargé de l’environnement, des affaires maritimes et de la pêche de coopérer davantage avec le Vietnam dans le développement des techniques et la formation de la main-d’œuvre, afin de nous orienter vers une pêche responsable et respectueuse de l’écosystème marin.
 
Le Vietnam a proposé un plan d’action pour lutter contre la pêche illicite. Photo: VNA

- Quelles sont les difficultés que rencontre le secteur de la pêche vietnamien lors de la résolution des problèmes dénoncés par le "carton jaune" de l’UE ?

La première difficulté est la vétusté de la flottille de pêche. Nous devrons moderniser davantage les équipements au service de la pêche, surtout en haute mer. Les ports de pêche devraient aussi être rénovés. La qualification des ressources humaines de ce secteur constitue actuellement une autre question épineuse.

Nous savons que les ressources marines ne sont pas illimitées. Leur protection devrait être davantage promue. Le développement aquacole pourra être une solution adaptée à cette problématique. La pêche respectueuse va contribuer efficacement à la protection de l’environnement maritime.

- Votre visite a-t-elle pour but de lever les barrières à l’exportation de produits de la pêche du Vietnam ?

Normalement, six mois après l’avertissement par le "carton jaune", l’UE va contrôler et réexaminer les mesures prises par le pays en question.

À l’heure actuelle, le Vietnam a été averti il y a cinq mois. Cette visite permet à l’UE de mieux comprendre ses progrès en la matière.

Les deux parties sont tombées d’accord sur certaines solutions et méthodes communes, pour qu’elles puissent piloter le changement ensemble et éviter les malentendus.

La CE est disposée à coopérer et assister les autorités vietnamiennes dans le processus de réforme dans le but de prévenir la pêche INN. Six mois après le "carton jaune", le Vietnam devrait fournir un rapport sur les progrès de son plan d’action.

La partie européenne a informé, à cette occasion, de l’aide financière et technique qu’elle allouerait au Vietnam. Concrètement, la formation de la main-d’œuvre vietnamienne à long terme est prévue avec le soutien de l’UE. En outre, cette dernière est prête à aider le Vietnam à éditer des arrêtés et des circulaires, visant à assurer la faisabilité et le respect des lois internationales concernées. 

- Selon les prévisions, la délégation de la CE devrait effectuer, fin avril, ses investigations avant la décision de retrait du "carton jaune". À l’avenir, qu’est-ce que le secteur de la pêche doit faire pour se développer durablement et répondre aux normes de l’UE ?

Pour un développement durable du secteur de la pêche, nous avons beaucoup de choses à faire.

D’abord, nous devons nous orienter vers une exploitation responsable et une exportation durable, non seulement en UE, mais aussi vers d’autres marchés.

Afin d’atteindre ces objectifs, le Vietnam doit continuer à perfectionner et à synchroniser ses textes juridiques. Aussi, la mobilisation d’investissements du secteur privé comme public doit contribuer à moderniser les infrastructures en la matière.

La formation des ressources humaines joue également un rôle important dans le développement durable en général, et dans le secteur de la pêche en particulier. Par ailleurs, le durcissement des programmes de communication des politiques de l’État ainsi que des lois internationales est indispensable.

Enfin, la coopération internationale permettra au Vietnam de profiter d’expériences, de techniques et même de main-d’œuvre, au service du développement durable de la pêche. – VNA