Cân Tho, 26 novembre (VNA) - Dans le Sud, le “banh tet” ne saurait être absent parmi les plats du Têt (Nouvelle année lunaire). Il fait partie des us et coutumes de cette région depuis des centaines d’années.

L’artisan Huynh Thi Trong initie un membre de sa famille à la confection de banh tet lá cẩm. Photo: VNP
A l’instar du “banh chung” (gâteau salé de riz gluant enveloppé dans des feuilles de latanier ou de bananier lui conférant une certaine couleur verte) au Nord, le “banh tet” est aussi fait à partir de riz gluant mais arbore une forme cylindrique, symbole du Ciel et de la fécondité.   

Le “banh tet” a une prononciation presque similaire à celle du Têt, le Nouvel an lunaire. Voilà pourquoi son nom est étroitement associé au Têt et qu’il est obligatoirement présent sur les nattes durant les trois premiers jours de l’année lunaire au Sud.

Doté des mêmes ingrédients que le “banh chung”, il est souvent agrémenté d’oignons, d’épices ou de jus de coco, selon le goût des convives. Il existe aussi une version sucrée à base de bananes et une autre sans viande, que l’on peut trouver à Tiên Giang ou Bên Tre... A Cân Tho, il existe aussi une sorte de “banh tet” confectionnée à partir des feuilles de peristrophe roxburghiana (lá cẩm), le “banh tet lá cẩm”, qui lui donne une couleur violette.

Un “banh tet” comprend riz gluant, haricot mungo, lait de coco,  gras de cochon, œufs salés… Le riz gluant doit absolument être de bonne qualité, les feuilles de “lá cẩm” doivent bien être lavées, et bouilles dans l’eau. Puis on les retire de l’eau et on immerge le riz gluant pendant une heure.

Le riz gluant est mélangé avec du lait de coco, du sel et du sucre puis emballé dans des feuilles de bananier. Bouillir les “banh tet” est l’étape qui décide de sa saveur. Le “banh tet” est cuit au feu de bois de 4 à 5 heures.  Ensuite, on le coupe  en tranches.

La farce du banh tet dégage une odeur alléchante. Photo: VNP
La créatrice du “banh tet lá cẩm” est Mme Huynh Thi Trong, âgée de 87 ans, qui habite dans la commune d’An Thoi, arrondissement de Binh Thuy. “Autrefois, ma famille vendait du riz gluant cuit à la vapeur. Un jour, j’ai immergé des feuilles de +lá cẩm+ avec du riz gluant et puis lorsque j’ai cuisiné le riz gluant, il a tourné violet et est devenu  savoureux”, a-t-elle confié. Et il y en a pour tous les goûts: elle propose quatre sortes de “banh tet”:  aux œufs salées, aux bananes, aux haricots mungos sucrés et aux haricots mungos et gras de porc.

Les touristes venant à Cân Tho en rafflolent. Ils achètent cette spécialité comme cadeau pour leurs proches voire même ceux habitant à l’étranger afin qu’ils puissent déguster ce plat pour le Têt. Les “banh tet” sont également écoulés à Hô Chi Minh-Ville, dans les provinces de Binh Duong, Dông Nai (Sud), voire aux Etats-Unis et en Australie.

Le métier de confectionner des “banh tet” se développe et de nouvelles fabriques sont nées : celles de Ut Be, Tai Hoa, Tu Dep, Chin Cam, Minh Tan réalisent chaque jour de grosses commandes. La boutique de Huynh Thi Trong en vend au moins une centaine chaque jour, voire un millier le week-end, lors des festivités ou pendant les jours du Têt traditionnel. – VNP/VNA