Hanoi, 22 août (VNA) - Le Vietnam, avec une population de plus de 93 millions de personnes dont 56% âgées de moins de 30 ans ayant tendance à acheter des produits transformés, a tout pour séduire les investisseurs étrangers dans le domaine agro-alimentaire. Les entreprises étrangères affluent au Vietnam.
 
De plus en plus de la viande importée entre dans les assiettes vietnamiennes


Le représentant de L’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO) a fait savoir que "le Vietnam est un marché plein de potentiels pour les exportateurs du secteur agro-alimentaire japonais".

Selon les statistiques du Département commercial du ministère japonais des Finances, en 2017,  les exportations de produits agricoles et alimentaires du pays du Soleil Levant vers le Vietnam ont dépassé celles de la Thaïlande, classant le pays au  6e rang mondial dans cette catégorie, avec une somme record de 39,5 milliards de yens (350 millions de dollars). Sur les 5 premiers mois de 2018, ce chiffre a augmenté de 24,8% en glissement annuel.

Les consommateurs vietnamiens en ligne de mire

Le salon international de l’alimentation, des boissons et de l’emballage VietFood & Beverage-ProPack 2018, organisé du 8 au 11 août au Centre des expositions et des conférences de Saigon (SECC) à Hô Chi Minh-Ville, a réuni 550 entreprises venus de 20 pays et territoires. Elles ont pu ainsi présenter plus de 3.000 nouveaux produits, 20 labels prestigieux d’alimentation et de boissons, 30 labels biologiques, sur  environ 600 stands.

Lors de cet événement, les entreprises venues d’Inde se sont concentrées sur la présentation des marchandises suivantes: céréales, fruits secs, biscuits, snack, assaisonnements spéciaux de la région d’Orissa, du Bengale et d’Assam, plusieurs plats indiens à base de poulet, de chèvre, de mouton, de fruits de mer.

Plusieurs sociétés polonaises souhaitent pour leur part investir dans l’export de produits laitiers, de friandises, de céréales, de pommes.

L’accord de libre-échange Vietnam - République de Corée (VKFTA) est officiellement entré en vigueur en décembre 2015. Les tarifs préférentiels contenus dans cet accord ont engendré une croissance massive et durable du commerce entre les deux pays s’agissant notamment des machines, des outils, des produits électroniques, des pièces détachées et des matières textiles et de cordonnerie.

Dans le cadre des engagements du VKFTA, 11.679 lignes tarifaires pour les produits du Vietnam et 8.521 pour la République de Corée  sont réduites à 0%. Ainsi,  les entreprises sud-coréennes renforceront leurs activités pour augmenter leurs parts de marché au Vietnam dans le secteur agro-alimentaire (aliments fabriqués, collation, lait en poudre, supplément).

Défis pour les producteurs domestiques

Face à une forte concurrence des entreprises étrangères, l’Association des aliments du Vietnam tend à  renforcer les liens entre les enseignes nationales pour créer une chaine de production efficace à grande échelle, réduire les prix et augmenter les capacités concurrentielles des entreprises nationales. En dehors des avantages non quantifiables en devise (la connaissance du terrain et des profils et goûts du consommateur vietnamien lambda), se doivent de tous faire pour capter un maximum de transferts de technologie et diversifier leurs produits.
 
Big C Vietnam a a été racheté par Central Group de Thaïlande.


Selon le Docteur Huynh Thanh Diên, travaillant à l’Université d’économie de Hô Chi Minh, une série de marques vietnamiennes ont été accaparées par des géants étrangers. Parmi ceux-ci, des groupes thaïlandais, sud-coréens et japonais qui cherchent des réseaux de distribution pour leurs marchandises au Vietnam. Ce phénomène devient un avantage pour les entreprises de ces pays qui veulent vendre leurs marchandises sur le marché vietnamien.

D’autre part, les barrières tarifaires se voient progressivement supprimées au niveau du commerce international. Ainsi, la présence massive des entreprises étrangères  sur le marché national fait pression sur les entreprises vietnamiennes en raison de l’afflux de marchandises étrangères de haute qualité mais à bas prix. Il est de ce fait indispensable d’améliorer la qualité générale de la production et de créer un label pour les produits vietnamiens.

Face à ces défis, il faut que les entreprises vietnamiennes élaborent une stratégie de production, de marketing, de distribution, de renforcement de leur compétitivité et de l’exploitation des marchés. - CVN/VNA