La famille tient bon face aux épreuves

Les Asiatiques attachent une grande importance à la famille. Cette cellule permet à ses membres de faire face à bien des vicissitudes de la vie.
La famille tient bon face aux épreuves ảnh 1Dans la famille traditionnelle vietnamienne, la hiérarchie est strictement respectée.

Photo : CTV/CVN


Hanoï (VNA) - Les Asiatiques attachent une grande importance à la famille. Cette cellule permet à ses membres de faire face à bien des vicissitudes de la vie.

Le Japon et, après lui, les petits dragons - la République de Corée, Taïwan (Chine) et Singapour - puis la Chine ont accompli ce qu’on a appelé des miracles économiques. La crise monétaire et financière en Asie a eu lieu il y a à peine trois ans, et déjà, on parle de regain économique dans la région.

Est-ce grâce aux "valeurs asiatiques" ? Le sujet suscite d’âpres discussions chez les économistes, les anthropologues et les journalistes du monde entier.

Valeurs asiatiques

L’une des plus importantes "valeurs asiatiques", ou plutôt valeurs de l’Asie orientale empreintes de confucianisme, est incontestablement la famille. Au Vietnam, les 30 années de guerre, l’émigration massive à l’étranger après la guerre, l’individualisme forcené engendré par l’économie de marché et l’impact de la culture occidentale ont confronté l’institution familiale à de rudes épreuves. Elle n’en reste pas moins un bastion contre la globalisation et se désagrège moins que dans d’autres pays.

D’après l’étude d’Y. Higuchi, "pour le Vietnamien, la famille est le groupe social prioritaire, alors que chez les Japonais, ce sont plutôt les amis".

Une enquête sur les familles rurales à Duong Lâm et Ta Thanh Oai, en banlieue de Hanoï, montre que la solidarité entre les membres de la grande famille est solide. Les mariages se contractent souvent au sein du même village, du même hameau ou entre membres de villages assez proches, pour faciliter une certaine entraide économique et les fréquentations quotidiennes.

Comme les familles restent attachées plus ou moins à la souche, le clan familial avec ses lignées demeure une valeur traditionnelle qui, par ailleurs, est en train de se renforcer malgré les nombreuses vicissitudes de la période contemporaine.

Neuf générations

Au sein des neuf générations (cuu tôc), il existe des termes spéciaux pour désigner les membres de chaque génération : ky (trisaïeuls), cu (bisaïeul ou arrière-grands-parents), ông bà (grands-parents), cha me (parents), tôi (je), con (enfants), cháu (petit-enfants), chat (arrières-petits-enfants), chút (enfants des arrières-petits-enfants, descendants de la cinquième génération), chít (enfants des chút, descendants de la sixième génération).

Il existe des maisons de culte familial à plusieurs niveaux : le clan et la lignée (tu đuong) de la grande famille, et la famille "nucléaire", où l’autel des ancêtres n’honore que les tablettes funéraires remontant à la quatrième génération.

Le Vietnam possède environ 300 clans familiaux (gia tôc), c’est-à-dire 300 noms de famille. Le delta du fleuve Rouge en compte, à lui seul, 200. Chaque village regroupe quelques clans familiaux, et certains en ont seulement un ou deux.

La Chine possède quelque 1.000 clans familiaux, le Japon 100.000, l’Angleterre 16.000.

Au lendemain de la guerre, un vaste mouvement de rassemblement de clans familiaux se déchaîna spontanément. Cette quête des ancêtres mobilisa les gens du Nord au Sud, dans le pays et à l’étranger. Il s’est même créé un club de la culture familiale, patronné par l’Organisation vietnamienne de l’UNESCO. Ce regroupement a permis de découvrir les dimensions insoupçonnées de plus d’un clan familial, tel celui des Nguyên (1802-1945), coiffé par Nguyên Bac (Xe siècle), vaillant guerrier et éminent homme d’État qui aida Ðinh Bô Linh (924-979) à mettre fin à la période d’anarchie des 12 seigneurs de guerre et à fonder la dynastie royale des Ðinh (968-980). -CVN/VNA
 
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