Le buffle dans la vie culturelle et spirituelle des Vietnamiens

Au Vietnam, un pays encore rural, le buffle est toujours considéré comme un compagnon inséparable des paysans.

Hanoi, 13 février (VNA) - Au Vietnam, un pays encore rural, le buffle est toujours considéré comme un compagnon inséparable des paysans. Sa représentation, omniprésente dans la vie des Vietnamiens, fait partie des fêtes et des processions diverses.

La fête Xuân Nguu

Le buffle dans la vie culturelle et spirituelle des Vietnamiens ảnh 1La statue de buffle en terre et le génie Câu Mang.  Photo : CTV/CVN


Le buffle a toujours été un bien et un compagnon des paysans vietnamiens. Sa vitalité était placée entre les mains du berger qui devait prendre grand soin de son animal. Ainsi, l’association de la procession du buffle et du culte du génie Câu Mang encourageait l’élevage et l’agriculture. La fête Xuân Nguu, imprégnée de culture paysanne, reste un rituel folklorique organisé par les autorités. Généralement, cette coutume était pratiquée le jour du commencement du printemps par le ministère de l’Intérieur obéissant à l’ordre du roi à la cour ou des mandarins locaux dans les localités.

La fête Tich Diên ou la fête des labours

La fête Tich Diên a lieu chaque année du 5e au 7e jour du premier mois lunaire dans la commune de Tiên Son, district de Duy Tiên, province de Hà Nam à 60 km au sud de Hanoï. Cette fête, d’une grande valeur culturelle, encourage l’agriculture et reflète la gratitude envers les ancêtres dans l’exploration et l’agrandissement des champs.

Le buffle dans la vie culturelle et spirituelle des Vietnamiens ảnh 2La fête Tich Diên a lieu chaque année du 5e au 7e jour du 1er mois lunaire dans la province de Hà Nam, à 60 km au sud de Hanoï.  Photo : VNA

Selon les annales historiques, le roi Lê Dai Hành (980-1005) descendit au printemps 987 dans une parcelle de rizière au pied de la montagne de Doi Son, dans la province de Hà Nam, pour tracer avec une charrue les premiers sillons afin de s’assurer de la fécondité de la terre et des bonnes récoltes pour toute l’année.

En effectuant ce geste hautement symbolique de labour de la terre, il entendait attirer les faveurs du Ciel sur son peuple. Après une période d’oubli, cette fête a été restaurée et est désormais organisée chaque année à Hà Nam. Elle vise à encourager les paysans à cultiver le riz et à  développer l’agriculture.  Il existe maintenant un champ réservé à ce rituel. Le buffle, quant à lui, doit être nourri selon un régime spécifique.

La fête comprend des activités culturelles avec une cérémonie d’offrande d’encens, une procession du palanquin de la tablette sacrée dédiée au culte de l’empereur Lê Dai Hành, des danses du dragon et des jeux traditionnels. Puis, un vénérable notable tient le rôle de cet empereur et descend dans le champ pour labourer la terre, lançant ainsi les cérémonies de la fête Tich Diên. Ensuite, les dirigeants du pays sillonnent à leur tour le champ.

Un concours de peinture de buffles est aussi organisé. Des dizaines de bêtes sont vêtues de dessins amusants attirant beaucoup l’attention des gens et des visiteurs.

La fête du buffle

Le buffle dans la vie culturelle et spirituelle des Vietnamiens ảnh 3Le propriétaire fait une prière devant l’écurie pour invoquer paix et santé.

Photo : VNA



La fête du buffle est organisée dans certaines zones rurales comme Hoang Hoa et Nga Son de la province de Thanh Hoa, ou Vinh Linh dans la province de Quang Tri, au Centre.

Quelques jours avant le Têt traditionnel, l’herbe jeune est récoltée et la paille récupérée et séchée pour récompenser le buffle à l’occasion du Nouvel An. Dans l’après-midi du 30 décembre lunaire, le buffle est lavé, l’écurie récurée, l’auge pleine d’herbe, de maïs, de paille : les plats préférés du buffle. Le matin du premier jour de la Nouvelle Année, une amulette est collée sur le front du buffle pour faire fuir les mauvais esprits et tourner la page des mauvaises fortunes de l’année écoulée. Une petite table est placée devant l’écurie avec des offrandes telles que du bánh chung (gâteau de riz gluant carré), bánh tét (gâteau de riz gluant sous forme de cylindre), du poulet, du vin…

Le propriétaire se met sur son trente-et-un, prie devant l’écurie pour la paix et la santé. Les offrandes seront ensuite données au buffle.

La fête des combats de buffles

Le buffle dans la vie culturelle et spirituelle des Vietnamiens ảnh 4La fête des combats de buffles est une particularité culturelle de la ville portuaire de Hai Phong (Nord).

Photo : VNA


En évoquant le buffle dans les fêtes, on ne peut passer à côté de la fête des combats de buffles à Dô Son dans la ville de Hai Phong, au Nord. Apparue au XVIIIe siècle, la fête,  organisée le 8e jour du 8e mois lunaire, rend hommage à Diêm Tuoc, le génie des eaux qui apporte aux villageois la prospérité et le bonheur. Les habitants viennent même de très loin pour assister à cette journée très spéciale.

Tombés dans l’oubli pendant une longue période, les combats de buffles ont été remis à l’homeur officiellement en 1990 par le Comité populaire de l’arrondissement de Dô Son de Hai Phong.

Les animaux sélectionnés pour participer à la course sont amenés à Dô Son pour suivre un entraînement intensif pendant six mois. Ils doivent ensuite participer aux éliminatoires qui ont lieu le 8e jour du 6e mois lunaire. Seuls les 16 meilleurs participeront à la finale.

La cérémonie se déroule à la maison communale de Dô Son. Elle débute par la danse aux drapeaux : de jeunes garçons se divisent en deux rangs représentant deux armées et manipulent des drapeaux au rythme des tambours de combat.

À l’issue des combats, le vainqueur et les perdants finiront sacrifiés aux génies et distribués à la population en signe de "partage du bonheur". Le sacrifice des buffles constitue la cérémonie principale de la fête. Il est censé apporter la paix et la prospérité. Pour cette raison, les éleveurs accordent beaucoup de soins à leurs bêtes et les considèrent comme des membres à part entière de leur famille.

Depuis son retour, l’événement conserve toujours ses valeurs traditionnelles et est devenu un produit touristique connu et apprécié de la ville de Hai Phong. En 2000, elle faisait partie des 15 plus grandes fêtes nationales. En 2013, la fête des combats de buffles de Dô Son a été reconnue par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme en tant que patrimoine culturel immatériel du Vietnam.- CVN/VNA

source

Voir plus

La fête du nouveau riz de l’ethnie Muong. Photo. VNA

Cinq nouveaux patrimoines culturels immatériels nationaux reconnus au Vietnam

Le savoir-faire lié à la culture et à la transformation du longane de Hung Yen, la fête du nouveau riz de l’ethnie Muong, le mariage traditionnel de l’ethnie Muongprovince de Ninh Binh, le savoir-faire relatif à la préparation des plats à base d'anguilles à Nghe An, la fête du temple de Mai Bang, quartier de Cua Lo, province de Nghe An sont les cinq nouveaux patrimoines culturels immatériels nationaux récemment reconnus par le ministère vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Cérémonie de demande en mariage de l'ethnie Jrai à Gia Lai

Cérémonie de demande en mariage de l'ethnie Jrai à Gia Lai

La cérémonie traditionnelle de demande en mariage (fiançailles) de l’ethnie Jrai a été reconstituée dans le village d’Op, à Gia Lai, reproduisant fidèlement les rituels caractéristiques de la vie matrimoniale des Jrai au sein d’une société matriarcale.

"Love in Vietnam" est la première coproduction cinématographique entre le Vietnam et l’Inde depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays il y a 75 ans. Photo: NDEL

"Love in Vietnam" sert de pont entre les cultures à l’écran

Une romance interculturelle captivante se déroulant dans les paysages et les villes du Vietnam, la coproduction vietnamo-indienne "Love in Vietnam" se positionne à la fois comme un film populaire et une vitrine du soft power vietnamien, visant à rehausser l’image du pays à l’international tout en suscitant l’intérêt pour son tourisme, sa culture et son peuple.

L’ouvrage bilingue vietnamien-anglais «Le Vietnam vu de la mer» vient de paraître aux éditions de la Maison d’édition Politique nationale-Vérité.

"Le Vietnam vu de la mer" offre un portrait saisissant des mers et des îles

Bien plus qu’une simple description de paysages, cette publication bilingue vietnamien-anglais constitue également un précieux ouvrage de référence, permettant aux lecteurs d’appréhender les mers et les îles comme un espace historique, culturel et de développement. Ce faisant, elle suscite l’attachement, l’appréciation et l’amour pour les mers et les îles de la patrie.

Le sélectionneur Kim Sang-sik lors de la conférence de presse. Photo: VFF

Le Vietnam prêt à viser les quarts de finale de la Coupe d’Asie AFC U23 2026

Conscient de la difficulté du défi à venir, le sélectionneur sud-coréen Kim Sang-sik s’est dit confiant quant à la condition physique, au mental et à la préparation générale des joueurs, affirmant qu’il était convaincu que l’équipe le démontrerait sur le terrain et que tout se déroulerait bien.

L'héritage de Phu Long : l'art ancestral des nouilles de riz

L'héritage de Phu Long : l'art ancestral des nouilles de riz

Au cœur du quartier de Ham Thang, dans la province de Lam Dong, la fabrication artisanale des nouilles de riz de Phu Long perpétue un héritage ancestral. Ici, le riz n'est pas qu'un simple ingrédient ; il est le support d'un savoir-faire d'exception. La singularité de ces nouilles réside dans un rituel immuable : le trempage nocturne du grain, le broyage millimétré, puis la cuisson à la vapeur sur des plateaux de bambou tressé. Du pressage des filaments jusqu'au séchage final, chaque geste est empreint de patience et de dévouement. C'est une œuvre de précision, transmise de génération en génération, où la main de l'artisan et son regard aguerri donnent vie à une émotion culinaire unique.

Le Train du Café de Da Lat offre des paysages enchanteurs et des récits culturels, le tout accompagné d’un arôme persistant de café vietnamien. Photo : internet

Voyage en train : nostalgie et café vietnamien

Sous la fraîcheur de fin d’année, la gare historique de Da Lat — autrefois joyau de l’Indochine — invite à une escale sensorielle inédite. Entre patrimoine architectural et effluves de café local, les visiteurs savourent désormais une immersion au cœur de l’art de vivre vietnamien, au rythme nostalgique des rails.