La tradition calligraphique garde ses lettres de noblesse

Autrefois, à l’occasion du Têt, il était de coutume pour les Vietnamiens d’aller chez un maître ou un lettré pour lui demander de rédiger deux sentences parallèles qu’on exposait ensuite chez soi.

Hanoi (VNA) – Autrefois, à l’occasion du Têt, il était de coutume pour les Vietnamiens d’aller chez un maître ou un lettré pour lui demander de rédiger deux sentences parallèles qu’on exposait ensuite chez soi. Ces arabesques rendaient la maison plus belle et traduisaient l’engouement de ses occupants pour les études. Aujourd’hui, cette tradition a été simplifiée, mais l’essence en demeure la même.

La tradition calligraphique garde ses lettres de noblesse ảnh 1La Fête printanière de la calligraphie 2018, à Hanoi. Photo: VNA

Depuis quelques années, les Hanoiens ont droit à une fête calligraphique printanière. Elle a lieu près du Temple de la Littérature, où sont vénérés Confucius et d’autres sages, lequel temple jouxte le Collège des enfants de la nation, la toute première université du pays. Un lieu on ne peut plus approprié pour préserver des mœurs et coutumes constituant l’identité culturelle vietnamienne. Là, les lettrés des temps modernes essayent de concurrencer, un tant soit peu, les imprimantes, en donnant, à celui ou celle qui le leur demande, le caractère qu’il ou elle veut arborer chez lui ou chez elle.

«Chaque année, à l’occasion du Nouvel an, d’autres calligraphes et moi-même aimons à venir ici pour faire revivre cette vieille tradition culturelle», explique Chu Van Thinh. «Qui ne veut pas une année heureuse et prospère ? Certains veulent le mot ‘longévité’, d’autres ‘bonheur’. Certains parents nous demandent d’écrire ‘studiosité’pour leurs enfants ou ‘facilité’, lorsqu’il s’agit d’hommes d’affaires désireux de se lancer dans une nouvelle entreprise. Si les calligraphies sont aussi majestueuses qu’un phénix dansant, un dragon volant, c’est parce que le calligraphe y met toute son âme.»
 
Et c’est parce que le calligraphe met toute son âme dans ses arabesques qu’il ne les donne pas systématiquement et pas à n’importe qui, comme l’affirme Nguyên Nhu Phach, un autre calligraphe. «On veut que celui qui nous demande une calligraphie ne le fasse pas seulement pour lui-même», dit-il. «Autrement dit, on veut donner notre œuvre calligraphique à des gens dont la vertu puisse se voir sur le visage.»  

La tradition calligraphique garde ses lettres de noblesse ảnh 2Demander une calligraphie à l’occasion du Nouvel An est un beau trait culturel des Vietnamiens. Photo: CVN

En plus de leur signification, la beauté des caractères fascine de plus en plus de gens. Certains, comme Do Ngoc Long, un habitant de Gia Lâm, en redemandent chaque année. «Chaque année, je veux un idéogramme nouveau, en fonction de mes attentes spécifiques pour cette année-là. La première fois que je suis venu, j’ai demandé qu’on m’écrive le mot ‘intelligence’. Les fois suivantes, c’étaient ‘bonheur’ puis ‘chance’. L’année dernière, comme je voulais changer d’emploi, j’ai demandé le mot ‘ carrière’. Et cette année, c’est ‘prospérité’ que je veux», raconte-t-il. 

L’art calligraphique évolue. En plus des idéogrammes chinois, certains écrivent aussi en vietnamien. Et en plus du papier do traditionnel, plusieurs calligraphes se sont amusés avec d’autres supports, comme un mince store en bambou, un morceau de bois ou un vase en céramique. C’est à la fois beau et significatif, comme la tradition elle-même. – VOV/VNA

Voir plus

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam et président vietnamien Tô Lâm (3e à partir de la gauche) lors de la cérémonie. Photo: VNA

Le Vietnam lance le chantier de conservation et de restauration du palais Kinh Thiên

Kinh Thiên était le palais principal de la cité interdite de Thang Long sous la dynastie des Lê. Selon le “Dai Viêt su ky toàn thu” (Annales complètes du Dai Viêt), sa construction débuta en 1428, sous le règne de Lê Thai Tô, et s’acheva sous celui de Lê Thanh Tông, sur les fondations des palais principaux des dynasties des Ly et des Trân.

L’œuvre puise sa source dans le reflet de la lune sur l'eau, capturant le paradoxe d'une image à la fois figée dans l'instant et animée d'un mouvement éternel. Photo : thethaovanhoa.vn

Quand l’ikebana japonais fait onduler la lune au cœur de Hanoi

Au Musée des beaux-arts du Vietnam, l’exposition Sazanami Vol. 1 («Vagues de lune») transcende la simple démonstration technique. En faisant dialoguer l’Ikebana avec le paysage culturel et créatif vietnamien, elle ouvre une voie d’une résonance universelle où l’humanité et la nature s’unissent par la grâce des fleurs.

Le spectacle « La Patrie dans nos cœurs » est organisé par le journal Nhan Dan en collaboration avec le Comité populaire de Ho Chi Minh-Ville. Photo : https://nhandan.vn/

Construire des marques nationales dans l'industrie culturelle

Le 7 janvier 2026, le Bureau politique a promulgué la Résolution n° 80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne dans la nouvelle ère. Celle-ci fixe notamment l’objectif de porter, d’ici 2030, la contribution de l'industrie culturelle à 7 % du PIB et de créer entre 5 et 10 marques nationales dans les secteurs culturels à fort potentiel, tels que le cinéma, les arts du spectacle, le tourisme culturel, le design et la mode.

De nombreux Japonais au festival. Photo : VNA

Premier Festival du banh mi vietnamien au Japon

Premier événement au Japon entièrement consacré au banh mi vietnamien, le festival organisé les 26 et 27 septembre à Tokyo invite le public japonais à découvrir, à travers la gastronomie, la culture vietnamienne et les liens qui rapprochent les deux peuples.

Colline de thé de Cau Da, dans la commune de La Bang, province de Thai Nguyen. Photo : VNA

Thai Nguyen, terre d’excellence du thé vietnamien

Réputée pour la qualité de son thé, Thai Nguyen compte parmi les grandes terres de thé du Vietnam. La province lui consacre plus de 22.000 hectares, répartis dans la plupart de ses communes et quartiers. Entre paysages verdoyants et savoir-faire transmis de génération en génération, Thai Nguyen offre aux visiteurs une belle immersion dans la culture du thé et ses saveurs typiques.

Au souffle Phan Dang Hoàng, 40 silhouettes marquent la Fashion Week de Milan 2027. Photo : Phan Dang Hoàng

Les éclats de Phan Dang Hoàng impressionnent à la Fashion Week de Milan 2027

S’inspirant d’un conte de fées profondément ancré dans la mémoire culturelle de générations de Vietnamiens, la collection explore le parcours de transformation de Tấm : d’une jeune fille douce subissant une profonde injustice, elle devient une figure en quête perpétuelle de redécouverte de soi et d’épanouissement personnel.

Les visiteurs découvrent la culture traditionnelle des H’Mong. Photo: VNA

Les savoir-faire traditionnels, nouvelle source d'inspiration du design vietnamien

La rencontre entre patrimoine et création contemporaine permet à de nombreuses marques vietnamiennes de valoriser les savoir-faire, matériaux et récits culturels locaux dans le design. Pour transformer durablement ces ressources en valeur créative et économique, la mise en place d’un écosystème reliant recherche, production et marché apparaît toutefois nécessaire.