Hô Chi Minh, fondateur de la presse révolutionnaire nationale

Le Président Hô Chi Minh (1890-1969), leader hors du commun du Vietnam, héros de la libération nationale, fut aussi un journaliste talentueux. En 50 ans, il a signé 2.000 articles en vietnamien et en langues étrangères. Retour sur cet aspect moins connu de son œuvre.
Le Président Hô Chi Minh(1890-1969), leader hors du commun du Vietnam, héros de la libérationnationale, fut aussi un journaliste talentueux. En 50 ans, il a signé2.000 articles en vietnamien et en langues étrangères. Retour sur cetaspect moins connu de son œuvre.

La presse révolutionnairevietnamienne célèbre, ce mois de juin, son 90e anniversaire (21 juin).Lorsqu’on évoque son histoire, impossible de passer à côté du rôle etdes contributions du Président Hô Chi Minh dans son développement. Le 21juin 1925, est paru le premier numéro du journal Thanh Niên (LesJeunes), fondé par Hô Chi Minh. Une date qui marque la naissance de lapresse révolutionnaire du Vietnam, dont l’activité a été profondémentinfluencée par les pensées humaines de l’Oncle Hô.

Hô ChiMinh a commencé à faire du journalisme en 1919. Il a pratiqué ce métierjusqu’à sa mort, en 1969. En 50 ans de carrière, il a signé environ2.000 articles - dont de nombreux en langues étrangères (français,chinois, anglais et russe) - utilisant près de 200 pseudonymes. Unrecord et un chiffre admirable pour n’importe quel professionnel. Durantsa lutte pour l’indépendance nationale, Hô Chi Minh a aussi étéfondateur, cofondateur et rédacteur en chef de beaucoup de journaux dansle pays et à l’étranger.

Des papiers publiés à Paris


En1919, alors qu’il vivait à Paris, Hô Chi Minh, sous le nom de Nguyên AiQuôc (Nguyên le Patriote), a écrit son premier article mettant enlumière les noirs desseins des colons français au Vietnam, en réponse àun article paru le 27 juin 1919 dans Le Courrier Colonial, un journalsoutenu par le régime colonial en Indochine.

Le 1er avril1922, toujours en plein cœur de la capital française, le Paria, unepublication en français dont il était le directeur et le rédacteur enchef, est paru. Nguyên Ai Quôc y a publié 30 articles de divers genresjournalistiques. La plupart étaient destinés à dénoncer la machine etles crimes du colonialisme en Indochine et dans d’autres colonies. Aprèsavoir quitté Paris pour l’Union soviétique (actuelle Russie), il acontinué à diriger le Paria. Il était également correspondant pourL’International communiste, L’Humanité, La Vie ouvrière ou encorePravda.

En 1924, Nguyên Ai Quôc est arrivé à Guangxi(Chine), alors le centre des mouvements révolutionnaires en Asie. Et cepour préparer la fondation de l’Association des jeunes révolutionnairesvietnamiens, une organisation qui a préfiguré la fondation du Particommuniste indochinois, puis du Parti communiste vietnamien. Il y afondé le journal Thanh Niên, l’organe de ladite Association, qui a étépublié jusqu’en 1929.

Fondateur de journaux révolutionnaires


Aprèsdes années d’activités en Chine, Hô Chi Minh est revenu dans son paysnatal, au printemps 1941, pour diriger le mouvement révolutionnaire duVietnam. Entre 1941-1942, il s’est concentré sur les activités del’Association pour le Salut national du Front du Viêt minh (Front del’indépendance du Vietnam). Pour renforcer son activité, il a créé lejournal Viêt Nam Dôc Lâp (Le Vietnam indépendant). Le premier numéro estsorti le 1er août 1941. La raison d’être de cette publication étaitprécisée en Une: faire sortir les Vietnamiens de la pauvreté, faire duVietnam un pays de paix et d’égalité.

Hô Chi Minh arégulièrement publié, dans tous les numéros du journal, de nombreuxarticles de différents genres journalistiques, qui dénoncent les crimesdes colons français et du fascisme japonais au Vietnam, appellent lepeuple vietnamien à s’unir pour faire la révolution. Ses analysesprofondes et pointues sur la situation révolutionnaire ont permis auxmilitaires et habitants vietnamiens de comprendre les politiques duParti communiste vietnamien, fondé en 1930.

Ce journal agrandement contribué à la propagande et à la sensibilisation du peupleaux préparatifs de la Révolution d’Août 1945. Après cette date, Viêt NamDôc Lâp a continué à être publié dans la région Cao-Bac-Lang (actuellesprovinces de Cao Bang, Bac Kan et Lang Son). Outre Viêt Nam Dôc Lâp, HôChi Minh a dirigé directement d’autres journaux dont Tiên phong(L’Avant-garde), Co giai phong (Le Drapeau de la libération), Su thât(La Vérité) et Nhân Dân (Le Peuple).

Un style rédactionnel épuré


HôChi Minh savait vulgariser. Il écrivait de manière épurée, utilisantdes mots qui parlaient aux lecteurs. L’ancien Premier ministre Pham VanDông (1906-2000) en parle dans son ouvrage Hô Chi Minh-môt con nguoi,môt dân tôc, môt thoi dai, môt su nghiêp (Hô Chi Minh, un homme, unenation, une époque et une œuvre). «Hô Chi Minh est un stratège, unleader et en même temps un homme de culture et un journaliste. Duranttoute sa vie, Hô Chi Minh est resté un brave combattant sur le frontculturel et journalistique[...] Son style d’écriture était varié, touten gardant une teinte populaire[...] Il utilisait des expressionsproches des lecteurs, des phrases simples, mais pleines d’imagination».

Ledernier article de Hô Chi Minh, intitulé Nâng cao trach nhiêm cham socthiêu niên nhi dông (Pour plus de responsabilité dans les soins desenfants), a été publié le 1er juin 1969 dans le journal Lao Dông (LeTravail), à l’occasion de la Journée internationale des enfants. Cetarticle, il l’a écrit avec toute l’affection qu’il avait pour les jeunesgénérations du pays. –VNA/CVN

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