La porte du village, un symbole de la culture vietnamienne

Le Vietnam est inextricablement lié à ses villages. Et la porte du village possède des traits culturels typiques qui symbolisent l’ancienneté et les coutumes de chaque localité.

​Hanoï (VNA) - Le Vietnam est inextricablement lié à ses villages. Et la porte du village possède des traits culturels typiques qui symbolisent l’ancienneté et les coutumes de chaque localité. Son architecture fait partie du patrimoine culturel des villages vietnamiens.

La porte du village, un symbole de la culture vietnamienne ảnh 1La porte de village, l’âme de la campagne vietnamienne. Photo : CVN/VNA

Si l’on veut comprendre le peuple vietnamien et ses caractéristiques, effectuer quelques recherches sur les villages peut être d’une grande utilité. Les maisons communes, les temples, les chemins, les étangs et les portes du village font partie du paysage dans la campagne vietnamienne.

L’entrée d’un village se fait par la porte de ce village. Chaque village possède sa propre porte d’entrée, censée être à l’image de son histoire locale. De nombreuses portes de village sont considérées comme faisant partie du patrimoine culturel et artistique de la localité. Leur architecture classique reflète la culture de la communauté villageoise et met en avant les belles traditions des habitants.

Depuis longtemps, la porte du village est bien plus qu’un lieu de passage pour entrer ou sortir. De nombreux villages ont plusieurs portails, correspondant chacun à des directions différentes.

Moyen de se défendre face à l’ennemi

À l’origine, celles-ci peuvent avoir été faites à partir de bambou à pointes pour empêcher les bêtes sauvages d’entrer. Plus tard, ils sont devenus un moyen de se protéger contre les ennemis. Sous la dynastie des Ly (1010-1225), les portes ont été construites de plus en plus solidement et se sont largement embellies avec des matériaux tels que la brique, la pierre, ou la latérite...

Dans beaucoup d’endroits, les portes du village, en bois, ne s’ouvraient que par intermittence, quand les autorités du village le jugeaient nécessaire. Certains villages ont même fait le choix de creuser des fossés des deux côtés, qu’ils ont renforcés avec une haie de bambou, leur servant de barricade.

Avant 1945, Hanoï et l’ancienne province de Hà Tây comptaient environ 1.500 villages avec de multiples portes. Le temps et les guerres ont détruit beaucoup d’entre elles. Mais les belles portes restantes comme celles des villages d’Uoc Lê à Thanh Oai, Chi Quan à Thach Thât, Mong Phu à Duong Lâm et de Son Tây en banlieue de Hanoï sont un véritable héritage culturel légué par les générations antérieures.

La porte du village, un symbole de la culture vietnamienne ảnh 2La porte du village de Duong Lâm en banlieue de Hanoï. Photo : VNA

La partie située au-dessus de la porte est souvent construite sous la forme d’une arche, généralement couverte, de sorte que les passants puissent se protéger du soleil tropical et des pluies. Dans de nombreux cas, il y a un ou deux étages au-dessus de l’arche, chacun orné d’arrondis en forme de proue de bateau comme ceux des temples et des pagodes. L’arche est soutenue par  de grands piliers, sur lesquels sont inscrits des phrases en reliefs, visant à présenter les traditions du village.

Sur un des côtés de la porte, on trouve un relief avec des fleurs et des feuilles situé au-dessus de la porte, ainsi que le nom du village, ou bien un slogan qui révèle l’état d’esprit des villageois.

Des messages destinés à la postérité

Par exemple, la porte du village d’Uoc Lê, l’une des plus belles du Nord, est marquée dans un relief portant le nom du village. Aussi, la porte du village de Phung Xa (en banlieue de Hanoï) est marquée de deux grands caractères signifiant "Loyauté et droiture" ; celle du village de Hà Tri (en banlieue de Hanoï) se caractérise par l’inscription "La préservation des bonnes traditions". Et il y a encore beaucoup d’autres portes de village à travers le Vietnam avec leurs propres décorations textuelles qui cristallisent les vertus des villageois locaux.

Selon le compositeur Nguyên Trong Tao, les portes de ces villages évoquent les rêves des villageois de toutes générations. Les visiteurs d’un endroit éloigné pourront reconnaître sans trop d’efforts les caractéristiques générales du village hôte en observant la porte.

Pendant des milliers d’années, les envahisseurs étrangers ont fait tous les efforts pour assimiler et détruire la culture vietnamienne mais leurs tentatives ont toutes échoué. La culture vietnamienne perdure encore aujourd’hui. Cependant, les Vietnamiens sont ouverts à l’idée d’enrichir leur culture. Le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme ont tous été progressivement mélangés à la culture locale. Les traits essentiels de la culture des Indiens, des Chams, des Chinois et des Français ont été intégrés à la culture vietnamienne.

En somme, la porte du village restant fermée représente la volonté des Vietnamiens de conserver leur identité ; et celle qui reste ouverte, symbolise leur aspiration à s’ouvrir au monde extérieur. -CVN/VNA

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