Hôi An, un ancien port international du Vietnam

Après avoir goûté le charme de Huê, la Cité impériale, vieille de 200 ans, le touriste pourra pousser quelque 130 km plus au sud pour faire connaissance avec l’ancien port international de Hôi An.
Quang Nam (VNA) – Après avoir goûté le charme ensorcelant de Huê, la Cité impériale, vieille de 200 ans, le touriste pourra pousser quelque 130 km plus au sud pour faire connaissance avec l’ancien port international de Hôi An, son aîné de deux siècles.
Hôi An, un ancien port international du Vietnam ảnh 1La vieille ville de Hôi An, province de Quang Nam (Centre), a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO le 4 décembre 1999. Photo: Saigontourist

Contrairement à son homologue Phô Hiên (province de Hung Yên) qui ne laisse plus que de rares traces dans le Nord du Vietnam, Hôi An (province centrale de Quang Nam) constitue notre unique vieille concentration urbaine qui soit restée intacte, patrimoine culturel et historique sans prix, vivant musée d’art et d’architecture, témoin d’une période de commerce extérieur florissant.

L’autre nom de Hôi An, Faïfo, est mentionné pour la première fois dans les mémoires de Christoforo Borri qui vivait dans le Centre du Vietnam de 1618 à 1621. Quel est le sens du mot Faïfo? L’interprétation selon laquelle Faïfo aurait été la déformation de la question posée par un étranger "Có phai phô không?" (Est-ce la rue, la cité?) est plutôt fantaisiste. Il serait plus raisonnable de penser que Faïfo est une variante phonétique de Hoài Phô (rue, port de Hoài) ou Hai Phô (rue, port maritime), autre nom de Hôi An.

Deux contrées rivales

Ancien port du Champa, Hôi An émergea vers le XVIe siècle pour atteindre son apogée au XVIIe siècle.

Le Vietnam, sous l’autorité nominale de la dynastie des Lê postérieurs (1428-1789), était divisé en deux contrées rivales: le Nord ou Tonquin (Ðàng Ngoài) administré par le clan shogounal des Trinh, et le Sud ou Cochinchine (Ðàng Trong) gouverné par le clan shogounal des Nguyên.

Chaque région développa son propre centre de commerce extérieur, Phô Hiên au Nord et Hôi An au Sud, pour profiter de la nouvelle extension du commerce international dans l’Asie du Sud-Est aux XVIe et XVIIe siècles.

Dans le sillage des découvertes de nouvelles terres au XVe siècle, les puissances occidentales s’infiltraient en Asie orientale. Des bateaux marchands, d’abord du Portugal, puis de Hollande, d’Angleterre et de France, accostaient à Hôi An et d’autres ports du Vietnam.
Hôi An, un ancien port international du Vietnam ảnh 2Il y a quelques centaines d’années, Hôi An était un port maritime international animé. Photo: CTV/CVN

Hôi An subit l’influence de la politique commerciale de la Chine et du Japon. Pratiquant celle de la porte fermée, la Chine des Ming n’a permis à ses bateaux de commercer avec le Sud-Est asiatique qu’à partir de 1567 tout en continuant à interdire l’exportation au Japon de certains produits.

Pour tourner cet interdit, le Shogounat japonais a laissé les bateaux shuinsen (munis d’une autorisation spéciale) voyager vers le Sud-Est asiatique pour acquérir les produits chinois. Cette manœuvre dura jusqu’à 1636. Pendant cette période-là, les échanges nippo-vietnamiens se firent essentiellement par Hôi An.

Hôi An à la période coloniale

En Chine, les Ming furent renversés en 1649 par les Qing; nombre de Chinois fidèles aux Ming émigrèrent au Sud-Est asiatique, en particulier à Hôi An où vinrent aussi commercer des marchands de Taïwan (Chine). Hôi An eut un quartier chinois qui a laissé des sièges de congrégation et des temples, un quartier japonais dont les vestiges comprennent un pont, des tombeaux et une stèle.

Les Hollandais, les Anglais, les Français… établirent des comptoirs à Hôi An qui fut également une des portes d’entrée du catholicisme occidental au Vietnam.

À partir du XVIIIe siècle, les changements politiques dans le pays et le monde ainsi que les changements topographiques de la région ont relégué Hôi An dans l’ombre. Ðà Nang (Tourane), à 32 km de Hôi An, prendra sa relève comme port.

Dans l’ensemble, Hôi An d’aujourd’hui a conservé ses traits du XIXe siècle. Mais de nombreux vestiges parlent d’un passé plus ancien. Que faire pour préserver l’ancien et développer le nouveau, marier l’histoire et la vie, conserver ce musée vivant? Tel est l’urgent problème qui se pose en ce temps d’économie de marché. – Huu Ngoc/CVN/VNA


Voir plus

Rencontre d'affaires en Thaïlande visant à promouvoir le tourisme de Can Tho. Photo: VNA

Can Tho renforce la promotion de son potentiel touristique sur le marche thaïlandais

Can Tho possède de nombreux atouts touristiques, notamment le marché flottant de Cai Rang, ses vergers, ses villages d'artisanat traditionnel, sa gastronomie typique et ses festivals culturels. Can Tho s'attache à développer une offre touristique de haute qualité, durable et intelligente, axée sur le tourisme écologique, le tourisme de villégiature, le tourisme culturel et spirituel, ainsi que le tourisme MICE.

Face aux exigences croissantes de la transformation numérique et de la transition verte, le secteur touristique vietnamien est appelé à adapter et à normaliser ses ressources humaines. Photo: VNA

Tourisme : la transition numérique et verte passe par des ressources humaines de qualité

Face aux exigences croissantes de la transformation numérique et de la transition verte, le secteur touristique vietnamien est appelé à adapter et à normaliser ses ressources humaines. Le développement de nouvelles compétences apparaît désormais comme une condition essentielle pour renforcer la compétitivité et assurer une croissance durable du tourisme.

Le marché Bên Thanh à Hô Chi Minh-Ville attitre un grand nombre de touristes étrangers. Photo: VNA

Le tourisme vietnamien atteint 56 % de son objectif annuel grâce à la progression des arrivées internationals

Le Vietnam a accueilli 13,9 millions de visiteurs étrangers au cours des sept premiers mois de 2026, soit une progression de 13,8 % sur un an. Cette dynamique, portée par les politiques de facilitation des visas, l'amélioration des liaisons aériennes et la diversification de l'offre touristique, permet au secteur d'avoir déjà atteint plus de la moitié de son objectif annuel de 25 millions de visiteurs internationaux.

Trois statues de Bouddha en céramique au corps d'oiseau seront présentées à l’exposition. Photo : Sun World Ba Den Mountain

Les céramiques spirituelles font vibrer le mont Bà Den à Tây Ninh

Une exposition de céramique, Sutras de céramique - Le son du monde, se tiendra du 8 août au 6 septembre, présentant plus de 400 sculptures en céramique sur le thème bouddhiste de l'artiste Nguyên Tuân, connu sous le nom de Tuân Gôm, et d'artisans du village de poterie de Phu Lang dans la province septentrionale de Bac Ninh.

La pagode Tran Quoc - une attraction touristique reconnue de Hanoï. Photo : VNA

Hanoi accueille plus de 21,16 millions de visiteurs en sept mois ​

Porté par une forte progression de la fréquentation internationale et des recettes touristiques, le tourisme de Hanoi a enregistré plus de 21,16 millions de visiteurs au cours des sept premiers mois de 2026, soit une hausse de 15 % sur un an, confirmant l'attractivité croissante de la capitale vietnamienne.

Un stand de promotion touristique à l'aéroport international de Tan Son Nhat, à Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA.

Ho Chi Minh-Ville mise sur une offre touristique intégrée pour séduire les visiteurs

Selon le Département municipal du Tourisme, au cours des sept premiers mois de 2026, Ho Chi Minh-Ville a accueilli plus de 7,1 millions de visiteurs internationaux, soit une hausse de 42,7 % par rapport à la même période de l’an dernier. Le nombre de touristes nationaux a atteint 31,6 millions. Les recettes touristiques se sont élevées à plus de 237.500 milliards de dôngs, en progression de 55,3 %, représentant 72 % de l’objectif fixé pour l’année.

Des visiteurs dégustent des spécialités de Huê. Photo: VNA

Agoda : Huê parmi les destinations gastronomiques traditionnelles les plus uniques d'Asie

Huê se distingue notamment par sa cuisine impériale, héritée de l’époque où la ville était la capitale de la dynastie des Nguyên. Cette tradition culinaire est reconnue pour la finesse de ses saveurs, le soin apporté à la préparation des plats ainsi qu’à leur présentation. Des spécialités telles que « bun bo Huê », « banh beo », « banh khoai » ou encore « banh bôt loc » illustrent la diversité de cette cuisine et contribuent à préserver l’identité culturelle de l’ancienne cité impériale.