Hanoi, 9 mars (VNA) – Un an après le retrait brutal des Etats-Unis de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP), onze pays de l’Asie-Pacifique restants, dont le Vietnam, ont signé le 8 mars dans la capitale chilienne Santiago un nouvel accord pour abolir les barrières tarifaires dans la région.
 
L’accord prévoit une levée des barrières douanières et des barrières non tarifaires, comme la mise en place de normes communes dans plusieurs secteurs d’activité, entre ces onze pays rassemblant près de 500 millions de personnes. Photo : VNA

En offrant un accès intégral aux marchés, en garantissant la libre circulation des marchandises, services, capitaux et technologies à travers les engagements à réduire les barrières tarifaires et à faciliter le commerce et l’investissement, le nouvel texte baptisé Accord global et progressif de partenariat transpacifique (CPTPP) représente une nouvelle vision pour le commerce mondial.

Le nouvel accord réduit drastiquement les tarifs et instaure de nouvelles règles commerciales radicales sur les marchés qui rassemblent près de 500 millions d’habitants et représentent un PIB d’environ 10.000 milliards de dollars, soit  13,5% du PIB mondial. Une fois signé, l’accord entrera en vigueur soixante jours après sa ratification par au moins six des onze pays.

La signature officielle du CPTPP devrait générer des gains économiques et sociaux par la création de nouvelles opportunités pour les travailleurs et les entreprises, contribuer à améliorer le niveau de vie et les avantages pour les consommateurs, réduire la pauvreté et promouvoir une croissance durable, resserrer l’amitié et la coopération entre les gouvernements et les peuples des pays signataires.

Selon le ministre japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, Toshimitsu Motegi, le CPTPP est une réalisation historique qui contribue à créer des règles libres et équitables au XXIe siècle dans la région Asie-Pacifique. Ce pacte donne non seulement des avantages aux pays membres mais aussi un nouvel élan à la coopération et à la connexion économiques dans la région.

Les membres membres disposent désormais d’un outil efficace pour  promouvoir la coopération et l’intégration régionales. Les efforts visant à relancer le Partenariat transpacifique, qui ont abouti à un traité riche en potentiel, ont offert aux économies de la région Asie-Pacifique de grandes possibilités de continuer à diriger la croissance mondiale.

Les pays signataires ont salué l’accord comme un message clair de soutien au libre-échange et au multilatéralisme. La présidente chilienne Michelle Bachelet a déclaré que le CPTPP est un engagement en matière d’intégration et un signal clair contre le protectionnisme, un modèle de coopération multilatérale ambitieuse et stratégique dans un monde globalisé. 

La signature de cet accord est un message politique fort de la région Asie-Pacifique au reste du monde, a souligné le ministre chilien des Affaires étrangères Heraldo Muñoz, indiquant que le commerce international est bel est bien vivant, contrairement à ce que certains pensent. Son homologue canadien François-Philippe Champagne s’est dit  très fier de montrer au monde que le commerce progressiste est le chemin à suivre.

Difficile, toutefois, de négliger le coup dur qu’a représenté le départ des Etats-Unis : le nouveau texte ne porte que sur 15,2% contre environ 26,6% du commerce mondial, dont 11,4% en provenance du commerce intra-bloc contre 2,3%.  
 
L’élimination des barrières tarifaires conduira à une concurrence accrue entre les pays membres, forçant les pays membres en général et les entreprises en particulier à opérer des transformations et restructurations conformément aux pratiques internationales, sous peine de faillite de leurs propres entreprises, de perte d’emplois et d’augmentation de l’écart entre les riches et les pauvres augmente. 
 
En outre, la mise en œuvre des dispositions de l’accord n’est pas une mince affaire, notamment dans un contexte de la montée du protectionniste et du populisme dans de nombreuses régions dans le monde.
 
Afin de surmonter les difficultés, de maintenir et de maximiser l’efficacité du CPTPP, les pays membres devraient bien profiter des possibilités d’exploitation des marchés et prendre des initiatives pour mettre en œuvre les engagements d’intégration, mettre en place un environnement du commerce et de l’investissement favorable et faire de la concurrence un moteur de l’innovation et du développement. – VNA