Investissement et financement culturels: expériences internationales et leçons pour le Vietnam

Pour développer la culture, plusieurs pays ont mis en place des modèles d’investissement et de financement performants, créant des valeurs durables pour la communauté. Autant d’exemples dont le Vietnam pourrait s’inspirer en les adaptant à ses conditions spécifiques.

Un coin de Hô Chi Minh-ville vu d'en haut. Photo : VOV
Un coin de Hô Chi Minh-ville vu d'en haut. Photo : VOV

Hanoï (VNA) - Pour développer la culture, plusieurs pays ont mis en place des modèles d’investissement et de financement performants, créant des valeurs durables pour la communauté. Autant d’exemples dont le Vietnam pourrait s’inspirer en les adaptant à ses conditions spécifiques.

La France, les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, la République de Corée et la Chine sont souvent cités comme des modèles à suivre en termes d’investissement et de financement culturels. Ces pays disposent d’un écosystème culturel florissant grâce notamment à des sources de financement variées, venant de la part de l’État, mais aussi d’entreprises, d’organisations non gouvernementales et de la communauté. Les pépinières culturelles y sont encouragées et bénéficient d’un soutien de l’État, ce qui n’est pas encore le cas au Vietnam, comme nous le révèle Nguyên Thi Thu Phuong, directrice de l’Institut national de culture et d’art du Vietnam, qui apprécie beaucoup le modèle français.

«Je trouve que le modèle français est celui d'un architecte. En d'autres termes, l'État joue un rôle clé en investissant dans les infrastructures culturelles, la préservation du patrimoine, le soutien aux artistes et la recherche. Ces investissements sont conçus pour être durables. L'État intervient directement, mais de manière à favoriser la création, sans interférer dans le processus artistique des créateurs», note-t-elle.

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La station touristique Vinpearl Nha Trang vue depuis le téléphérique. Photo : VOV

Selon Nguyên Thi Thu Phuong, il convient également de réserver aux projets artistiques des avantages fiscaux et des prêts à bas taux d’intérêt. Une proposition partagée par Truong Uyên Ly, chercheuse spécialisée dans les espaces culturels créatifs.
«L’Europe a mis en place des tarifs fiscaux différents pour les entreprises opérant dans le domaine culturel, ce qui n’est pas encore le cas au Vietnam. Je pense qu’il faudra organiser des dialogues à ce sujet, impliquant le fisc, les administrations culturelles, les juristes, les spécialistes, les entreprises et les investisseurs», recommande-t-elle.

De nombreux spécialistes jugent nécessaire de renforcer la coopération public-privé et d’adopter des mesures incitatives susceptibles d’attirer davantage d’investissements privés dans le domaine culturel. Nguyên Quôc Trung, musicien, producteur de musique et directeur de la société Thanh Viêt Production, a aussi quelques initiatives à proposer.

«Il est essentiel d'élaborer un plan à long terme, de manière professionnelle. À mon avis, les institutions gouvernementales devraient créer des comités artistiques regroupant des commissaires d'exposition et des praticiens de l'art. Ces experts apportent des perspectives nouvelles et différentes de celles des organismes de gestion, ce qui permet de diversifier les approches culturelles. Cela offre également une évaluation plus objective des projets artistiques. Par ailleurs, la création de comités d'évaluation permettrait de définir des priorités pour les investissements de l'État dans des projets externes», indique-t-il.

Dans un monde de plus en plus globalisé et intégré, la culture devient un élément clé pour affirmer l'identité nationale et renforcer la place d'un pays sur la scène internationale. L'investissement et le financement de la culture sont essentiels non seulement pour préserver le patrimoine et développer les industries créatives, mais aussi pour mobiliser les ressources nécessaires à l’atteinte des objectifs de développement durable et à l'amélioration de la qualité de vie de la population. - VOV/VNA

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