Le delta du Mékong à l’épreuve du climat

Le delta du Mékong à l’épreuve du changement climatique

La salinisation des terres arables et l’affaissement des sols menacent la vie quotidienne des habitants du delta du Mékong, le grenier à riz du Vietnam.

Hô Chi Minh-Ville (VNA) – La salinisation des terres arables et l’affaissement des sols menacent la vie quotidienne des habitants du delta du Mékong. Deux exemples des effets extrêmes du dérèglement climatique auxquels fait face cette région importante du pays.

Le delta du Mékong à l’épreuve du changement climatique ảnh 1Le changement climatique qui se produit dans le delta du Mékong est féroce. Photo: VNA


Le delta du Mékong, appelé le grenier à riz du Vietnam, est l’un des quatre deltas du monde les plus vulnérables au changement climatique. Les aléas climatiques menacent sérieusement la vie et les moyens de subsistance des habitants. Les conséquences sont déjà bien visibles.

Lors d’une récente conférence consacrée au développement durable de cette région, organisée à Hô Chi Minh-Ville, Trân Hông Hà, ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation: "Le changement climatique qui se produit dans le delta du Mékong est féroce. On observe des effets plus précoces et de manière plus rapide que nos scénarios prévisionnels".

Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc n’a pu s’empêcher de constater la tendance préoccupante de l’exode migratoire de la population. "De récentes statistiques montrent qu’au cours de ces dix dernières années, 1,7 million de personnes ont quitté la région", a-t-il déclaré.

Haute teneur en sel

Nguyên Quang Thanh, domicilié dans le district de Kiên Luong, province de Kiên Giang, exploite 5 ha de rizières. Ces dernières années, ses revenus de production agricole ont fortement baissé en raison de la salinisation. "En 2016, j’ai perdu la totalité de mes cultures. Cette année, l’intrusion de l’eau salée fait son retour. Bien qu’elle ne soit pas aussi intense qu’il y a trois ans, elle est tout de même présente et frappe une grande partie de mes champs. Je suis obligé de reconvertir la moitié de mes terres en étangs à crevettes", a-t-il confié.

L’Institut de recherche sur les ressources en eau du Sud constate qu’après le pic historique de sécheresse et de salinisation des terres de 2016, l’intrusion de l’eau salée en saison sèche de l’année en cours est considérable avec une teneur en sel élevée. En avril, la salinité maximale a atteint 5,8‰(soit 5,8 grammes de masse de sel dans un kilogramme d’eau), contre 4,5‰ mesurée lors de la saison sèche de l’an dernier, à l’embouchure de Bên Luc de la rivière Vàm Co Dông (province de Long An).

Sur la rivière Vam Co Tây, à la station de Tân An, le taux de salinité le plus élevé a atteint 4,9‰, contre 4,4‰. L’institut estime que l’eau salée est apparue deux mois plus tôt et s’est répandue davantage en amont des rivières. Dans certaines régions, elle s’est infiltrée jusqu’à 70-90 km à l’intérieur des terres, soit 20-30 km de plus que les années précédentes. Kiên Giang, Bac Liêu, Cà Mau et Long An sont les provinces les plus touchées.

Le delta du Mékong à l’épreuve du changement climatique ảnh 2Des paysannes travaillent dans une rizière ravagée par l’intrusion de l’eau salée dans la province de Tiên Giang (delta du Mékong). Photo: VNA

D’après le vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Nguyên Hoàng Hiêp, la salinisation réduit la quantité d’eau douce et affecte gravement la vie de la population locale. Les habitants des districts d’An Biên, An Minh et Kiên Luong de la province de Kiên Giang doivent notamment forer des puits de 90 m de profondeur pour obtenir de l’eau douce.

Affaissement des sols

Dans le delta du Mékong, les autorités locales et les experts ont également alerté sur l’affaissement des sols. En effet, du fait de l’intrusion de l’eau salée et de la baisse de la fréquence des crues, les nappes phréatiques pour l’irrigation des cultures et la vie quotidienne sont surexploitées.

Hoàng Van Bây, directeur du Département de la gestion des ressources en eau relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, a informé que la subsidence des sols du delta du Mékong était complexe. Les résultats des calculs menés par ledit ministère montrent qu’entre 2005 et 2017, seule 6% de la surface de la région était considérée comme stable tandis que 29% était touchée par un affaissement de moins de 5 cm, et 20% de 5 à 10 cm. En particulier, 8% de la surface a observé un affaissement de plus de 10 cm dans neuf ville et provinces. Le 1er quartier du chef-lieu de Bac Liêu de la province du même nom a connu une baisse de sol de 62,6 cm. La commune de Vinh Hai du chef-lieu de Vinh Châu de la province de Soc Trang, de 53,1 cm.

"L’an passé, le delta du Mékong recensait 562 points à risque dans les rives d’une longueur de 786 km. Ce phénomène se produit non seulement en saison des pluies mais également en saison sèche", a précisé Hoàng Van Bây. En particulier, Cà Mau et Bac Liêu partagent une zone à risque longue de 14 km. Environ 200 km de berges traversant les provinces de Soc Trang, Trà Vinh, Bên Tre et Tiên Giang se trouvent également en état d’urgence. 

"Cà Mau est la localité la plus touchée à la fois par l’eau salée et l’instabilité des sols", a  affirmé le président du Comité populaire provincial Nguyên Tiên Hai. En effet, "rien qu’entre fin 2015 et début 2016, l’intrusion saline a ravagé près de 53.000 ha de culture de riz et de crevettes. Plus de 43.000 ha de forêts de cajeputiers ont été complètement desséchées. Plus de 112 km de routes et de rives se sont effondrées. Une grande partie de la population pauvre a dû émigrer pour chercher du travail d’ailleurs", a-t-il précisé.

Mesures globales

Les experts signalent que sans mesures ni interventions, d’ici 2100, les remontées d’eau de mer pourraient inonder 40% des superficies de la région et influenceraient la vie de 55% des habitants, menaçant ainsi la sécurité alimentaire nationale. Selon le Professeur Nguyên Kim Dan, de l’Université Paris-Est, "afin de sauver le delta du Mékong, il est primordial de rechercher une solution globale pour atténuer de manière proactive les risques". Seront prioritaires les mesures respectueuses des conditions naturelles et de l’environnement de la région. Le Professeur ajoute que de nombreux scientifiques vietnamiens d’outre-mer et experts étrangers sont "prêts à contribuer aux recherches au service du développement durable" du delta du Mékong.

À long terme, le gouvernement a notamment décidé de passer à des cultures plus appropriées, de développer des plantes résistantes à la sécheresse et à l’intrusion saline, de poursuivre les recherches pour créer de nouvelles variétés ainsi que de renforcer les infrastructures techniques. Il a également appelé les pays riverains du Mékong à bien gérer les ressources en eau et les organisations internationales à financer des projets d’aide publique au développement.

Le delta du Mékong à l’épreuve du changement climatique ảnh 3En 2018, le delta du Mékong recensait 562 points à risque dans les rives d’une longueur de 786 km. Photo: VNA

Quant à la lutte contre l’affaissement des sols, le gouvernement la définit comme étant sa mission prioritaire dans les années à venir. L’an passé, en plus d’allouer un budget conforme au plan annuel pour la construction d’ouvrages de consolidation, il a versé 1.500 milliards de dôngs afin de traiter en urgence des lieux à haut risque situés dans les rives des 13 ville et provinces du delta du Mékong.

Avec le soutien de plusieurs organisations internationales, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural déploie 35 projets de traitement de l’érosion des rivières et des côtes du delta. Dans le même temps, il est demandé d’établir un ensemble de données sur les impacts de l’assèchement des eaux et l’affaissement des sols à l’échelle nationale, y compris la cartographie des lieux à haut risque du delta.

Espérons qu’avec ces mesures à court et à long termes, le delta du Mékong surmontera ses difficultés. Il devra tout miser sur le développement durable s’il veut gagner ce bras de fer qui l’oppose à la nouvelle donne climatique. – CVN/VNA

Voir plus

Le gouvernement a alloué l'équivalent de 268 millions de tonnes de CO₂ à 110 installations. Photo d'illustration: Dân trí

Le Vietnam expérimente des quotas d’émission de 268 millions de tonnes de CO₂

En vertu de la décision n°263/QD-TTg, les quotas d'émissions de gaz à effet de serre seront répartis entre 34 centrales thermiques, 25 usines sidérurgiques et 51 cimenteries. Ces secteurs sont essentiels à la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre et représentent une part importante des émissions nationales totales.

Photo : mae.gov.vn

Signature d’un projet pour renforcer la résilience des enfants face aux catastrophes et au climat

L’ambassade du Japon au Vietnam et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) au Vietnam ont conjointement organisé le 10 février, à Hanoi, la cérémonie de signature de l’échange de Notes relatif au projet intitulé « Renforcer la résilience des enfants face aux risques de catastrophes naturelles et au changement climatique par l’intégration de l’éducation à la réduction des risques de catastrophes au Vietnam ».

Les météorologues expliquent que la combinaison d'air froid intense, d'une forte humidité et de précipitations est le principal facteur qui rend cette vague de froid particulièrement désagréable, car le froid humide tend à faire baisser la température ressentie tout au long de la journée.

Une nouvelle vague de froid fait grelotter le Nord

Cette vague de froid est accompagnée de pluies persistantes et d’une forte humidité, intensifiant considérablement le froid et créant une sensation de froid intense et pénétrante sur de vastes régions, notamment dans les provinces montagneuses et de moyenne altitude du Nord.

L'activité orageuse et les dépressions tropicales touchant le Vietnam en 2026 devraient être bien inférieures à celles de 2025. Photo d’illustration : cafef.vn

La saison des tempêtes de 2026 devrait être moins intense qu’en 2025

D’après le Département de météorologie et d’hydrologie, les conditions météorologiques de 2026 devraient être globalement plus clémentes qu’en 2025, mais l’année comportera toujours des risques de phénomènes météorologiques dangereux et anormaux, notamment lors des transitions saisonnières.

Une zone de mangrove restaurée dans la commune de Vinh Hau, province de Ca Mau. Photo : VNA

Bouclier vert côtier : succès et défis du projet 2021-2030

Après cinq ans de mise en œuvre, le projet « Protection et développement des forêts des zones littorales en vue de faire face au changement climatique et de promouvoir la croissance verte pour la période 2021-2030 » a enregistré des résultats notables.

Le développement urbain axé sur la croissance verte et l’adaptation au changement climatique bénéficie de nombreuses incitations. Photo d’illustration: Vneconomy

Des incitations financières vertes pour les villes à croissance verte

Les projets répondant aux critères de croissance verte peuvent bénéficier de garanties de crédit de l’État pour accéder à des financements, de sources de capitaux préférentielles, ainsi que de politiques de remboursement, de déduction ou d’exonération fiscale ; ils sont en outre prioritaires dans l’attribution de foncier et peuvent bénéficier d’un appui à la formation des cadres chargés de la gestion urbaine.

Famille de langurs à croupion blanc au Centre de sauvetage des primates menacés. Photo : dantri.com.vn

De l’aire de halte au test de survie des primates au parc national de Cuc Phuong

Le Centre de sauvetage des primates en voie de disparition, situé au coeur du parc national de Cuc Phuong, dans la province de Ninh Binh (Nord), constitue un « havre sûr » où les primates peuvent se rétablir sur le plan physique et comportemental, avant d’affronter une véritable épreuve de survie en vue de leur réintroduction en milieu naturel.

Dans le Nord, il faudra s’habiller chaudement pour fêter l’arrivée du Nouvel An lunaire. Photo : VTC

Le froid sera de la partie pour l’arrivée du Nouvel An lunaire

Les météorologues indiquent que l’activité de l’air froid cette saison devrait être moins forte que la moyenne à long terme, mais de courtes périodes de grand froid pourraient tout de même survenir dans le Nord et le Centre-Nord du pays, accompagnées possiblement de gel et de verglas en haute montagne.

Une série de vagues de froid devrait toucher le Nord et le Centre-Nord d'ici aux vacances du Nouvel An lunaire (du 14 au 22 février). Photo : VietnamPlus

Le froid joue les prolongations dans le Nord avant le Nouvel An lunaire

Les vagues de froid sont généralement d’intensité faible à modérée, apporteront de faibles pluies, de la bruine et des nuits plus froides, les zones montagneuses étant exposées à un risque de froid intense, rendant potentiellement les fêtes de fin d’année plus froides que ces dernières années.

Le Vietnam va exploiter son marché de crédits carbone à titre expérimental sans aucune vente à l'étranger ainsi que la réglementation sur les échanges de crédits avec les marchés régional et mondial. Photo: vneconomy.vn

Le Vietnam met en place une bourse nationale du carbone

Le décret n°29/2026/ND-CP, daté du 19 janvier 2026, réglemente les activités liées à la plateforme nationale d’échange de quotas d’émission de carbone, telles que l’enregistrement, le codage national, le transfert de propriété, la conservation, la négociation et le règlement des quotas d’émission de gaz à effet de serre (GES) et des crédits carbone éligibles.