​Le 5 juin 1911, le jeune Nguyên Tât Thành monta sur le paquebot Amiral Latouche-Tréville pour partir à la recherche de la voie du salut national. Photo: VNA 
 

Hô Chi Minh-Ville (VNA) - La mégapole du Sud a connu de profonds changements au fils des années pour devenir un poumon économique du pays. Retour sur une histoire mêlant aspirations révolutionnaires et désir de progrès.

Lors de sa première session tenue du 24 juin au 3 juillet 1976, l’Assemblée nationale vietnamienne de la VIe législature avait décidé de modifier le nom de la ville de Saigon - Gia Dinh en Hô Chi Minh-Ville. Pour ses habitants, le changement est un grand honneur, et reflète leur affection pour le président Hô Chi Minh.

L’empreinte de Hô Chi Minh sur la ville de Saigon

Le Sud était administré par les Français, et Saigon incarnait à la fois un centre politique, économique, social et culturel pour toute la région pendant les premières années du XXe siècle. Depuis 1862, l’Hexagone avait fixé pour objectif de faire de Saigon le plus grand centre urbain de l’Indochine, et de devenir la Venise d’Asie. Parallèlement à l’urbanisation, les colons ont implanté en filigrane un système administratif, éducatif et culturel «à la française». À partir de 1897, la France a commencé l’exploitation économique de sa colonie, faisant à la fois du Vietnam un vaste chantier d’extraction de matières premières et fournisseur d’une main-d’œuvre à bas prix.

Une vue panoramique de Hô Chi Minh-Ville d'aujourd'hui. Photo: VNA

Saigon a vu dès lors éclore une économie industrielle et vu germer les prémisses du courant capitaliste. Mais en parallèle, elle était devenue également le berceau de la première classe ouvrière moderne au Vietnam, témoignant des mouvements révolutionnaires. Et c’est sans nul doute ce qui a attiré un tout jeune Nguyên Tât Thành, qui sera connu plus tard sous le nom de Hô Chi Minh. À Saigon, le jeune Nguyên Tât Thành a été témoin de l’exploitation brutale des Français, et des conditions de vie misérables des travailleurs. Des éléments qui ont largement contribué à développer l’esprit patriotique du jeune homme, et nourri son idée d’expatriation. Le 5 juin 1911, à l’âge de 21 ans, il se rendit au port de Nhà Rông et monta sur le paquebot Amiral Latouche-Tréville pour partir à la recherche de la voie du salut national.

Nouvelle physionomie de Hô Chi Minh-Ville

40 ans après son nouveau nom, Hô Chi Minh-Ville a connu des changements tous azimuts. À partir d’un centre urbain d’une envergure modeste, la mégapole du Sud est devenue une ville moderne avec ses grands immeubles et de longues les avenues, devenant dès lors la locomotive économique du pays.
 
Les grands immeubles embellissent Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

«Saigon était petite à l’époque. Sa superficie était équivalente à celle du 1er arrondissement de Hô Chi Minh-Ville d’aujourd’hui», se souvient Khuong Van Muoi, ancien président de l’Association municipale des architectes. L’image des taudis au bord du fleuve Saigon est gravée à jamais dans sa mémoire. Aujourd’hui, la mégapole peut se montrer fière de ses ouvrages d’envergure, avec par exemple l’avenue Nguyên Van Linh, l’autoroute de Hanoi, les ponts Phu My et Rach Chiêc ou encore le tunnel de Thu Thiêm. «Une Hô Chi Minh-Ville moderne s’explique par les efforts conjugués par les dirigeants et les habitants dans la recherche d’une nouvelle voie de développement pour la ville», souligne Nguyên Thành Tài, ancien vice-président du Comité populaire municipal.

Hô Chi Minh-Ville a construit 15 zones industrielles (ZI) et zones franches sur une superficie de 2.500 ha réparties dans 9 arrondissements et districts. Elles ont attiré un afflux de fonds d’investissements directs étrangers (IDE). Rien qu’en 2015, les IDE ont permis d’injecter près de 3 milliards de dollars. À l’heure d’aujourd’hui, la ville est un bassin très important pour l’emploi dans toute la région, et même dans tout le pays.

La vie économique et culturelle des habitants s’est nettement améliorée par la mise en application de nombreuses politiques, telles que le développement des assurances sociales, l’ouverture de l’assurance-santé à tous, l’accélération de la lutte contre la pauvreté, et la réduction des inégalités entre les zones urbaine et rurale.

Hô Chi Minh-Ville est la première localité qui a mis en place le programme de stabilisation de prix depuis 2002, et ce pour près de 500 produits. À la fin 2015, la ville a compté près de 9.000 points de vente participant au programme. Des milliers de ventes ambulantes ont été organisées en faveur des habitants pauvres des régions lointaines, des zones industrielles et des zones franches.

Une série de projets de construction des logements à bas prix a été déployée, où près de 10.000 appartements ont été bâtis pour les ouvriers. La ville favorise également les systèmes d’approvisionnement en eau pour les habitants suburbains. De nombreux ouvrages hydrauliques ont été également mis sur pied, favorisant la production agricole et industrielle. -CVN/VNA