La pêche durable devient progressivement une réalité pour le Vietnam

Réduire l’exploitation, augmenter l’élevage, valoriser les produits aquatiques et transformer les moyens de subsistance des pêcheurs en alternatives écologiques sont les objectifs que le secteur de la pêche continuera à poursuivre en 2025

La zone d'élevage des produits aquatiques de la Sarl Australis Vietnam, située dans la baie de Vân Phong, province de Khanh Hoa. Photo : nhandan.vn
La zone d'élevage des produits aquatiques de la Sarl Australis Vietnam, située dans la baie de Vân Phong, province de Khanh Hoa. Photo : nhandan.vn

Hanoi (VNA) – Les méthodes de production et d’élevage durable des produits aquatiques, visant à réduire l’impact négatif sur les écosystèmes et la santé humaine, tout en produisant des produits de haute qualité et à forte valeur ajoutée, et en préservant et développant les ressources naturelles pour les générations futures, sont en train de façonner l’avenir vert de la pêche au Vietnam.

Réduire l’exploitation, augmenter l’élevage, valoriser les produits aquatiques et transformer les moyens de subsistance des pêcheurs en alternatives écologiques sont les objectifs que le secteur de la pêche continuera à poursuivre en 2025, une année clé pour accélérer la mise en œuvre du plan quinquennal 2021-2025 de développement du secteur, tout en préparant le plan de développement pour la période 2026-2030.

Le secteur de la pêche vise à atteindre une production totale de 9,8 millions de tonnes d’ici 2030, avec une augmentation de 1,5% par an, dont 7 millions de tonnes générées par l’élevage (en hausse de 4,4% par an) et 2,8 millions de tonnes générées par la pêche (en baisse de 3,5% par an).

Le vice-directeur du Département de la pêche relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Pham Quang Toan, a précisé que l’objectif spécifique pour 2025 est que la surface totale d’élevage aquatique atteigne 1,33 million d’hectares, soit une augmentation de 2% par rapport à 2024. La production totale de produits aquatiques devrait dépasser 9,6 millions de tonnes, dont environ 3,6 millions de tonnes provenant de la pêche (en baisse de 5,2% par rapport à 2024), et plus de 5,9 millions de tonnes provenant de l’élevage (en hausse de 3,5% par rapport à 2024).

Le secteur de la pêche vise à atteindre une production totale de 9,8 millions de tonnes d’ici 2030, avec une croissance de 1,5% par an, dont 7 millions de tonnes pour l’élevage (en hausse de 4,4% par an) et 2,8 millions de tonnes pour la pêche (en baisse de 3,5% par an). Parallèlement à la croissance de l’élevage, la flotte de pêche diminue progressivement en nombre. En 2024, le pays comptait 84.720 bateaux de pêche, et selon le plan, ce nombre devrait se réduire à 83.600 d’ici 2030.

Concernant l’objectif de renforcement de la conservation marine et de protection des ressources maritimes, le plan pour 2030 prévoit l’établissement de 27 zones marines protégées fonctionnant efficacement, 59 zones de protection des ressources maritimes, 63 zones de pêche interdites pour une période déterminée, et 27 zones de résidence artificielle pour les espèces aquatiques.

En ce qui concerne la transformation des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs, l’objectif est de réduire les métiers de pêche à la traîne et à la nasse (des pratiques nuisibles aux ressources et aux écosystèmes), de convertir les activités de pêche côtière en d’autres métiers, et de réorganiser la production sous forme de coopératives et de chaînes de valeur.

Le vice-secrétaire général de l’Association des producteurs et exportateurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), Tô Thi Tuong Lan, a indiqué que l’éco-transition de toute la chaîne de production, de transformation et de consommation des produits aquatiques est une tendance mondiale qui se développera dans les années à venir, à mesure que de plus en plus de pays se tournent vers la protection de l’environnement, la réduction des émissions dans les secteurs de production et la verdissement des produits importés.

La demande pour un développement durable et une transition verte est énorme pour les entreprises vietnamiennes du secteur de la pêche. Toutefois, selon les experts, les entreprises font face à trois grands défis : les financements nécessaires, le personnel qualifié et les solutions techniques spécifiques et adaptées.

Outre la principale difficulté du financement, dans le processus de transition verte, les entreprises sont confrontées à des défis liés à l’information, car les politiques vertes sont nombreuses, complexes par nature et en constante évolution, notamment l’absence de normes vertes communes et l’absence d’une feuille de route unifiée pour la transition verte de tous les produits exportés.

Pour promouvoir la transition verte, les autorités compétentes doivent fournir des informations actualisées et publier des directives pour faciliter la mise en œuvre de cette transition ; coopérer, négocier et dialoguer avec les partenaires commerciaux pour échanger sur la mise en œuvre de la transition verte au sein des entreprises.

Les entreprises doivent également prendre l’initiative de se renseigner sur les accords verts, les nouvelles barrières commerciales telles que l’équité commerciale, le bien-être animal, et de mettre à jour régulièrement les politiques vertes relatives aux produits exportés, tout en réduisant les émissions tout au long du processus de production.

Récemment, un modèle d’élevage de crevettes sans rejet, utilisant une technologie de recirculation, une faible fréquence de changement d’eau et une sécurité biologique, a été mis en place et testé avec succès dans les districts de Cai Nuoc et Dâm Doi par le Service de la science et de la technologie de la province de Cà Mau en coopération avec l’Institut de recherche sur l’aquaculture II.

Le Bureau de l’agriculture et du développement rural du district de Dâm Doi a indiqué qu’il s’agissait d’une grande réussite dans l’industrie de la crevette. La technologie d’élevage de crevettes à circulation sans rejet est une technique innovante qui permet de réduire les coûts de production. Le rendement des crevettes peut atteindre 60 à 70 tonnes par ha par saison, avec la possibilité de cultiver 6 à 8 saisons par an. En particulier, les émissions de carbone sont très faibles, ce qui répond aux tendances futures de l’industrie de la crevette.

Développement des pratiques d’aquaculture marine durables

L’aquaculture marine, également appelée aquaculture en mer, représente une méthode de production durable qui permet de préserver les ressources marines pour les générations futures. L’aménagement de l’espace marin, le renforcement des capacités de prévision et l’offre d’assurances maritimes sont des domaines clés qui posent les bases du développement de l’aquaculture en haute mer. Le Vietnam a identifié l’aquaculture marine comme un secteur prioritaire, avec la durabilité comme principe directeur tout au long de son développement.

Le Premier ministre a approuvé un projet de développement de l’aquaculture en mer jusqu’en 2030, avec une vision à l’horizon 2045. Les objectifs fixés sont d’atteindre, d’ici 2025, une superficie d’aquaculture marine de 280.000 hectares, une production de 850 000 tonnes et un chiffre d’affaires à l’exportation compris entre 0,8 et 1 milliard dollars. D’ici 2030, ces chiffres devraient s’élever à 300 000 hectares de superficie, 1,4 million de tonnes de production et un chiffre d’affaires à l’exportation entre 1,8 et 2 milliards dollars.

L’orientation future de l’aquaculture marine au Vietnam repose sur le développement d’une aquaculture industrielle utilisant des technologies avancées, avec une planification rigoureuse et une gestion moderne. Elle s’étendra des zones côtières aux eaux éloignées et offshore, tout en valorisant la biodiversité tropicale. L’intégration des ressources économiques et technologiques issues des industries pétrolières, de la construction navale et du transport maritime garantira un développement durable.

Grâce à son vaste potentiel maritime, la province de Quang Ninh ambitionne de devenir le centre des produits aquatiques du nord du Vietnam d’ici 2030. La province a réservé plus de 45 000 hectares pour l’aquaculture marine, en adoptant une approche globale, moderne et axée sur les hautes technologies. Son objectif est d’augmenter la valeur ajoutée, de lier la conservation des ressources aquatiques au développement touristique.

La stratégie de développement de l’aquaculture marine de la province de Quang Ninh repose sur les agriculteurs spécialisés comme pilier central, avec pour objectif principal la création de valeur ajoutée et la diversification des bénéfices. En tirant parti de son grand atout, à savoir un secteur touristique en plein essor accueillant chaque année des dizaines de millions de visiteurs, la province de Quang Ninh entend renforcer la consommation et l’exportation de ses produits halieutiques directement sur place.

La province de Khanh Hoa s’est déjà imposée comme un centre majeur de l’aquaculture marine au Vietnam, grâce à des avantages tels qu’un littoral de plus de 380 km, de nombreuses baies abritées et une longue tradition dans l’élevage et la transformation des produits de la mer.

Pendant plusieurs décennies, l’aquaculture marine pratiquée avec des cages en bois traditionnelles a engendré des conséquences négatives sur l’environnement et s’est révélée inadaptée aux changements climatiques. La transition vers une aquaculture utilisant des technologies avancées et respectueuses de l’environnement est désormais une priorité pour Khanh Hoa, dans le but de développer une économie maritime durable.

Selon Nguyên Duy Quang, directeur du Département de l’agriculture et du développement rural de Khanh Hoa, cette transition vers l’aquaculture marine technologique entraînera un changement fondamental des méthodes de production, tout en préservant l’environnement, en embellissant le paysage et en favorisant l’essor du tourisme écologique.

La province met progressivement en œuvre une transition écologique dans l’aquaculture, en la développant selon un modèle industriel et moderne orienté vers la production de masse. Khanh Hoa s’est fixé l’objectif, d’ici 2030, de convertir 100% des cages traditionnelles en bois en cages plastiques composites intégrant des technologies avancées et des méthodes de gestion modernes.

Le directeur général de la Sarl des produits aquatiques Australis Vietnam, spécialisée dans l’aquaculture marine industrielle dans la baie de Vân Phong, a déclaré que d’ici 2032, nous allons étendre nos activités dans la baie de Vân Phong et dans d’autres zones maritimes de la province. Notre objectif est d’atteindre une production de 40 000 tonnes de poissons en 2032.

En outre, l’entreprise prévoit d’investir dans la construction d’une usine de transformation moderne dans la zone industrielle de Ninh Thuy, intégrant l’aquaculture avec le tourisme. Elle envisage également de coopérer à la création d’un centre de formation en aquaculture technologique, afin de fournir des alevins, d’assurer un accompagnement technique et d’aider les habitants locaux à passer de l’élevage traditionnel à une aquaculture moderne et écologique.

L’aquaculture marine jouera un rôle de plus en plus important dans le développement de l’économie maritime, contribuant à faire du Vietnam une nation forte et prospère grâce à la mer, dans ce siècle dédié aux océans. Avec ses atouts maritimes et ses stratégies axées sur une aquaculture verte et durable, le Vietnam a toutes les chances de devenir, dans un avenir proche, une véritable puissance aquacole marine en Asie du Sud-Est. – NDEL/VNA

source

Voir plus

Le Dr Benoît de Tréglodé, de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Photo: VNA

La coopération Vietnam-France appelée à se développer

Face aux profondes évolutions de l’équilibre des puissances en Asie, le Vietnam cherche à renforcer son autonomie stratégique en diversifiant ses relations avec les grandes puissances. Son partenariat stratégique intégral avec la France offre, dans cette perspective, de nouvelles possibilités de coopération à long terme.

Vu Quyet Tien (2e de gauche), secrétaire adjoint du Comité du Parti de la ville de Quang Ninh et président du Comité municipal du Front de la Patrie du Vietnam rencontre Franziska Giffey, ministre de l’Économie, de l’Énergie et des Entreprises du Land de Berlin et maire-gouverneure de Berlin. Photo: VNA

Quang Ninh sonde des opportunités de coopération en Allemagne

Le 4 septembre, la délégation de Quang Ninh a assisté à l’ouverture du Salon international de l’électronique grand public et des appareils électroménagers IFA 2026, au parc des expositions Messe Berlin. L’événement réunit plus de 1 900 marques de 49 pays et met en avant des tendances technologiques telles que l’intelligence artificielle, la robotique et les appareils connectés.

Le textile vietnamien cherche de nouveaux moteurs de croissance à l’export. Photo: VNA

Le textile vietnamien cherche de nouveaux moteurs de croissance à l’export

Chapeau : Malgré la reprise encore lente de la consommation mondiale et une concurrence accrue, le secteur textile vietnamien maintient sa croissance à l’exportation. Il mise désormais sur une plus forte valeur ajoutée, la maîtrise des approvisionnements, la transformation numérique et la production verte pour atteindre un objectif d’environ 48 milliards de dollars d’exportations en 2026.

Lors de la conférence de connectivité Hue - Japon 2026. Photo : VNA

Hue et le Japon renforcent leur coopération

Hue et ses partenaires japonais entendent transformer leurs échanges en projets concrets dans des domaines où les deux parties disposent de nombreux potentiels de coopération.

Production de riz destiné à l’exportation chez la compagnie par actions Tân Dông Tiên. Photo : VNA

Les exportations de riz du Vietnam atteignent 2,86 milliards de dollars en huit mois

En août, le prix du riz vietnamien à 5% de brisures s’élevait à 437,3 dollars la tonne, un niveau inférieur à celui de la Thaïlande (460,7 dollars la tonne) mais supérieur à celui de l’Inde (360,9 dollars la tonne). Parallèlement, la structure des marchés d’exportation évolue et des signes de difficultés apparaissent sur des marchés clés.

Le journaliste cubain Luis Manuel Arce Isaac, auteur de l'article « Le Vietnam est dix fois plus beau que le rêve du Président Ho Chi Minh », paru dans le magazine mexicain Voces del Periodista. Photo : Capture d'écran/VNA

Fête nationale : un Vietnam au-delà des rêves

À l’occasion de la Fête nationale du Vietnam, le journaliste mexicain Luis Manuel Arce Issac, témoin direct de la guerre, salue dans la revue Voces del Periodista la transformation spectaculaire du pays, devenu une économie dynamique et pleinement engagée dans l’intégration internationale.

Le projet Ciputra figure parmi les projets emblématiques de la présence des capitaux indonésiens au Vietnam depuis la première vague d’IDE. Photo : bietthu-ciputra.vn.

Les investisseurs étrangers accélèrent leur percée au Vietnam

De plus en plus d’investisseurs étrangers choisissent de « prendre position » au Vietnam à travers les prises de participations et les opérations de M&A. Une tendance qui reflète leur volonté de s’implanter rapidement sur un marché aux perspectives de croissance prometteuses.

Le Premier ministre Lê Minh Hung au Forum. Photo : VNA

Vietnam-Japon : transformer les engagements stratégiques en actions concrètes

Le Vietnam et le Japon entendent renforcer la coopération entre leurs collectivités locales, en mettant l’accent sur les technologies stratégiques, l’innovation, les transitions numérique et verte, ainsi que les échanges entre les peuples, afin de concrétiser les engagements stratégiques par des projets substantiels et durables.

La société SUNJIN AT&C VINA Co., Ltd., implantée dans la zone économique de Chan May – Lang Co, dans la ville de Huê, est une entreprise à 100 % de capitaux sud-coréens spécialisée dans la fabrication de produits en maille destinés à l’exportation. Photo: VNA

Le Vietnam et la République de Corée élargissent leur espace de coopération commerciale

Après plus de 30 ans d’établissement de leurs relations diplomatiques, le Vietnam et la République de Corée sont devenus des partenaires économiques importants l’un pour l’autre, avec des échanges commerciaux et des investissements en croissance continue. La prochaine visite officielle du plus haut législateur Trân Thanh Mân, marquera une étape importante et ouvrira un nouveau chapitre des relations bilatérales, notamment dans les domaines du commerce et de l’investissement.

Lors du Forum des entreprises Myanmar-Vietnam, organisé dans le cadre de la visite officielle au Vietnam du dirigeant birman. Photo : VNA

Myanmar-Vietnam : élargir l’espace de coopération entre les entreprises

Le Vietnam et le Myanmar souhaitent élargir l’espace de coopération entre leurs entreprises, renforcer la complémentarité de leurs économies et concrétiser le potentiel de coopération dans des secteurs prioritaires tels que les télécommunications, la transformation numérique, l’agriculture et les hautes technologies.