La difficile équation financière du logement social

Faute de finances, le programme national sur le logement social lancé en 2009 tourne au ralenti. Au grand dam de beaucoup de familles modestes, surtout celles qui ont engagé des fonds.

Hanoi (VNA) – Faute de finances, le programme national sur le logement social lancé en 2009 tourne au ralenti. Au grand dam de beaucoup de familles modestes, surtout celles qui ont engagé des fonds.

La difficile équation financière du logement social ảnh 1Agglomération de Dang Xa, district de Gia Lâm, à Hanoi. Photo: VNA

Un logement social ou HLM (habitation à loyer modéré) est un logement destiné, à la suite d’une initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui ont des difficultés à se loger sur le marché privé.

Au Vietnam, la préoccupation de loger les familles les plus modestes est ancienne. La politique du logement social a en effet démarré il y a une dizaine d’années, avec le "Programme de développement des logements sociaux" doté d’un budget de  30.000 milliards de dôngs.

Des résultats initiaux ont été enregistrés, contribuant en partie à améliorer la vie des familles à bas revenus, à stabiliser le marché immobilier et à assurer la sécurité sociale.

Des rêves qui se concrétisent

"Je suis contente d’habiter avec ma famille dans cet appartement de 80 m², évalué à un milliard de dôngs, dans une agglomération bien pourvue en espaces verts, écoles, supermarchés, piscines...", déclare avec joie Nguyên Ngoc Linh, habitante de Citi Homes, à Cat Lai, Hô Chi Minh-Ville. Bénéficiaire du Programme de logement social financé par l’État, sa famille a pu emprunter une grosse somme à faible taux d’intérêt, qui sera remboursée  durant 15 ans. "Une habitation de rêve pour notre famille ouvrière", considère-t-elle.

À Hanoi, Trân Dung, lui aussi, a pu acheter à crédit son appartement de 65 m² dans l’agglomération de Dang Xa, district de Gia Lâm.

"Avant, nous vivions avec d’autres familles dans une petite maison du vieux quartier de Hanoi", confie-t-il. "Je suis content de notre nouveau logement, bien qu’il soit assez loin de mon lieu de travail".

La situation en chiffres et en faits

Ces deux dernières années, ledit programme a tourné au ralenti. Dans l’ensemble du pays, des projets se sont arrêtés, laissant ici et là des immeubles inachevés. Bien des familles qui avaient engagé des fonds sont tombées dans le désespoir, de peur de perdre les sommes versées. Les causes de ce coup d’arrêt sont nombreuses, mais la principale est la fin de l’enveloppe de 30.000 milliards de dôngs de l’État.

Jusqu’ici, le nombre de logements sociaux construits dans le cadre dudit programme ne répond qu’à 30% de la demande nationale, et celle-ci ne cesse de croître d’année en année, selon les experts.

La Stratégie nationale de développement des logements, ratifiée en 2009 par le Premier ministre, a fixé l’objectif de construire d’ici 2020 environ 12,5 millions de mètres carrés de logements destinés aux familles modestes. En 2018, nous sommes  encore très loin du compte. Car selon le ministère de la Construction, le pays ne compte que 186 projets d’HLM totalisant 3,8 millions de mètres carrés, soit moins du tiers de l’objectif fixé.

À Hô Chi Minh-Ville, on recense environ 476.000 familles en attente d’un logement. Et ce chiffre devrait croître d’ici 2020. Selon l’Institut municipal de développement, au cours de la période 2016-2020, quelque 100.000 familles souhaiteront un logement social. Mais, actuellement, la ville ne compte que 39 projets en cours ou en projet, soit 45.000 appartements au total.

Passant en revue le processus de développement des HLM, Nguyên Trân Nam, président de l’Union des biens immobiliers du Vietnam (VNREA), a rappelé qu’en 2009, le gouvernement avait prêté une attention particulière au segment des logements sociaux dans le cadre de la Stratégie nationale de développement des logements. Des politiques prioritaires ont été prises afin de mobiliser au mieux diverses sources financières (budgets locaux, entreprises, investisseurs…).

La décision gouvernementale d’accorder une enveloppe de 30.000 milliards de dôngs au Programme national de développement des logements sociaux a donné à celui-ci un second souffle. D’une pierre trois coups: amélioration de la vie des familles modestes, stabilisation du marché immobilier et assurance de la sécurité sociale.

Bientôt le bout du tunnel?

Malheureusement, depuis deux ans, la mobilisation des ressources financières s’avère difficile. Ce manque de fonds a ralenti voire bloqué des projets en cours.

Le pays compte actuellement 206 projets de logement social (totalisant 8,5 millions de mètres carrés) à l’arrêt en raison du manque de fonds, selon Vu Van Phân, directeur adjoint du Département de gestion des logements et du marché immobilier (relevant du ministère de la Construction).

De leur côté, les familles souhaitant acheter ne peuvent plus emprunter aux taux avantageux de ces dernières années.

"Le marché immobilier connaît une croissance continue, à l’exception du segment des logements sociaux. Celui-ci doit être redynamisé et cela nécessitera l’engagement de toute la communauté, des localités, des branches d’activités, des investisseurs...", indique le responsable de VNREA. Selon lui, "la relance de ce segment entraînera dans son sillage bon nombre d’activités économiques".

Une bonne nouvelle a été annoncée par le responsable du Département de gestion des logements et du marché immobilier, Vu Van Phân: le gouvernement a décidé récemment d’accorder 500 milliards de dôngs à la Banque des politiques sociales, qui aura pour tâche de mobiliser  une somme équivalente afin de relancer le programme de logement social.

Est-ce bientôt le bout du tunnel? De toute évidence, le chemin restera encore difficile, et le succès du programme dépendra des efforts de toutes les parties concernées. – CNV/VNA

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