Le métier de fabrication de chapeaux chevaux de Phu Gia galope pour la gloire

Ces fameux «chapeaux chevaux» doivent leur nom à leur robustesse et leur flexibilité: deux qualités que l’on prête d’ordinaire aux chevaux. Ils étaient autrefois réservés à l’aristocratie et à l’élite, et souvent portés par des cavaliers, ce qui explique aussi ce nom qui leur est donné.

Le village artisanal de Phu Gia regroupe environ 110 ménages, soit plus de 300 artisans, produisant plus de 3.300 chapeaux coniques chaque année. Photo: baoxaydung
Le village artisanal de Phu Gia regroupe environ 110 ménages, soit plus de 300 artisans, produisant plus de 3.300 chapeaux coniques chaque année. Photo: baoxaydung

Hanoi (VNA) – Situé dans la province méridionale de Binh Dinh, Phu Gia est un village qui doit sa renommée à ses chapeaux coniques, lesquels sont connus sous le nom de «chapeaux chevaux». Ces créations artisanales nous ramènent tout droit à l’époque de l’empereur Quang Trung, qui a régné entre 1788 et 1792 et qui était originaire de Tây Son, non loin de là. Les chapeaux coniques de Phu Gia ont récemment fait une entrée remarquée au patrimoine culturel immatériel national, à la plus grande de fierté des artisans locaux.

Phu Gia se trouve à environ 35 kilomètres de Quy Nhon, le chef-lieu de la province de Binh Dinh. En l’espace de trois siècles, l’artisanat local est devenu une fierté pour l’ensemble de la province, dont l’Histoire est étroitement liée à celle de la révolte des Tây Son, dont l’un des premiers hauts faits d’armes fut la prise de Chà Bàn, l’actuelle Quy Nhon, en 1771.

Ces fameux «chapeaux chevaux» doivent leur nom à leur robustesse et leur flexibilité: deux qualités que l’on prête d’ordinaire aux chevaux. Ils étaient autrefois réservés à l’aristocratie et à l’élite, et souvent portés par des cavaliers, ce qui explique aussi ce nom qui leur est donné. Certains modèles, richement décorés, avec des motifs de dragons ou de phénix, étaient portés par les officiers de l’armée impériale.

non plo.vn.webp
Les chapeaux chevaux fabriqués à Phu Gia se distinguent par leur robustesse et leur flexibilité. Photo: plo.vn

Les chapeaux de Phu Gia sont réputés pour leurs motifs délicats et raffinés. On y trouve souvent les quatre plantes nobles que sont l’abricotier, l’orchidée, le chrysanthème et le bambou, qui tout en étant un symbole d’élégance et de raffinement, représentent les quatre saisons de l’année.

Dô Van Lan, lui, est ce qu’on appelle un Maître artisan, avec un M majuscule. Du haut de ses plus de soixante ans d’expérience, il perpétue avec fierté la tradition de Phu Gia. «La fabrication des chapeaux chevaux est un processus particulièrement complexe. Le travail est entièrement effectué à la main. Pour chaque chapeau, il faut passer par une bonne une dizaine d’étapes, chacune demandant une grande dextérité. L’étape la plus délicate est celle qui consiste à broder les motifs. Les artisans doivent exceller dans cet art pour créer des motifs à la fois originaux et sophistiqués, qui confèrent au chapeau toute sa beauté et toute son originalité», dit-il.

Trois grandes étapes sont en fait nécessaires à la confection d’un chapeau cheval: la création d’une ossature, le tressage du cadre et l’assemblage du chapeau. Chaque étape est assurée par un hameau, dont c’est la spécialité.

D’ailleurs, Phu Gia compte environ 110 foyers de production, soit plus de 300 artisans. Chaque année, environ 3.300 chapeaux sont mis sur le marché, à raison d’un prix moyen qui peut aller de 300.000 à 500.000 dôngs, mais qui peut atteindre les 2,5 millions dans le cas de modèles plus sophistiqués…

Autant dire que ces chapeaux sont bien plus que de simples couvre-chefs pour celles et ceux qui les fabriquent… Pour Huynh Thi Hông, ils sont synonymes de prospérité. «Ici, chacun nourrit une véritable passion pour ce chapeau. Autrefois, la fabrication des chapeaux constituait la principale source de revenus de très nombreux ménages, qui pouvaient ainsi envoyer leurs enfants à l’école», explique-t-elle.

De nos jours, les artisans de Phu Gia n’hésitent pas à quitter les sentiers battus de la tradition et à créer des modèles plus au goût du jour, et surtout plus au goût d’une clientèle qui ne cesse de croître, tant il est vrai que le village s’est imposé au fil des années comme l’une des destinations touristiques phares de la province.

baochinhphu.vn.jpeg
Le métier de fabrication de chapeaux chevaux de Phu Gia est désormais reconnu comme patrimoine culturel immatériel national. Photo: baochinhphu.vn

À la mi-septembre, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a élevé les chapeaux chevaux de Phu Gia au rang de patrimoine culturel immatériel national, ce qui fait bien sûr la fierté des artisans du village, à commencer par Dô Van Lan.

«Tout le monde est ravi. C’est une véritable source d’encouragement, pour moi et pour tous les autres artisans. Nous sommes bien décidés à créer encore plus de chapeaux magnifiques et à préserver notre savoir-faire traditionnel», confie-t-il.

Selon Lâm Hai Giang, qui en est le vice-président du Comité populaire, la province de Binh Dinh devrait prochainement élaborer un plan concret visant à préserver l’identité culturelle de Phu Gia tout en favorisant son développement économique et touristique.

«Nous allons prendre des mesures de soutien aux maîtres artisans. Ces derniers doivent être considérés comme un patrimoine national. Il me paraît essentiel de mettre en avant les particuliers et collectifs impliqués dans la préservation, la pratique et la valorisation du patrimoine», déclare-t-il.

Après avoir été porté fièrement par l’armée de la dynastie Tây Son, ces chapeaux chevaux continuent aujourd’hui de symboliser la victoire, celle de plusieurs générations d’artisans qui arrivent aujourd’hui à une certaine forme de consécration, sans s’être jamais départi de ce mélange de robustesse et de flexibilité qui fait leur force… - VOV/VNA

source

Voir plus

Le Musée des femmes du Sud numérise plus de 1.000 objets pour les exposer grâce à la technologie holographique Photo : VNA

Patrimoine numérique : l’odyssée du virtuel vers le grand public

Si les technologies numériques révolutionnent désormais la préservation et l'étude du patrimoine grâce aux modélisations 3D et aux visites virtuelles, leur démocratisation auprès du grand public reste tributaire de défis post-numérisation majeurs pour les musées et les collectivités territoriales, confrontés à l'impératif de sécuriser le stockage, standardiser les données, concevoir des contenus attractifs et former leurs personnels.

L’équipe nationale vietnamienne de football des moins de 15 ans. Photo : VFF

Le Vietnam entre en campagne pour le Mondial et Festival U15 de la FIFA

Selon le calendrier officiel, ce vendredi 23 octobre, la sélection U15 du Vietnam a finalisé ses formalités administratives, participé aux réunions techniques et pris ses repères au stade Hovsan, à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, lors d’une séance d’entraînement de 14h à 15h (heure locale).

Le top 5 de Miss Charm Vietnam 2026. Photo : Comité d’organisation

L’animatrice Trà My sacrée Miss Charm Vietnam 2026

L’animatrice Nguyên Ngoc Trà My s’est imposée lors de l’épreuve du Top 5 grâce à l’unique réponse bilingue de la finale, décrochant ainsi son billet pour représenter le pays au concours international Miss Charm 2026.

La vice-Première ministre Pham Thi Thanh Tra, cheffe du Groupe de travail interministériel sur la diplomatie et l’intégration internationale dans les domaines culturel, social, éducatif et de la formation, a présidé le 22 octobre après-midi, à Hanoï, la première réunion. Photo: VNA

Le Vietnam définit ses priorités en matière de diplomatie culturelle, sociale et éducative

Le Vietnam entend renforcer son rayonnement international dans les domaines culturel, éducatif et social en accélérant la transformation numérique du patrimoine, en valorisant les ressources de la diaspora et en concrétisant ses engagements internationaux. Réunis le 22 octobre à Hanoï, les membres du Groupe de travail interministériel ont défini les priorités stratégiques pour la période 2027-2030.

Drames sociaux ou comédies, contes animés ou films d’auteur : cinq séances permettront d'apprécier un cinéma à la fois créatif, subtil et profondément empreint d’humanité. Photo : organisateurs

La Wallonie se réinvite dans les salles vietnamiennes pour une semaine exclusive

La 9e édition de la Semaine du cinéma de Wallonie-Bruxelles au Vietnam se déploiera du 23 au 28 octobre à Hanoi, Huê et Hô Chi Minh-Ville. Placé sous les auspices de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles au Vietnam, cet événement culturel phare convie le public local à découvrir une sélection exclusive d’œuvres cinématographiques issues de la communauté francophone de Belgique.

Les costumes traditionnels des Hmong, un héritage culturel préservé à Dien Bien. Photo : VNA

Les costumes traditionnels des Hmong, un héritage culturel préservé à Dien Bien

Dans la province de Dien Bien, au nord-ouest du Vietnam, les costumes traditionnels des Hmong se distinguent par leurs couleurs éclatantes, leurs broderies minutieuses et leurs jupes évasées. Confectionnés à la main et transmis de génération en génération, ils témoignent du savoir-faire des femmes Hmong et de la richesse du patrimoine culturel de cette communauté.

Le stand du cinéma vietnamien au Marché du contenu et du film asiatique. Photo : VNA

La culture vietnamienne rayonne sous les couleurs de l’automne à Busan, en République de Corée

À la faveur des festivals d’automne à Busan, en République de Corée, la culture vietnamienne se dévoile à travers des jeux traditionnels, des œuvres cinématographiques et des créations théâtrales contemporaines. Ces activités contribuent à renforcer les échanges culturels et à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération artistique entre le Vietnam, la République de Corée et les partenaires internationaux.

Le Temple de la Littérature – Quoc Tu Giam illustre également les possibilités offertes par les technologies numériques. Aux sources de la tradition académique » et le film en projection 3D « Cultiver les talents » témoignent de cette évolution. Photo: VNA

Hanoi valorise son patrimoine grâce à la créativité et aux technologies numériques

Forte de son patrimoine historique et culturel millénaire, Hanoï mise sur la créativité, les technologies numériques et l’engagement des jeunes pour développer ses industries culturelles, valoriser ses traditions et stimuler le tourisme, tout en affirmant son ambition de devenir une ville créative où le patrimoine constitue un moteur de développement durable.

La pratique du hầu đồng exige une combinaison entre le médium, les musiciens-chanteurs (cung văn) et les assistants, allant de la préparation des costumes et des accessoires à l'organisation des rites. Photo: VNA

Le culte des Déesses-Mères, dix ans après sa reconnaissance par l’UNESCO

L’année 2026 marque le 10e anniversaire de l’inscription des « Pratiques liées au culte vietnamien des Déesses-Mères des Trois mondes » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Dix ans après cette reconnaissance, les valeurs culturelles de ce culte continuent de vivre au sein des communautés, à travers les rites traditionnels, l’art du chant hát văn, les costumes rituels et la pratique médiumnique hầu đồng.

L’épouse du secrétaire général du Parti et président de la République, Ngô Phuong Ly, remet symboliquement la « Bibliothèque vietnamienne » à la bibliothèque BIBLIOTEKET Rentemestervej. Photo : VNA

Une « Bibliothèque vietnamienne » inaugurée à Copenhague

L’épouse du secrétaire général du Parti et président de la République, Ngô Phuong Ly, et la reine du Danemark, Mary, ont offert une collection d’ouvrages vietnamiens à une bibliothèque de Copenhague, contribuant à promouvoir la culture vietnamienne et à renforcer l’amitié entre les deux peuples.