Le tourisme vietnamien durement impacté par le COVID-19

Hôtels vides, plages désertées, annulations en série, l’épidémie de COVID-19 est un coup dur pour le secteur national du tourisme, avec ces pertes qui pourraient s’élever à plusieurs milliards d’USD.
Le tourisme vietnamien durement impacté par le COVID-19 ảnh 1Si l’épidémie a des impacts négatifs sur le tourisme, il s’agit d’une occasion pour le pays de réorganiser le secteur.
Photo : VNA/CVN

Hanoï (VNA) - Hôtels vides, plages désertées, annulations en série, l’épidémie de COVID-19 est un coup dur pour le secteur national du tourisme, avec ces pertes qui pourraient s’élever à plusieurs milliards d’USD. Mesures.

À Hô Chi Minh-Ville, des milliers de guides touristiques sont au chômage technique. De nombreux voyagistes voient leur activité réduite au minimum, avec des annulations de voyages et de services qui se succèdent.

Flambée épidémique, tourisme gelé

Un représentant du voyagiste Du Lich Viêt a informé que sa compagnie avait dû annuler jusqu’à fin mars les séjours de 200 groupes de touristes vietnamiens en destination de la Chine tandis qu’il y avait peu de voyages vers l’Europe en raison de la basse saison. En outre, les tours au Japon, en République de Corée ou en Thaïlande connaissent une baisse de 60% par rapport à la même période de l’année passée.

Les transporteurs, les établissements de séjours ou les sites touristiques subissent le même sort. La Compagnie de transport et de tourisme Saco, qui dispose de 88 autocars de toutes sortes, essentiellement des 45 places au service des voyagistes, est aussi paralysée.

L’hôtel Viên Dông, l’un des plus luxueux de Hô Chi Minh-Ville, est également vide en raison d’une série d’annulations. Le nombre de réservations a chuté de 40% par rapport à la même période de l’année passée. Ses services de restauration ou d’organisation d’événements sont les plus touchés, avec une baisse de 70%.

Les voyagistes ont fait savoir que malgré les difficultés dues à l’épidémie, ils ne comptaient pas encore procéder à des licenciements.  Car lors de la relance du tourisme, les dégâts pourraient être plus lourds, faute de personnel...

"Nous envisageons d’élaborer un plan de relance une fois l’épidémie maîtrisée. Actuellement, le Service du tourisme de Hô Chi Minh-Ville est en train d’évaluer les pertes des voyagistes. Sa priorité est de limiter au maximum la propagation du virus, de découvrir et traiter à temps les cas de contamination parmi les touristes", a informé Vo Thi Ngoc Thuy, directrice adjointe du Service municipal du tourisme.

Selon les chiffres du Service du tourisme de Kiên Giang, cette province du Sud a accueilli en 2019 environ 714.000 arrivées internationales dont 90% sur  l’île de Phu Quôc, avec 10% de Chinois. Pham Van Nghiêp, vice-président du Comité populaire du district insulaire de Phu Quôc, a déclaré qu’actuellement, la plupart des visiteurs chinois avaient quitté l’île. L’épidémie influe considérablement sur les recettes touristiques. Pourtant, cette baisse n’est pas “inquiétante” car les voyageurs chinois viennent normalement en petits groupes et ne choisissent pas de services de luxe.

À Dà Lat, dans la province de Lâm Dông, sur les hauts plateaux du Centre, environ 10.000 réservations d’hôtel ont été annulées depuis début février, essentiellement dans les hôtels 2-3 étoiles. Plusieurs d’entre eux situés dans le centre-ville menacent de fermer. Selon l’Association provinciale du tourisme, 70% des visiteurs étrangers ont annulé leur séjour contre 80% des Vietnamiens.

À Dà Nang (Centre), les axes centraux, qui étaient auparavant largement fréquentés par les Chinois et Sud-Coréens, sont déserts. Certains sites touristiques  ont dû fermer leurs portes.

Transformer la difficulté en opportunité

D’après certains experts, si l’épidémie a des impacts négatifs sur le tourisme, il s’agit d’une occasion unique pour  le pays de réorganiser le secteur. Le Pr associé.- Dr. Pham Hông Long, chef du Département de "tourismologie" à l’Université des sciences sociales et humaines (Université nationale de Hanoï), a estimé que l’épidémie impactait gravement les voyagistes vietnamiens. "Tous les acteurs du secteur souhaitent la voir maîtrisée au plus tôt car nous sommes dans la haute saison touristique", a-t-il souligné.

Il faut reconnaître que le Vietnam, la Thaïlande et certains pays voisins dépendent trop du marché chinois. En cette période difficile, les voyagistes devraient s’orienter vers d’autres marchés comme l’Europe, l’Amérique, l’Australie plutôt que la Chine, la République de Corée ou le Japon… D’après lui, c’est l’occasion pour les voyagistes de se réorganiser, de moderniser leurs infrastructures, d’étudier de  nouveaux marchés et de former et perfectionner leur personnel…

Partageant l’idée de M. Hông Long, Nguyên Trùng Khanh, directeur général de l’Administration nationale du tourisme, a souligné : "Avant l’apparition de l’épidémie, nous avons déjà relevé des défis du fait que les visiteurs étrangers sont concentrés sur certains marchés. Dès fin 2019, le secteur a mis en œuvre des mesures énergiques pour améliorer sa compétitivité et diversifier ses marchés cibles".

Pertes de milliards d’USD

L’Administration nationale du tourisme estime que dans les trois mois à venir, les pertes du secteur seraient importantes, de l’ordre de 5,9 à 7,7 milliards d’USD. Le nombre de voyageurs étrangers pourraient connaître une baisse de 3,7 à 4,7 millions comparé aux chiffres de l’année dernière. Concrètement, les Chinois, qui occupent 30% du total des visiteurs étrangers dans le pays, pourraient voir leur nombre chuter de 90% à 100%, et ceux d’autres pays de 50% à 70%, soit une baisse de  2 à 2,8 millions d’arrivées. Le nombre de touristes vietnamiens pourrait connaître, quant à lui, une diminution de 50% à 70%, représentant 10,9 à 15,3 millions de voyageurs. -CVN/VNA
 

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