Le Musée des vestiges de la guerre et l’aspiration à la paix

Situé au 28, rue Vo Van Tân, Hô Chi Minh-Ville, le Musée des vestiges de la guerre est devenu un lieu prisé des touristes. Chaque jour, nombreux sont ceux, surtout des étrangers, qui viennent le découvrir.
Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Situé au 28, rue Vo Van Tân, dans le 3e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, le Musée des vestiges de la guerre est devenu un lieu prisé des touristes. Chaque jour, nombreux sont ceux, surtout des étrangers, qui viennent le découvrir.
Le Musée des vestiges de la guerre et l’aspiration à la paix ảnh 1Le Musée des vestiges de la guerre à Hô Chi Minh-Ville. Photo :baomoi.com
Le 30 avril 1975 est entré dans l’histoire comme la fin de la 2e guerre d’Indochine. Le peuple vietnamien a parcouru un chemin semé d’embûches durant 30 années. Avec trois jalons historiques: l’insurrection générale d’août 1945, la campagne de Diên Biên Phu et la victoire finale du printemps 1975, qui a achevé glorieusement l’œuvre de salut national.


Le 4 septembre 1975, "La galerie des crimes des États-Unis et du gouvernement fantoche" a été fondée avec comme mission de faire des recherches, de collecter, de conserver et d’exposer documents, images, objets comme autant de preuves et traces des crimes des forces d’invasion. Le 10 novembre 1990, son nom a été changé en "Galerie des crimes des guerres d’agression". Et le 4 juillet 1995, cette dernière a été renommée "Musée des vestiges de la guerre".

La douleur de l’agent orange

Cet établissement conserve plus de 20.000 documents, objets et films, dont plus de 1.500 présentés aux visiteurs. Il fait revivre la longue période de guerre au Vietnam. Les thèmes, variés, tels que "Faits historiques", "Réminiscences", "Vietnam, guerre et paix", "Crimes des guerres d’agression", donnent une vue générale aux visiteurs, et les aident à mieux comprendre les événements. "Je trouve que c’est très intéressant. On découvre plein de choses et on a une vue globale de toute l’histoire de la guerre qui fut très traumatisante pour les Vietnamiens mais aussi pour les Américains. On a plein de détails sur cette longue guerre", a partagé Carole Dardillac, une touriste française.
 
Les expositions sur l’agent orange constituent un trait remarquable du musée. Une collection du Japonais Goro Nakamura comprend plus de 40 photos. Reporter-photographe depuis 1961, il a immortalisé la guerre au Vietnam, et notamment les effets désastreux de l’agent orange, un herbicide hautement cancérigène. Pendant dix ans (1961-1971), l’armée américaine en a répandu  environ 80 millions de litres, soit 400 kg de dioxine, dans le Centre, sur les hauts plateaux du Centre et dans le Sud du Vietnam.

On estime que plus de 4 millions de personnes ont souffert et souffrent encore de l’impact de l’agent orange. Les visiteurs peuvent lire des témoignages de familles qui, longtemps après la fin de la guerre, subissent encore ses effets dévastateurs. Leurs enfants naissent avec de multiples malformations. Un espace est dédié aux handicapés et victimes. Certains travaillent sur place, au musée, et fabriquent de nombreux objets: porte-clés, épingles à cheveux, chapeaux coniques, souvenirs, sacs… qu’ils vendent pour gagner leur vie et s’intégrer à la société.

Le Musée des vestiges de la guerre et l’aspiration à la paix ảnh 2Photo: CVN

"Cette guerre chimique a été terrible, elle a eu des conséquences désastreuses, que l’on ressent encore maintenant avec une 4e génération de victimes. Les visiteurs ont l’occasion de rencontrer directement des victimes au musée. Malgré leurs difficultés dans leur vie quotidienne, ils s’efforcent de s’intégrer à la société. Le message que nous voulons adresser, c’est de s’unir pour atténuer leur douleur", a affirmé Châu Phuoc Hiêp, directeur adjoint du musée.
 
Un espace ouvert aux visiteurs

En plein air, c’est un autre espace spécial. Certains le choisissent comme premier arrêt en arrivant au musée, d’autres le visitent en dernier. Les machines de guerre américaines, l’artillerie lourde, les avions et bombes qui y sont exposés reflètent la cruauté de la guerre.

Un lieu est réservé aux 200 prisons construites par les Américains et les autorités saïgonnaises. Certaines sont connues sous le nom d’“enfer sur Terre”, c’est le cas de Phu Quôc, Côn Dao, Chi Hoa, Tân Hiêp, Thu Duc. Les visiteurs peuvent mieux comprendre l’horreur que les révolutionnaires vietnamiens subirent pendant la guerre. "C’est la première fois que je viens ici et je suis très émue. Je peux réaliser les douleurs causées par la guerre, non seulement dans le passé, mais encore aujourd’hui. J’ai pu voir les cages où étaient détenus les révolutionnaires vietnamiens. J’admire leur bravoure", a déclaré Trân Hông Uyên, étudiante en 2e année au Département de la langue japonaise, de l’École supérieure de pédagogie de Hô Chi Minh-Ville.

Le musée relève du Service municipal de la culture et des sports. Il fait partie du réseau des musées vietnamiens, du réseau mondial des "musées pour la paix", et est membre du Conseil international des musées.

Ces dernières années, il a été l’un des sites historiques et touristiques les plus fréquentés à Hô Chi Minh-Ville. En 2018, il a accueilli plus d’un million de visiteurs dont plus de 80% d’étrangers.
À travers ses collections, expositions de photos, d’images, d’objets témoignant des crimes de guerre, le musée a contribué à sensibiliser le public à la lutte contre ces guerres injustes, à la préservation de la paix, mais aussi à la promotion de l’amitié et de la solidarité entre les peuples. – CVN/VNA  

Voir plus

Yasushi Ogura (centre) pose devant le premier café de Lô Lô Chai. Photo : Zingnews

Yasushi Ogura, un Japonais bien tranquille au village de Lô Lô Chai

Depuis près de trois décennies,Yasushi Ogura s’est rendu plus de cent fois à Hà Giang (aujourd’hui province de Tuyên Quang). Plutôt que de lancer des circuits ou de construire des complexes hôteliers, il a choisi un chemin plus modeste : rénover une maison, ouvrir un café et convaincre les habitants de développer le tourisme selon leurs propres traditions.

Croisière dans la baie de Bai Tu Long. Photo: VNA

La baie de Bai Tu Long classée parmi les sept merveilles d’Asie du Sud-Est pour 2026

Le magazine de voyage américain Condé Nast Traveler a révélé qu’au nord-est de la célèbre baie de Ha Long au Vietnam se trouve une alternative plus paisible, moins fréquentée, mais tout aussi magnifique. La baie de Bai Tu Long offre les mêmes îles calcaires imposantes et formations karstiques, grottes, criques secrètes et villages de pêcheurs flottants, mais avec une atmosphère plus calme, plus pittoresque et plus intime.

Des routes de cols de montagne uniques. Photo : Vietnamplus

Hà Giang et Hoi An parmi les plus belles destinations du monde en 2026

Classées parmi les plus belles destinations du monde en 2026 par Time Out, Hà Giang et Hội An illustrent deux visages complémentaires du tourisme vietnamien, entre paysages grandioses et richesse patrimoniale, répondant aux nouvelles attentes d’un tourisme axé sur l’expérience et l’émotion.

L’ancien récif corallien de Hang Rai est reconnu par les scientifiques pour sa grande valeur géologique ainsi que pour son intérêt majeur dans l’étude de l’histoire naturelle de la région. Photo : VNA

À la découverte de Hang Rai, joyau naturel de Khanh Hoa

Situé dans la commune de Vinh Hai, dans la province de Khanh Hoa, le site de Hang Rai constitue l’un des joyaux naturels du parc national de Nui Chua, intégré à la Réserve de biosphère mondiale éponyme reconnue par l’UNESCO. Ce paysage d’exception se distingue par son ancien récif corallien fossilisé aux formes spectaculaires, façonné par le temps et les éléments, ainsi que par son relief grandiose mêlant falaises rocheuses escarpées et littoral sauvage. 

Des élèves visitent et découvrent le Musée d’Histoire naturelle du Vietnam. Photo : VNA

Les musées d’histoire naturelle, nouvel atout du tourisme éducatif vietnamien

Portés par la modernisation des espaces d’exposition, le développement d’activités interactives et la richesse exceptionnelle de la biodiversité nationale, les musées d’histoire naturelle du Vietnam s’affirment comme un segment prometteur du tourisme éducatif et écologique à l’horizon 2026, en phase avec les exigences d’un développement durable.

Chaque promenade en charrette à bœufs emmène les touristes le long des chemins de village. Photos: danviet.vn

À Ninh Binh, le voyage en charrette à buffles reprend du poil de la bête

Autrefois moyen de transport traditionnel pour les produits agricoles, la paille et les outils agricoles à travers la campagne, les charrettes tirées par des buffles de la coopérative Sinh Duoc à Gia Vien, dans la province de Ninh Binh (au Nord) sont devenues une expérience de tourisme communautaire unique.

Le le développement du tourisme fluvial sur les affluents de la rivière des Parfums constitue une orientation nécessaire. Photo: VNA

Hue : ses canaux historiques se réinventent en espaces culturels

À partir d’avril 2026, Hue lancera à titre expérimental une ligne touristique de bateaux électriques sur le réseau fluvial Ngu Ha - Dong Ba. Ces canaux, qui servaient la dynastie des Nguyen, deviennent aujourd’hui des espaces d’expérience uniques au cœur de cette ville patrimoniale.

Des touristes internationaux visitent les sites historiques des temples des rois Dinh et Lê dans l'ancienne capitale de Hoa Lu, province de Ninh Binh. Photo: VNA

Le tourisme vietnamien monte en puissance, porté par son image de destination sûre

Les experts du tourisme attribuent cette forte croissance à une combinaison de facteurs, notamment des politiques de visas plus souples, une offre touristique diversifiée et des actions de promotion renforcées. La réputation croissante du Vietnam en tant que destination sûre et accueillante a également joué un rôle important dans l’attraction des voyageurs internationaux.

Le village de tourisme communautaire de Huu Liên est une destination idéale pour les touristes. Photo : toquoc.vn

À Huu Liên, immersion authentique au cœur du Nord-Est

À l’heure où de nombreuses destinations se développent à un rythme effréné, le village de tourisme communautaire de Huu Liên a su préserver son caractère simple et paisible. Et c’est précisément cette authenticité qui constitue aujourd’hui son principal attrait.

Lors du DIFF 2025, les équipes du Portugal et du Royaume-Uni ont offert des spectacles pyrotechniques éblouissants, alliant avec finesse les techniques modernes de feux d’artifice et les riches influences de la culture européenne. Photo: VNA

La "chaleur" du Festival international de feux d’artifice de Da Nang 2026

À l’été 2026, la ville de Da Nang accueillera une nouvelle édition du Festival international de feux d’artifice (DIFF), l’un des événements culturels et touristiques les plus emblématiques du Vietnam. Réunissant dix équipes venues de neuf pays et territoires, dont plusieurs nouveaux participants, le festival promet des spectacles pyrotechniques spectaculaires et une série d’activités festives destinées à attirer des millions de visiteurs et à dynamiser la saison touristique estivale de la ville côtière.