"Le petit musée" et le grand rêve d’un homme de l’ethnie Ca Dong

Avec le désir de préserver les objets traditionnels des Ca Dong, le jeune Dinh Van Siêng, originaire de Son Long, au Centre, les collectionne pour valoriser la culture ancestrale de son ethnie.
Quang Ngai (VNA) – Avec le désir de préserver les objets traditionnels des Ca Dong, le jeune Dinh Van Siêng, originaire de Son Long, une commune de la province de Quang Ngai, au Centre, les collectionne pour valoriser la culture ancestrale de son ethnie.
"Le petit musée" et le grand rêve d’un homme de l’ethnie Ca Dong ảnh 1Dinh Van Siêng à côté des objets précieux collectés. Photo : QN/CVN

 Après avoir passé une décennie à collectionner de nombreux objets traditionnels de son ethnie, Dinh Van Siêng, 32 ans, domicilié dans la commune de Son Long, district de Son Tây, province de Quang Ngai, dispose aujourd’hui d’un vrai petit musée dans sa maison. Des centaines d’objets tels que gongs, instruments de musique ou encore arbalètes précieuses exposés en font une halte culturelle incontournable, valorisant les us et coutumes de cette ethnie vivant cachée sur la cordillère Truong Son.

Maintenir l’identité culturelle

Démobilisé en 2010, M. Siêng rentre à son village natal. Il se rend compte que de nombreux instruments de musique et objets d’usage courant de son ethnie se perdent peu à peu. Corbeilles, paniers et hottes en rotin et en bambou sont en effet progressivement remplacés par des outils en plastique.

"Auparavant, mon village disposait de nombreux gongs. Il y avait même des familles qui gardaient des dizaines de gongs vieux de plusieurs centaines d’années. Mais les villageois les ont vendus… Sans le son des gongs, nos fêtes traditionnelles manquent alors de charme et d’identité", constate-t-il. Le jeune homme se met alors à racheter et collectionner les nombreux gongs dont les gens voulaient se débarrasser. Il est aujourd’hui propriétaire de précieux ensembles appartenant à son ethnie.

Son père fut très heureux de voir son fils vouloir préserver l’identité ethnique et ainsi la mémoire de leurs ancêtres. Il lui remit lui-même six gongs à l’époque ! "Tu fais des efforts pour conserver ces trésors. Tu auras un grand héritage", lui a-t-il dit. "Mon père est aujourd’hui décédé mais je pense qu’il serait fier de voir ce que j’ai fait", a confié M. Siêng.
"Le petit musée" et le grand rêve d’un homme de l’ethnie Ca Dong ảnh 2Dinh Van Siêng dans son "petit musée". Photo : QN/CVN
 
Désormais, les instruments de musique bien gardés par Dinh Van Siêng sont souvent utilisés lors des célébrations traditionnelles telles que les fêtes de la nouvelle récolte de riz ou du Têt. Les villageois sont ainsi ravis à l’écoute de ces sons immémoriaux.

Aujourd’hui, le collectionneur veut rendre son musée itinérant pour pouvoir présenter les outils et instruments des Ca Dong dans de nombreux endroits et promouvoir ainsi leur identité culturelle. "Le rythme de la vie moderne s’est répandu dans la région montagneuse. Les jeunes oublient de plus en plus les valeurs culturelles et spirituelles des ancêtres. Je souhaite alors collectionner et préserver les artefacts de mon ethnie pour inspirer d’autres personnes", explique le jeune homme.

Un halte touristique

La maison de Dinh Van Siêng n’est plus seulement connue des villageois de sa commune, elle accueille aujourd’hui aussi les touristes de passage. En effet, au printemps, les paysages du district de Son Tây attirent beaucoup de photographes voulant capturer les magnifiques rizières en terrasses de Mang Hin. La plupart font une halte au musée situé près d’un des plus beaux champs de riz de Quang Ngai. Ces voyageurs ne cachent pas leur admiration devant la collection de M. Siêng.

"J’en ai beaucoup entendu parler. Maintenant, je la vois de mes propres yeux. C’est vraiment un précieux trésor qui demande en effet à être préservé !", partage Dô Minh Hùng, un touriste venant de Dà Nang (Centre).

En une décennie passée à collectionner les objets, M. Siêng a mis deux ans à créer son musée. Il est aujourd’hui ravi de voir les touristes visiter sa maison et apprécier son travail. Et pourtant, le jeune homme ne veut pas s’arrêter en si bon chemin : "Je voudrais avoir une maison sur pilotis privée au service de l’exposition des objets et de la vente de café. Ce sera aussi l’endroit où les agriculteurs apporteront leurs produits pour les présenter aux visiteurs".

M. Siêng est aujourd’hui fier que son travail suscite de nouvelles vocations parmi la jeunesse. Ainsi, plusieurs jeunes ont repris l’apprentissage de la tresse des hottes ou de la musique traditionnelle au gong.

"Dinh Van Siêng sait toujours profiter des réunions ici pour transmettre à la jeune génération l’amour pour l’identité ethnique. Il a récemment eu l’idée d’y ouvrir un café servant à la fois de lieu d’exposition et de vente des spécialités locales. Les autorités du district l’accompagneront toujours dans ses projets", a affirmé Dinh Quang Ven, président du Comité populaire du district de Son Tây. – CVN/VNA

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