Hanoi, 27 décembre (VNA) - Au cours des dernières années, les provinces du Sud ont connu des signes annonciateurs d’un retour du paludisme, alors que le nombre de cas continue d'augmenter.

Il est particulièrement inquiétant d’observer que les virus résistent aux différents vaccins, surtout au groupe “Artémisinine” – médicament principal pour traitement du paludisme.

Un enfant atteint du paludisme venu de province du Sud est hospitalisé à HCM-Ville.

Au cours des trois dernières années, le dispensaire Dak O, situé dans le district Bu Gia Map, province de Binh Phuoc a également traité entre 400 et 500 cas de paludisme par an. Le médecin Tran Van Nhan, chef du dispensaire Dak O, a dit que cette localité est un "point chaud" concernant le paludisme. Une personne a même été hospitalisée à plusieurs reprises pendant une année à cause de cette maladie. "C’est une région qui, ayant les frontières communes avec la Cambodge, est touché par le paludisme toute l'année. En plus, les échanges commerciaux  entre les deux pays ont favorisé la propagation des maladies", a-t-il précisé.

De plus, les coutumes traditionnelles en matière de pratiques forestières de la population locale cause aussi l’augmentation de nombre de malades de paludisme. Bien que le secteur de la santé locale ait offert des moustiquaires aux habitants, et s’efforce de pulvériser le virus, cela ne suffit pas à mettre un terme à la mauvaise situation. "Nous informons régulièrement la population sur les risques de cette maladie. Mais la majorité n’est pas conscience de l’importance de se protéger contre l’épidémie. Certaines personnes, après une simple balade en forêt, peuvent transmettre le virus à leurs proches", a confié Trân Van Nhân.

Non seulement à Dak O, mais aussi Bù Gia Map et Dak Nhau, les cas de paludisme ont considérablement augmenté au cours des dernières années. Selon les statistiques du Service de la Santé de Binh Phuoc, en 2016, la province comptait plus de 1000 patients atteints de paludisme. Cette année on recense environ 1000 cas dont 1 décès. Ainsi, Binh Phuoc compte également parmi les 10 localités ayant eu le plus de cas de paludisme dans le pays.

Comme à Binh Duong, les cas de paludisme ont aussi augmenté à Lâm Dông, Binh Duong, An Giang, Kiên Giang, Cân Tho, Vinh Long. Aussi, à Hô Chi Minh-Ville, pendant 11 mois, le secteur de l’hôpital spécialisé dans les maladies tropicales a dû prendre en charge 113 patients atteints du paludisme, dont 19 cas très graves (2 cas ont abouti à un décès). L’hôpital de Pédiatrie 1 et 2 ont reçu 4 enfants venus de Dak Nông et Binh Phuoc après une longue période sans n’avoir reçu aucun enfant atteint du paludisme.

Comment lutter contre le paludisme résistant aux traitements anti-paludisme

En plus de l’augmentation des cas ces dernières années,  le secteur de la santé et la population de Binh Phuoc risque de devoir aussi faire face à une forme de paludisme résistant aux divers traitements anti paludismes. C’est la première localité confronté à cette forme particulière du virus.

Le paludisme reste cause mortelle importante.

Ce risque s’est confirmé lorsque l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a également établi une liste de pays dans lesquels se développe un paludisme particulier (en ce sens que le virus résiste aux traitements anti-paludisme) dans 5 pays du Mékong : Cambodge, Laos, Myanmar, Thaïlande et Vietnam. L’OMS a indiqué que ces parasites ont même résisté à Artémisinine, pourtant connu pour être le vaccin le plus efficace aujourd’hui contre cette maladie.

Pour réagir à ces informations, le médecin Truong Huu Khanh, hôpital de Pédiatrie a signalé que c’était une donnée très inquiétante car cela voudrait dire que le virus va être très difficile à traiter, et le processus de guérison sera plus éprouvant et plus long. C’est la raison pour laquelle il est important que le risque d'épidémie soit contrôlé.

Le docteur Nguyên Hoàn Phu a révélé que certaines localités n’ont même plus de vaccins antipaludéens du fait de la disparition du virus depuis des années.

Cependant, face à un retour éventuel du paludisme et à sa résistance aux traitements, M. Phu a proposé au secteur de santé de distribuer les Artésunate injectables aux hôpitaux provinciaux. Parallèlement, il faut intensifier la formation des médecins pour  traiter correctement  le paludisme, ainsi que la dengue parce que les deux maladies ont des symptômes similaires.- CVN/VNA