Le bouddhisme dans la vie spirituelle des Vietnamiens

Des sons de cloche s’égrènent doucement dans des volutes bleutées d’encens qui ondoient dans l’air frais matinal. Trân Lan Anh, 35 ans, flâne autour de cette pagode au cœur de Hanoi. La quiétude du lieu invite les gens au repos, loin de la vie mouvementée et des soucis du quotidien.
Des sons de cloches’égrènent doucement dans des volutes bleutées d’encens qui ondoientdans l’air frais matinal. Trân Lan Anh, 35 ans, flâne autour de cettepagode au cœur de Hanoi. La quiétude du lieu invite les gens au repos,loin de la vie mouvementée et des soucis du quotidien.

"Mariée, j’accompagne souvent ma belle-mère qui vient faire sesprières à Bouddha à la pagode le premier et le 15e jour du mois", aexpliqué la jeune femme qui ne se rendait jamais auparavant dans ceslieux de culte.

"Au fur et à mesure, ça devient unehabitude. Et maintenant, à ces occasions, je prépare fleurs et encens etviens à la pagode prier pour la santé, la chance et la prospérité desmembres de ma famille", a-t-elle encore confié.

Laforte affluence dans des milliers de pagodes du pays estparticulièrement sensible lors du printemps, la saison des voyagesspirituels. Les Vietnamiens s’y rendent pour brûler des bâtonnetsd'encens et prier pour la paix, le bonheur et la chance pour toutel’année.

Des millions de Vietnamiens, bien qu'ilsne fréquentent par régulièrement les pagodes, ont pris refuge dansl’Éveillé. Certains nouveaux nés sont ''vendus'' à Bouddha juste un moisaprès leur naissance car les Vietnamiens pensent que ce simulacre devente leur apportera une bonne santé. Les morts ont aussi leur portraitplacé sur les autels car par ce geste, leur âme ne sera plus errante ettrouvera un refuge dans les pagodes.

Ainsi, lebouddhisme s’est implanté profondément dans la vie et la culture desVietnamiens pour atteindre son appogée sous la dynastie des Ly(1009-1224) et des Trân (1225-1400), les deux dynasties féodales lesplus stables dans l’histoire vietnamienne, et pour devenir une religionnationale jusqu’à ce jour. Le pays recense plus de 10 millionns de personnes qui sont allésen refuge dans le Bouddha, le Dharma et la Sangha; 45.000 bonzes etbonzesses, et 14.775 pagodes, monastères, instituts du bouddhisme...

Le Concile de réunification du bouddhisme est organisé le 14 novembre1981 à Hanoi en présence de 126 représentants des sectes et courantsbouddhiques vietnamiens. L’Eglise bouddhique du Vietnam (EBV) est ainsifondée, adoptant comme principe : bouddhisme – nation – socialisme.

Au Vietnam, le bouddhisme et les croyances populaires sont intimementimbriquées. Ainsi, il est dans la tradition des Vietnamiens de faire leculte des génies dans les pagodons et des Déesses Mères dans destemples. Les quatre génies les plus vénérés au Vietnam sont ceux quireprésentent les Nuages (Phât Phap Van), la Pluie (Phât Phap Vu), leTonnerre (Phât Phap Lôi) et les Éclairs (Phât Phap Diên).

Il existe aussi des pagodes dites ''mixtes'' dédiées à la fois auculte de Bouddha et des génies ou au culte de Bouddha et des DéessesMères. Parfois, dans une même pagode sont vénérés des génies, dessaintes, des Déesses Mères et des héros nationaux !

Le bouddhisme vietnamien comprend trois sectes principales que sont leThiên Tông (Dhy a na), le Tinh Dô Tông (Terre pure) et le MâtTông ( Vajrayana )", a fait savoir le bonze supérieur Thich MinhThanh, gérant de l’ancienne pagode Thang Nghiêm dans la commune de CuKhe, district Thanh Oai, à 15 km du centre-ville de Hanoi.

" La première secte met l’accent sur la méditation au cours delaquelle toute préoccupation mentale et mauvaises pensées doivent êtreéloignées. La deuxième prêche l’indulgence, étudie le Dharma et réciterégulièrement des textes dédiés au Bouddha A Di Da. Et la troisième,d’essence mystique, a recours aux sortilèges pour trouver le Salut ",a-t-il expliqué.

Le Mât Tông se divise en deuxordres: le Tây Mât, d’influence indienne, et le Dông Mât, de caractèrevietnamien. Leur processus vers l’Éveil présente peu de différences.Citons aussi la secte zen Truc Lâm (Forêt de Bambou), très connue auVietnam, fondée par le roi Trân Nhân Tông (1258-1308).

Vieille de 2.000 ans, la pagode Thang Nghiêm, berceau de troisstratèges de différentes dynasties et où le héros national Trân QuôcTuân (1232-1300) avait passé 13 années d’enfance, enseigne chaque samedila doctrine bouddhique, organise des activités comme libérationd’oiseaux, lâcher de poissons, médecine traditionnelle.

Le bonze supérieur Thich Minh Thanh qui a mis en relief le rôle de lapropagation de la foi dans le développement du bouddhisme, a estimé quecelui qui s’en occupe "n’a pas peur de la pauvreté, refuse la viefastueuse et veille sans cesse à la pureté du cœur et à la sérénité deson âme" . – AVI


(Prochain article : Non-catholiques et catholiques édifient la nouvelle ruralité)
Le culte des quatre immortels, une croyance particulière des Vietnamiens

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