La gardienne de la cuisine royale de Huê

Tôn Nu Thi Hà, de sang royal, a reçu des mandarins de la dynastie des Nguyên les secrets de la cuisine impériale de Huê.
La gardienne de la cuisine royale de Huê ảnh 1Tôn Nu Thi Hà, une des grandes spécialistes de la cuisine royale de Huê. Photo : CVN

Thua Thiên-Huê (VNA) - Tôn Nu Thi Hà, de sang royal, a reçu des mandarins de la dynastie des Nguyên les secrets de la cuisine impériale de Huê. À l’âge de 77 ans, elle continue de présenter cette gastronomie de haute volée à ses amis internationaux.

Née en 1943, Tôn Nu Thi Hà pratique la cuisine depuis une soixantaine d’années. Elle a voyagé dans 12 pays, dont l’Europe et les États-Unis, pour enseigner et promouvoir la cuisine de Huê (province de Thua Thiên-Huê, Centre). "Il faut appeler la gastronomie le pouvoir de la culture", a-t-elle déclaré.

Lors de ses voyages à l’étranger, Mme Hà n’oublie pas de présenter la beauté culturelle de sa ville natale, la gastronomie notamment. Beaucoup de personnes qui ont écouté ses présentations ont exprimé leur intention de se rendre à Huê pour profiter de la ville et de ses richesses, culinaires entre autres.

Lors d’une soirée avec plus de 200 invités dans un hôtel en Espagne où elle enseignait, le propriétaire de l’établissement lui a proposé de préparer des plats vietnamiens. "Les invités ont été tellement impressionnés qu’à la fin du festin, des dizaines d’entre eux se sont attardés pour rencontrer les cuisiniers, dont moi, juste pour leur serrer la main et répéter plusieurs fois le mot Vietnam", a-t-elle raconté.    

Une femme, seize métiers
 
D’après l’artisane, la gastronomie de Huê, notamment celle royale, est beaucoup appréciée des étrangers. "De nombreux étrangers ont appris à faire la cuisine de Huê, dont celle royale, dans mon restaurant. Certains afin de mieux connaître la cuisine vietnamienne et en faire profiter leur famille. D’autres sont venus pour vraiment étudier et ont rédigé des livres", a-t-elle partagé.

Tôn Nu Thi Hà est considérée comme une des grandes spécialistes de la cuisine royale de Huê. Elle possède 15 autres métiers, dont culture d’arbres d’ornement, photographe, artiste portraitiste, interprète, barman... En 2004, elle a été reconnue "Personne qui a pratiqué le plus de métiers" dans le livre Guinness des records du Vietnam.

Infirmière a été l’une de ses professions principales. Elle a travaillé dans l’Hôpital central de Huê (province de Thua Thiên-Huê), où elle occupait aussi le poste de cuisinière. "Les patients mangent en fonction de leur pathologie, c’est-à-dire que chaque personne a un régime différent, ainsi je devais préparer 1.200 repas par jour avec des menus divers", a-t-elle confié.

Tinh Gia Viên, institution culinaire de Huê

Un jour, un ambassadeur étranger s’est rendu à Huê et a dégusté les plats de Tôn Nu Thi Hà. Il lui a alors suggéré : "Pourquoi n’ouvrez-vous pas un restaurant ? Je serai votre client fidèle".

"Au début, j’ai pensé que c’était difficile à faire. Mais, j’ai constaté qu’il avait raison. Peut-être qu’ainsi, je pourrais faire revivre l’art de la cuisine royale, oublié depuis longtemps", a dit Mme Hà.
 
Grâce à l’appui de ses proches, le restaurant Tinh Gia Viên a été inauguré pendant l’été 1993 dans la rue Lê Thánh Tôn. Désormais, c’est une adresse connue pour tous ceux qui aiment Huê, pour les touristes nationaux et étrangers.

Il s’agit d’un jardin typique de l’ancienne capitale impériale qui a remporté la "Coupe d’or du développement durable pour l’œuvre verte du Vietnam", offerte par le ministère des Sciences et des Technologies, et la "Coupe d’or du tourisme vert au Vietnam" décernée par l’Administration nationale du tourisme.

Tinh Gia Viên a accueilli de nombreuses délégations étrangères de haut rang en visite au Vietnam.

D’après Mme Hà, lors de la préparation des plats royaux, le chef doit mettre des épices à plusieurs reprises pour assurer à la fois le goût et la fraîcheur des aliments. Pour des plats, il faut le faire quatre fois minimum : pendant la marinade, lorsque les aliments sont en ébullition, à l’extinction du feu et lors de la présentation dans l’assiette.
 
"En juillet 2017, le ministère des Affaires étrangers m’a invité à participer au documentaire +Rentrer à la maison+. Produit par Uniaction Film, il a été mis en scène par la réalisatrice Marie Hélène Panisset et a été projeté au musée au Vietnam et au Laos. Dans ce film, j’ai réalisé 30 plats royaux", a raconté Mme Hà.

Elle a ajouté : "Au Festival du Vietnam au Japon 2017, moi et ma petite-fille Phan Tôn Gia Hiên avons été invitées par l’ambassadeur du Vietnam au Japon à réaliser le met royal +nem công+ (rouleau de printemps en forme de paon). Mon chef d’œuvre a été exposé largement au public".

En plus de la cuisine, Tôn Nu Thi Hà traduit et écrit des livres, a fait des recherches sur de nombreux sujets liés à la nutrition. Actuellement, elle est en train d’achever trois ouvrages : le premier concerne les épices vietnamiennes et celles d’autres pays dans le monde, leur utilisation de la cour royale à la cuisine familiale; le deuxième porte sur le piment, sa préparation, son utilisation, son stockage et ses effets pour la santé et le troisième traite de la décoration des plats de la cour royale. -CVN/VNA

Voir plus

Un spectacle artistique lors de la cérémonie d’ouverture. Photo : phunuonline.com.vn.

Ouverture du Festival d’échanges culturels Hoi An – Japon 2026

Le festival propose diverses activités culturelles et artistiques : espaces culturels Vietnam–Japon, reconstitution du cortège de la princesse Ngoc Hoa et du marchand japonais Araki Sotaro, expositions, spectacles traditionnels, jeux populaires et échanges communautaires.

Hanoi accueillera un festival international de jazz en septembre prochain, attirant de nombreux groupes vietnamiens et étrangers. Photo : bvhttdl.gov.vn

Le Festival international de jazz fera vibrer l’automne de Hanoi

Placé sous le thème « Jazz Hanoi – Mélodie sans frontières », le ce festival fait partie de la feuille de route de Hanoi dans le cadre du Réseau des villes créatives de l’UNESCO et reflète l’ambition de la capitale de faire de ce festival une marque culturelle distinctive tout en renforçant sa position sur la scène musicale internationale.

La cérémonie de remise du Prix pour les enfants Dê Mèn aura lieu le 22 mai, à 16h30, au Musée des beaux-arts du Vietnam, 66 rue Nguyên Thai Hoc, à Hanoï. Photo: VNA

Le Prix Dê Mèn contribue à diffuser la vitalité de la littérature et des arts pour enfants

Pour sa septième édition, le Prix pour les enfants Dê Mèn (Le grillon) réaffirme son ouverture en s’affranchissant des frontières traditionnelles de la littérature. La présence de la comédie musicale « Phep mau cua Kurt » (Le miracle de Kurt), de la série animée Wolfoo et d’un écosystème créatif numérique parmi les dix finalistes témoigne de l’engagement croissant du prix envers la création contemporaine et de son expansion au théâtre, au cinéma, à l’animation et aux plateformes numériques.

Affiche de l’exposition. Photo: ecoleartuccle.be

Art et émotions : le Vietnam à l’honneur en Belgique

À Bruxelles, 33 artistes belges présentent une exposition collective inspirée par leur voyage au Vietnam, mêlant peintures, photos et installations pour rendre hommage à la richesse culturelle du pays tout en alertant sur les effets de la montée des eaux.

439 équipes d’Asie inscrites à l’Asian Hackathon for Green Future 2026. Photo: Université VinUni

439 équipes d’Asie inscrites à l’Asian Hackathon for Green Future 2026

L’Asian Hackathon for Green Future 2026 enregistre 439 équipes inscrites, réunissant 1 439 candidats de 22 pays et territoires. L’événement, axé sur des solutions technologiques pour un avenir durable, place le Vietnam en tête des inscriptions et met en lumière l’engagement interdisciplinaire des jeunes innovateurs asiatiques.

L’ambassadeur du Vietnam aux États-Unis, Nguyen Quoc Dung, s'exprime au séminaire. Photo: VNA

Le patrimoine vietnamien à l’honneur au cœur de Washington

Le séminaire constitue une étape concrète vers la création d’un partenariat durable entre les institutions culturelles vietnamiennes et le Musée national d’art asiatique de la Smithsonian Institution (NMAA), notamment dans les domaines de la recherche, de la formation et de l’organisation de futures expositions.