Hanoi, 8 janvier (VNA) -  Au Vietnam comme ailleurs, les produits dits «bio» ont la cote. Ils sont le reflet d’une tendance actuelle qui veut que quantité et qualité  aillent de pair.

Principale productrice de riz et de crevettes de notre pays, la province de Cà Mau n’échappe pas à cette tendance. Elle a résolument opté pour une agriculture biologique afin d’accroître ses exportations. Témoin le riz du district de Thoi Binh qui a récemment été certifié «riz organique» par le ministère des Sciences et des Technologies.

«La» formule idoine… hinh anh 1Un champ de riz dans le district de Thoi Binh (Photo: VOV)

Trân Van Thiêt est un agriculteur du district de Thoi Binh. Il n’y a pas si longtemps encore, il ne pratiquait que la riziculture, au risque de se retrouver en proie à des problèmes dus à la salinisation des terres. Mais depuis 2018, il pratique la culture alternée: lorsqu’il ne cultive pas du riz, il élève des crevettes. Et comme tous les autres membres de la coopérative à laquelle il a adhéré, il s’est engagé à bannir les pesticides et autres engrais chimiques. Bien lui en a pris de miser ainsi sur la qualité, d’autant que la nouvelle variété de riz qu’il a adoptée, la ST24, lui donne entière satisfaction.      
«Le riz bio se vend beaucoup mieux sur le marché international. Du coup, en un an, mes revenus ont augmenté de 20%», nous dit-il.   

La coopérative à laquelle appartient Trân Van Thiêt, celle de la commune de Tri Luc, a vu le jour en 2018, avec seulement 15 membres. Elle regroupe aujourd’hui 540 producteurs et exploite 700 hectares de rizières, dont 117 sont cultivés aux normes biologiques. Pour 2021, son ambition est de passer à 200 hectares et de développer ses exportations vers des marchés tels que l’Europe, les États-Unis et le Japon.

Quant à la culture alternée, en vigueur désormais à Tri Luc, beaucoup veulent y voir la formule idoine: le riz a la vertu d’assainir les bassins d’élevage et les déchets organiques laissés par les crevettes le fertilisent. Un cercle vertueux, donc, qui se traduit par un meilleur niveau de vie pour les agriculteurs, comme nous l’explique Lê Van Mua, le directeur de la coopérative.  

«C’est un mode de production qui implique un respect très strict des normes», nous fait-il observer. «Ça a été un petit peu difficile à mettre en place, au début, mais les agriculteurs ont rapidement compris qu’ils avaient tout à y gagner, même si le riz organique doit être cultivé sans engrais, sans produits chimiques…»

«La» formule idoine… hinh anh 2Photo: VOV


Ce mode de production, il est devenu monnaie courante, dans le district de Thoi Binh. C’est à tel point vrai qu’en 2019, le riz de Thoi Binh a été certifié «riz organique» par le département de la propriété intellectuelle du ministère des Sciences et des Technologies. Si en 2020, Thoi Binh n’a consacré «que» 800 de ses 20.000 hectares de rizières à la production biologique, ce sont 5.000 hectares sur 21000 qui devraient être concernés dès 2025. Pour Nguyên Hoàng Lâm, du Bureau de l’Agriculture et du Développement rural de Thoi Binh, il s’agit désormais de voir grand… 
«Plusieurs résolutions ont été adoptées, qui portent sur le développement du riz organique de Thoi Binh, dont une résolution sur le développement de la production lié au tourisme communautaire. Sinon, on sollicite beaucoup les entreprises et les coopératives, l’idée étant de mettre en place de véritables chaînes de production, de façon à assurer l’écoulement des produits», nous indique-t-il.      

De grands projets, donc, qui concernent aussi bien le district de Thoi Binh que la province de Cà Mau, qui pense avoir trouvé dans cette formule de culture alternée «la» formule idéale en termes de développement socio-économique. - VOV/VNA