L’agriculture durable et la sécurité alimentaire - une des priorités dans la coopération de l'APEC

La sécurité alimentaire est toujours l’un des problèmes les plus urgents auxquels font face non seulement le Vietnam, mais aussi l’Asie-Pacifique et le monde entier. Chaque pays doit répondre à l’offre ali
L’agriculture durable et la sécurité alimentaire - une des priorités dans la coopération de l'APEC ảnh 1L’APEC a fait de la sécurité alimentaire l’une de ses priorités. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - La sécurité alimentaire est toujours l’un des problèmes les plus urgents auxquels font face non seulement le Vietnam, mais aussi l’Asie-Pacifique et le monde entier. Chaque pays doit répondre à l’offre alimentaire vivrière de sa nation afin que personne n’ait faim mais aussi que les agriculteurs ne vivent pas sous le seuil de pauvreté.

Garantir la sécurité alimentaire exige les efforts des nations elles-mêmes, tout en coordonnant l’action entre les pays pour résoudre les problèmes de sécurité alimentaire.

La sécurité alimentaire, un thème essentiel pour l’APEC

Avec la convergence de 21 économies membres qui représentent actuellement 39% de la population, 57% du PIB et 49% du commerce mondial, l’APEC est non seulement un forum réunissant quelques-unes des premières économies mondiales, mais aussi le plus grand forum de coopération économique Asie-Pacifique. Il a des impacts et des influences profondes sur tous les aspects des économies membres, y compris la sécurité alimentaire et l’agriculture durable.

Actuellement, les 21 économies qui la composent sont des producteurs majeurs et des exportateurs de premier rang au niveau mondial de produits agricoles et alimentaires. Selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les économies membres de l’APEC produisent environ 1,348 milliard de tonnes de céréales, ce qui représente 60% du volume mondial. Dont 409,5 millions de tonnes de riz représentant 82% de la production mondiale de riz. De nombreuses économies membres de l’APEC font partie des premiers exportateurs mondiaux de riz, tels que les États-Unis, la Thaïlande et le Vietnam. Cependant, les différences en termes de capacité de production, de ressources humaines et de technologies restent des obstacles au développement de la chaîne de la production régionale.

L’Asie-Pacifique est la région la plus durement touchée par les catastrophes naturelles dans le monde. Parallèlement à cela, les impacts des changements climatiques se produisent très rapidement et dépassent les prévisions. D’où l’urgence de  trouver des solutions fondamentales aux questions de sécurité alimentaire et de développer une agriculture capable de résister aux intempéries.

Depuis 1998, au Vietnam, grâce à sa politique d’innovation agricole, sa production agricole, qui répond au besoin en vivres de ses 92 millions d’habitants, est en partie exportée vers l’étranger. Cependant, les reliefs représentent les trois quarts du territoire vietnamien et le Vietnam est également l’un des cinq pays les plus touchés par le dérèglement du climat. Ce qui explique que le développement de l’agriculture durable pour assurer la sécurité alimentaire reste encore un problème difficile pour le Vietnam.

Le delta du Mékong - où a eu lieu la Semaine de la sécurité alimentaire de l’APEC en août dernier - est également un lieu  témoignant clairement des liens entre sécurité alimentaire, agriculture durable et changements climatiques.

Ce delta représente 90% des exportations de riz du Vietnam vers plus de 150 pays. Ces dernières années, cette région a été gravement touchée par les conséquences imputables aux changements climatiques. Et actuellement, la région connaît sa sécheresse la plus grave depuis près d’un siècle, avec en plus le phénomène d’intrusion saline. Cela menace directement la vie de 20 millions d’habitants de la région et influence indirectement des centaines de millions de consommateurs à travers le monde.

C’est la raison pour laquelle la sécurité alimentaire et la promotion de l’agriculture durable adaptée aux changements climatiques sont devenues l’un des quatre sujets prioritaires de l’Année de l'APEC 2017 au Vietnam.

Action conjointe pour la sécurité alimentaire

Depuis 2010, l’APEC a souligné l’importance de la sécurité alimentaire. La première réunion ministérielle de l’APEC sur la sécurité alimentaire, tenue à Niigata (Japon) en octobre 2010, a adopté la «Déclaration de Niigata sur l’assurance de la sécurité alimentaire de l'APEC» et «Plan d’action de l’APEC pour la sécurité alimentaire».

La Déclaration de Niigata s’est fixé le double objectif commun : développer l’agriculture de façon durable et faciliter l’investissement, le commerce et les fonctions du marché. Les membres de l’APEC devraient travailler ensemble pour faciliter l’amélioration du commerce dans le secteur agricole, maintenir des marchés crédibles, améliorer l’environnement du commerce et assurer la sécurité alimentaire dans la région, promouvoir l’investissement dans le secteur agricole, accélérer le transfert technologique et protéger le droit d’auteur. Le Plan d’action sur la sécurité alimentaire a proposé des mesures pour atteindre les objectifs de la Déclaration de Niigata : le renforcement de la capacité de fourniture de vivres des économies membres de l’APEC par le biais de la coopération dans et hors du forum, la garantie de la fourniture de vivres dans les cas d’urgence, l’établissement d’une plate-forme d’informations pour fournir aux membres des informations en matière d’agriculture et de vivres.

Il s’agit du premier plan d’action global de l’APEC visant à promouvoir l’assurance de la sécurité alimentaire durable dans la région.

Après le succès de la première réunion ministérielle de l’APEC sur la sécurité alimentaire (AMMFS) à Niigata, les ministres de l’APEC se sont réunis tous les deux ans. À chaque réunion, ils ont adopté de nouveaux Plans d’action sur la sécurité alimentaire.

En 2011, l’APEC a établi le Partenariat politique sur la sécurité alimentaire (PPFS) afin de renforcer la coordination entre le Conseil consultatif des entreprises de l’APEC (ABAC), le secteur privé et les autres parties prenantes visant à assurer plus efficacement la sécurité alimentaire régionale.

D’autre part, un certain nombre de comités et groupes de travail de l’APEC se réunissent régulièrement pour discuter de sujets liés à la sécurité alimentaire, tels que le Comité du commerce et de l’investissement (CTI) et les sous-comités comprenant le forum de coopération en matière de sécurité des aliments (FSCF), le groupe de travail sur la coopération technique agricole (ATCWG), le groupe de travail sur les océans et la pêche (OFWG) et le groupe de travail sur le dialogue de haut niveau sur les politiques de biotechnologie agricole (HPLDAB).

La sécurité alimentaire a fait l’objet du 20e Sommet de l’APEC, tenu en septembre 2012 à Vladivostok, en Russie. C’était la première fois où la sécurité alimentaire était le thème central à l’APEC. Sous le thème «Liaison pour la croissance, innovation pour la prospérité», les représentants des économies membres de l’entité ont exprimé, après deux jours de travail, leurs préoccupations à propos de la situation de l’économie mondiale et de la sécurité alimentaire, du développement du protectionnisme, de la «croissance verte» et du renforcement des négociations de Doha.

Bien que la sécheresse ait gravement affecté l’agriculture américaine et russe, deux gros pays exportateurs de blé, ces deux nations n’ont promis aucune restriction en vertu de l’exportation de produits agro-alimentaires en soulignant l’importance de l’ouverture du marché pour garantir un approvisionnement alimentaire fiable.

Au Sommet de l’APEC 2014 en Chine, les hauts dirigeants de l’APEC ont approuvé la Feuille de route sur la sécurité alimentaire à l’horizon 2020. Elle a fixé un objectif à long terme portant sur l’établissement d’un système alimentaire régional qui soit suffisant pour garantir la sécurité alimentaire durable des économies membres, améliorer la productivité ainsi que fournir une nourriture saine à un prix abordable au profit des personnes à bas revenus.

APEC 2017 : la sécurité alimentaire et l’agriculture durable

Ces dernières années, les économies membres de l’entité ont proposé et mis en œuvre de nombreuses initiatives relatives à la sécurité alimentaire. Les dernières initiatives, proposées par le Vietnam à l’APEC 2017, devraient entraîner de nouveaux progrès dans la lutte contre ce problème.

Le Vietnam espère que l’APEC 2017 atteindra de grands succès dans tous les domaines, notamment dans la sécurité alimentaire et l’agriculture durable. Lors de la Semaine sur la sécurité alimentaire de l’APEC tenue fin août à Cân Tho (delta du Mékong), des contenus importants ont été discutés.

Par l’intermédiaire de cet événement, le Vietnam a fait part de deux messages. Premièrement, la sécurité alimentaire est un enjeu mondial, surtout dans le contexte des changements climatiques dans la région Asie-Pacifique. Voilà pourquoi tous les pays de la région doivent s’efforcer de réaliser des solutions globales pour assurer la sécurité alimentaire de la population de toute la région.

Le deuxième message est la nécessité d’appliquer les progrès scientifiques et technologiques, en privilégiant les politiques qui visent à attirer les investissements de la société ainsi que les ressources de l’État pour résoudre les problèmes actuels.

Le vice-Premier ministre vietnamien, Trinh Dinh Dung, a appelé les économies membres de la Coopération économique Asie-Pacifique à coopérer et à se prêter soutien dans l’instauration et le développement d’une agriculture verte et durable en réponse aux changements climatiques, lors de la séance d'ouverture du Dialogue de haut niveau sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable adaptée au changement climatique, le 25 août à Cân Tho (delta du Mékong).

Le gouvernement vietnamien fait attention à la coopération dans le cadre de l’APEC et s’engage à se coordonner avec les autres économies membres et des partenaires de développement pour assurer la sécurité alimentaire, la paix, la stabilité, le développement durable et la prospérité dans la région.

D’autres problèmes d’actualité

Lors de cette semaine, les représentants des 21 économies membres ont partagé leurs points de vue sur l’utilisation des informations météorologiques dans la production agricole, le développement rural, les liens entre zones rurales et urbaines, les questions économiques rurales et le développement de leurs ressources humaines.

D’autres problèmes d’actualité ont été également discutés durant les séances de discussion tels que la promotion du développement des chaînes de valeur alimentaire au sein de l’APEC, les mesures contribuant à accroître la valeur des produits, à distribuer équitablement les bénéfices à tous les acteurs de la chaîne de valeur, notamment aux agriculteurs. Le développement de la chaîne de valeur alimentaire permet d’ouvrir la voie à des millions de ménages  pauvres dans les économies membres  en développement de la région afin qu’ils puissent  sortir de la pauvreté.

En outre, l’agriculture intelligente face aux changements climatiques et la politique de sécurité alimentaire et de croissance durable sont également des sujets bien couverts et partagés par les représentants  des  économies membres de l’APEC.

Le Dialogue politique de haut niveau sur la sécurité alimentaire et sur une agriculture durable adaptée aux changements climatiques est l’un des moments les plus attendus de la Semaine de la sécurité alimentaire de l’APEC 2017. Les députés représentant les 21 économies membres de l’APEC ont adopté le Plan d’action de mise en œuvre du programme de l’APEC sur la sécurité alimentaire et les changements climatiques, le Plan d’action pour la mise en œuvre du cadre stratégique de l’APEC pour un développement rural et urbain durable en vue d’assurer la sécurité alimentaire et une croissance de qualité, et la Déclaration de Cân Tho sur la promotion de la sécurité alimentaire et de l’agriculture durable en réponse aux changements climatiques.

Dans le Plan d’action de mise en œuvre du programme de l’APEC sur la sécurité alimentaire et les changements climatiques, les participants ont adopté la Feuille de route sur la sécurité alimentaire et les objectifs de Bogor à l’horizon 2020. En outre, le plan vise également à renforcer la coordination régionale pour relever les défis sur la sécurité alimentaire, le développement de l’économie agricole et l’adaptation aux changements climatiques et l’épargne de vivres.

À propos du Plan d’action pour la mise en œuvre du cadre stratégique de l’APEC pour un développement rural et urbain durable en vue d’assurer la sécurité alimentaire et une croissance de qualité, les délégués ont convenu quatre objectifs communs : le développement rural et urbain avec un lien plus étroit avec les régions reculées, la gestion durable des ressources naturelles, la valorisation du rôle de la communauté et des entreprises via le modèle de partenariat public-privé et la connectivité avec les programmes régionaux. Toutes les actions sont volontaires et non contraignantes, elles sont proposées par chaque économie membre en se basant sur les priorités nationales et les disponibilités budgétaires. Et chacune doit s’engager à mettre à jour le rythme de la réalisation du plan d’action.

La Déclaration de Cân Tho

La Déclaration de Cân Tho sur la promotion de la sécurité alimentaire et de l’agriculture durable est un des résultats notoires de la Semaine de la sécurité alimentaire de l’APEC. La Déclaration souligne que la sécurité alimentaire est un problème important pour la communauté internationale en général et la région de l’APEC en particulier, tout en affirmant le rôle important de l’APEC dans la chaîne de valeur alimentaire durable à l’échelle mondiale.

Notamment, la déclaration a également insisté sur les solutions faisant le lien entre la sécurité alimentaire, la pauvreté, les changements climatiques et le développement durable. En outre, le développement économique, la protection de l'environnement, l'adaptation aux changements climatiques et le développement d’une agriculture durable doivent également être pris en compte afin d’atteindre les Objectifs de Développement durable de l’Organisation des Nations Unies pour la période 2015 - 2030.

Par ailleurs, la Déclaration a soulevé les cinq priorités de l’APEC dans le secteur de l’agriculture : le lien entre la sécurité alimentaire et les changements climatiques via le Plan d’action sur le déploiement du programme de l’APEC sur la sécurité alimentaire et les changements climatiques ; la gestion durable des ressources naturelles, en mettant l’accent sur les politiques de résilience aux changements climatiques, l’utilisation efficace de ces ressources, la croissance durable et l’encouragement à l’investissement dans les projets de protection des bassins et de l’écosystème, la gestion durable et la protection de l’écosystème marin ; le développement urbain et rural durable via le Plan d'action pour la mise en œuvre du cadre stratégique de l’APEC pour un développement rural et urbain durable ; et enfin la facilitation du commerce et de l’investissement dans le secteur agricole.

Via la Déclaration, les économies membres ont convenu de renforcer l’exécution de la Déclaration de la  zone de libre-échange de l’Asie - Pacifique (FTAAP) afin de renforcer le rôle de l’investissement du secteur privé, l’application des normes internationales dans l’investissement et le commerce ainsi que dans les biotechnologies pour améliorer le rendement agricole et les revenus des agriculteurs.

Les représentants des économies membres ont convenu de continuer à réaliser le projet sur la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires pour s’orienter vers un système alimentaire durable de l’APEC, le renforcement des partenariats public privé (PPP) et le partage d’expériences et les mesures dans ce domaine. Sans omettre l’examen des projets concernés de l’APEC et les solutions visant à sensibiliser davantage les habitants sur la nécessité d’investir dans la transformation des produits agricoles. L’un des objectifs de la Feuille de route sur la sécurité alimentaire est de réduire de 10% les pertes et gaspillages alimentaires d’ici 2020, en comparaison avec les niveaux constatés en 2011-2012. -CVN/VNA

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