Hanoi (VNA) - Sur la base des orientations du gouvernement, conjuguées à une évaluation globale des atouts et des capacités existantes de Hô Chi Minh-Ville ainsi qu’aux besoins des clientèles potentielles, le Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC) est appelé à se développer autour de quatre groupes de produits piliers. Ceux-ci constituent un socle essentiel pour faire de Hô Chi Minh-Ville un centre financier compétitif à l’échelle régionale et internationale.
Selon le projet de Stratégie de développement du VIFC-HCMC, ces quatre piliers comprennent : le marché international des capitaux ; les services financiers au service du commerce international ; la banque numérique et la fintech ; ainsi que de nouveaux produits et services financiers destinés à des segments de marché de niche. Parmi eux, le pilier du marché international des capitaux joue un rôle fondamental, en se concentrant sur le développement de services financiers traditionnels, essentiels et à forte valeur ajoutée, afin d’assurer le fonctionnement efficace du Centre.
Le projet est élaboré sous la conduite de l’Autorité de gestion du VIFC-HCMC, avec l’appui du cabinet Boston Consulting Group (BCG). Lors du séminaire intitulé « Stratégie de développement du VIFC-HCMC », tenu le 28 janvier, M. Arnaud Ginolin, directeur exécutif de BCG, a recommandé de donner la priorité, dans le pilier du marché des capitaux, au développement du marché de la dette – notamment les obligations et les prêts internationaux – parallèlement à l’essor progressif du marché des capitaux propres.
Selon Arnaud Ginolin, bien que les entreprises vietnamiennes aient désormais accès aux marchés internationaux des capitaux, les coûts de transaction demeurent élevés et la dépendance vis-à-vis des intermédiaires financiers régionaux reste importante. Or, la valeur ajoutée d’un centre financier international réside précisément dans la réduction des coûts, la simplification des procédures et la limitation du recours à des places intermédiaires telles que Singapour ou Hong Kong (Chine). Parallèlement, le développement d’un écosystème de services d’appui – juridique, fiscal et de conseil – est jugé déterminant pour soutenir les investisseurs étrangers, renforcer la transparence et améliorer le niveau de conformité du marché vietnamien.
S’agissant du pilier des services financiers au service du commerce international, BCG estime que plusieurs produits peuvent être déployés rapidement, notamment la banque de transaction, les paiements transfrontaliers, le financement du commerce et de la chaîne d’approvisionnement. L’objectif est de répondre aux besoins à la fois des entreprises à capitaux étrangers et des entreprises vietnamiennes engagées dans l’expansion internationale, en vue de faire émerger, dans les prochaines années, un pôle régional de financement du commerce.
Dans le domaine de la banque numérique et de la fintech, l’accent est mis sur la création d’un centre de banque digitale, permettant aux établissements financiers internationaux d’y implanter des « hubs » de développement de plateformes et d’applications numériques. L’association du modèle de centre financier international avec un mécanisme de « sandbox » est également appelée à offrir un environnement d’expérimentation favorable, facilitant une participation plus approfondie des investisseurs étrangers à l’écosystème fintech de Hô Chi Minh-Ville.
Outre ces piliers majeurs, la Stratégie prévoit le développement progressif de produits et services financiers ciblant des marchés de niche, tels que la finance des matières premières (hors or), la finance verte et la finance maritime. Selon la feuille de route proposée, ces segments devraient être mis en œuvre à moyen terme, une fois que les fondations du marché auront atteint un niveau de maturité suffisant.
Apportant ses contributions au projet, le Dr Cấn Văn Lực, économiste en chef de la Banque BIDV, a souligné la nécessité d’un calendrier clair afin d’éviter la dispersion des ressources. Il a recommandé de prioriser, dans un premier temps, les produits financiers traditionnels pouvant être déployés rapidement dans le cadre du Centre financier international. Pour le secteur bancaire, l’exigence de créer des filiales dotées d’un capital social élevé constitue un défi notable, appelant à un mécanisme de contribution progressive. En revanche, les secteurs des valeurs mobilières et de l’assurance sont considérés comme moins contraints en termes de capital.
Les experts ont également mis en avant le rôle des fonds d’investissement, en particulier ceux dédiés au développement scientifique et technologique ainsi qu’au soutien des start-up, afin de combler le déficit de financement de l’innovation. Par ailleurs, la promotion de produits de finance verte, tels que les obligations vertes, les actions vertes et le crédit vert, est identifiée comme une orientation stratégique, le VIFC-HCMC étant appelé à jouer un rôle de catalyseur et de chef de file.
Selon des représentants de l’Institut Tony Blair, à court terme, la priorité du VIFC-HCMC doit être la consolidation du cadre institutionnel, de l’organisation et des politiques, tout en attirant un noyau initial d’acteurs clés afin de renforcer la confiance des investisseurs internationaux. À moyen terme, le Centre devrait être positionné comme un pôle financier et un marché régional des capitaux, avant d’évoluer, à plus long terme, vers un centre financier international à part entière, doté d’un écosystème complet de produits, assorti d’objectifs précis en matière de taille de marché, de mobilisation des capitaux et de participation des investisseurs.- VNA