À l’ère du numérique, les journalistes doivent maîtriser les nouveaux outils technologiques. Photo : VNA
 
Hanoï (VNA) - L’évolution des technologies de l’information a créé une nouvelle formule journalistique: la presse numérique. Celle-ci offre maintes opportunités d’emplois mais pose aussi de nombreux défis pour les journalistes formés "à l’ancienne". Analyses. 

L’évolution de la technologie numérique, autrement dit la révolution industrielle 4.0, a des impacts sur toutes les activités socio-économiques et les applications des sciences et techniques. De nombreux produits "high tech" ont été mis au point comme l’intelligence artificielle, les robots, les usines intelligentes, la circulation ou l’éducation intelligente….

Au sein de cette révolution globale, la presse est un des domaines les plus influencés avec l’apparition de nouveaux modes de diffusion comme la presse mobile, multimédia, presse de données, mégastore/longue forme... Ces derniers ont rapidement imposé leurs facettes avantageuses dans les activités d’information et de communication et produisent par conséquent des répercussions non moins importantes sur les structures des établissements médiatiques. Accompagner le développement des technologies de l’information nécessite de revoir la formation des journalistes. La demande en personnel en la matière connaît une augmentation tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Maîtriser ces outils, connaître leurs usages et produire les contenus convenables: autant de défis que la formation des journalistes doit relever.

En fait, certains établissements de formation en journalisme au Vietnam répondent progressivement à cette nouvelle demande. On peut citer l’Académie de journalisme et de communication (cursus "Communication multimédia et Communication de masse"), l’Université des technologies de l’information et de la communication, l’Université Thai Nguyên (cursus "Technologies de la communication"), l’Université des sciences sociales et humaines relevant de l’Université nationale de Hanoï (Faculté des relations publiques)... Toutefois, ces nouveaux cursus correspondent seulement à une partie de la gestion et de la conception de produits de communication basés sur les TI. Elles ne satisfont clairement pas aux besoins de formation d’un contingent de journalistes dotés de larges compétences. Car l’époque n’est plus aux hyper-spécialistes, elle est aux généralistes. Quiconque veut collecter des faits et les transformer en un récit avec les outils d’aujourd’hui doit pouvoir enregistrer des sons et des images, savoir faire du montage, exploiter photoshop voir même programmer...

"Avec l’industrie 4.0, l’écriture d’un journal a complètement changé. Les journalistes peuvent désormais travailler n’importe où et n’importe quand avec des ordinateurs portables connectés à Internet, des appareils photos et caméras numériques... Et avec leurs smartphones, les lecteurs peuvent lire leurs articles partout", a souligné le Docteur Trân Quang Diêu, professeur à la Faculté de journalisme de l’Académie de journalisme et de communication. "De nos jours, les journalistes ont l’obligation de maîtriser les technologies pour transmettre rapidement et précisément l’information", a-t-il ajouté.

Émergence d’un nouveau paradigme journalistique
La formation des journalistes est très nécessaire à l’ère de l’industrie 4.0. Photo : CVN
 
La formation a une importance particulière pour les chefs des rédactions, qui doivent comprendre les enjeux du multimédia, des réseaux sociaux, les principes de filtrage des commentaires, de gestion des pages Facebook.

La révolution industrielle 4.0 exige des journalistes dotés de larges compétences professionnelles, maîtrisant les outils techniques et technologiques dans l’écriture des articles et les compétences d’interactivité et de traitement des informations sur les réseaux sociaux.

Il est nécessaire de former les journalistes et gestionnaires au concept de "convergence des médias" (fusion des nouvelles technologies et des médias traditionnels résultant de la numérisation et des réseaux informatiques), notamment sur le plan technologique.

En outre, il faut resserrer les liens entre les universités, unités de recherche, organisations et organes de presse, sans oublier de mettre en place des cours de perfectionnement dans et hors du pays pour les journalistes et managers.

"À l’ère numérique, un journaliste doit savoir écrire, prendre des photos, réaliser des vidéos, faire de l’infographie voire même connaître le langage de programmation", a estimé Lê Quôc Minh, directeur général adjoint de l’Agence Vietnamienne d’Information.

Les organes de presse doivent mieux comprendre l’inéluctabilité de l’innovation pour bien accompagner cette révolution technologique. Il leur faut également établir des stratégies de développement global pour faire face à l’importance grandissante des réseaux sociaux ainsi qu’à la presse multimédia.-CVN/VNA