Hanoi (VNA) - La Loi sur l’enseignement supérieur, entrée en vigueur officiellement en début d’année, est considérée comme une étape importante pour perfectionner le cadre institutionnel et créer un cadre juridique cohérent pour le développement de l’enseignement supérieur dans cette nouvelle ère.
En consacrant plus clairement les rôles, les missions, l’autonomie et la responsabilité des établissements d’enseignement supérieur, la loi a ouvert de nombreuses perspectives de développement, notamment pour les établissements spécialisés tels que les universités nationales et régionales.
Toutefois, sa mise en œuvre s’accompagne de difficultés qu’il convient de continuer à identifier, analyser et résoudre.
Un fondement essentiel
La Loi sur l’enseignement supérieur 2025, composée de neuf chapitres et de 46 articles, a établi un fondement juridique essentiel pour mieux affirmer la place et le rôle stratégique de ces universités spécialisées au sein du système national d’enseignement supérieur.
Cette loi s’inscrit également dans l’esprit de la résolution n°71-NQ/TW, orientation politique majeure adoptée par le Politburo le 22 août 2025 sur les percées en matière de développement de l’éducation et de la formation, confirmant ainsi clairement les missions, le statut juridique et le rôle moteur des universités spécialisées.
Selon le professeur Nguyên Quy Thanh, recteur de la Faculté d’éducation de l’Université nationale du Vietnam à Hanoi (VNU-Hanoi), la loi a conféré aux universités nationales le statut d’établissements publics d’enseignement supérieur spéciaux, investis par l’État de missions stratégiques directement liées au développement durable, à la compétitivité nationale et au rayonnement du pays.
Dans cet esprit, les universités nationales ne sont plus perçues comme de simples regroupements d’établissements de formation multidisciplinaires et pluridisciplinaires, mais comme des instruments stratégiques de l’État pour la formation de travailleurs qualifiés et le renforcement des domaines scientifiques, technologiques et d’innovation.
Pour la première fois, la loi définit clairement une mission pour les universités régionales : «Les universités régionales ont pour mission de mobiliser des ressources, de promouvoir les liens régionaux, de soutenir le développement économique et social régional et de contribuer à la réalisation des objectifs stratégiques nationaux.»
Cette disposition reflète fidèlement l’orientation de la résolution n°71, qui vise à lier l’enseignement supérieur aux besoins de développement régional et à la formation de la main-d’œuvre afin de répondre aux exigences du marché du travail, tout en garantissant l’accès à l’enseignement supérieur aux populations des zones défavorisées et des régions ethniques.
En outre, la loi institutionnalise pleinement les grandes orientations du Parti, crée un cadre juridique cohérent et moderne, renforce l’efficacité de la gestion étatique et promeut le rôle central de l’enseignement supérieur dans l’écosystème national d’innovation.
Elle remédie également aux lacunes de la Loi sur l’enseignement supérieur de 2018 en établissant des organismes scientifiques et technologiques au sein des établissements d’enseignement supérieur afin de remplir la mission de former des travailleurs qualifiés dans les domaines de la recherche scientifique, de la technologie et de l’innovation.
Le prof.associé-Dr Hoàng Văn Hùng, directeur de l’Université de Thai Nguyên, a souligné que les universités régionales du Vietnam ont été créées en 1994 afin de former des centres de formation de personnel qualifié en recherche scientifique et en transfert de technologies de pointe. Elles offrent des services de conseil et d’analyse des politiques publiques pour contribuer au développement économique, culturel et social durable de la région.
Depuis leur création, les universités régionales se sont développées et ont mûri au sein du système éducatif national, contribuant positivement au développement économique et social régional.
La loi introduit également plusieurs innovations majeures, telles que le passage d’une approche axée sur l’ouverture des programmes à une approche axée sur les normes des programmes de formation, le développement de l’enseignement supérieur numérique, des dispositions relatives aux enseignants cumulant plusieurs fonctions et des mécanismes spécifiques pour le financement et les biens publics.
Nguyên Dinh Hung, directeur de la Faculté des finances de l’Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VNU-HCM), a déclaré que la mise en place d’un modèle de gestion financière à deux niveaux a créé des conditions favorables permettant aux universités nationales d’allouer, de coordonner et d’utiliser efficacement leurs ressources, et de mener à bien des projets d’envergure, interdisciplinaires et pluridisciplinaires.
Résoudre les difficultés
Parallèlement aux avantages, de nombreux experts ont souligné les obstacles à la mise en œuvre de la Loi sur l’enseignement supérieur de 2025, notamment pour concrétiser pleinement l’esprit de la Résolution n°71, en particulier pour les universités nationales et régionales.
Le directeur de l’Université de Thai Nguyên, le prof. associé Hoàng Van Hung, a déclaré : « Il n’y a pas de grande différence entre le modèle d’université régionale et le modèle d’université général. Il est difficile de définir le +niveau intermédiaire+ dans les universités régionales.»
Il convient de noter que la Résolution n°71 exige clairement «la suppression des niveaux intermédiaires, afin de garantir une gouvernance rationalisée, unifiée, efficace et efficiente». Ceci est considéré comme une orientation particulièrement importante pour les modèles d’organisation et de gouvernance des universités nationales et régionales.
Toutefois, dans la pratique, le manque de clarté concernant la notion de «niveau intermédiaire» dans les modèles universitaires a engendré une confusion considérable, faisant naître des contradictions entre les exigences d’une gestion centralisée et la nécessité de renforcer l’autonomie, la décentralisation et la délégation de pouvoirs aux universités membres.
Du point de vue de la formation professionnelle, Cao Xuân Tân, responsable du Département de l’organisation du personnel de l’Université de Dà Nang, a déclaré que le modèle d’université régionale «souffre d’un manque de réglementation spécifique, ce qui engendre des difficultés en matière de gouvernance et de décentralisation», tandis que «la rémunération dans le secteur public n’est pas suffisamment attractive par rapport à celle du secteur privé et des grandes entreprises».
Cela rend difficile le recrutement et la fidélisation d’enseignants-chercheurs et de scientifiques de haut niveau, facteur clé du développement des universités de recherche conformément à l’esprit de la Résolution n°71.
Nguyên Dinh Hung a également souligné les difficultés de coordination, de partage des ressources et de gestion des risques de gouvernance au sein de systèmes vastes et diversifiés, dans un contexte de décentralisation et d’autonomie des établissements membres.
La Loi sur l’enseignement supérieur 2025 a instauré un cadre juridique important, offrant de nombreuses perspectives de développement aux universités nationales et régionales.
Pour atteindre pleinement les objectifs fixés par la Résolution n°71 et la loi, il est nécessaire de poursuivre le perfectionnement des réglementations d’application, de clarifier les modèles organisationnels, de définir clairement et de supprimer progressivement le niveau intermédiaire, tout en renforçant la décentralisation et la délégation de pouvoirs, associées à une obligation de rendre des comptes et à des mécanismes de contrôle appropriés.
Il s’agit d’une condition essentielle pour que les universités nationales et régionales deviennent de véritables moteurs du développement de l’enseignement supérieur. Ce n’est qu’en éliminant ces obstacles que les universités nationales et régionales pourront pleinement remplir leur rôle essentiel, contribuer efficacement à la formation de travailleurs qualifiés en sciences et technologies et promouvoir un développement national durable dans cette nouvelle ère. - VNA