Hà Thi Câu: il était une voix au Vietnam

Hà Thi Câu, la dernière chansonnière professionnelle du hat xâm (chant des aveugles), s'est éteinte dimanche à l’âge de 96 ans dans son village natal dans la province de Ninh Binh (Nord).
Hà Thi Câu, unefigure qui a contribué à la renaissance de l’art traditionnel hat xâm(chant des aveugles), s'est éteinte dimanche à l’âge de 96 ans dans sonvillage natal de Quang Phuc, commune de Yên Phong, district de Yên Mô,province de Ninh Binh (Nord).

Il serait impossiblede parler de cet art au Vietnam sans mentionner son nom. Élue "Artiste populaire" par l'Association des lettres et des arts folkloriques duVietnam, artiste émérite par l’État, lauréate du Prix Dào Tân, Hà ThiCâu appartient à une famille dont trois générations se sont consacréesau hat xâm avant elle.

Une belle voix naturelle, une viole àdeux cordes et des claquettes, à huit ans, elle commence déjà à arpenterles marchés en chantant pour gagner de quoi vivre. Et pour l'anecdote,si ses parents et son époux étaient aveugles, elle voyait parfaitement.

Le talent de Hà Thi Câu est nationalement reconnu,d’abord avec le morceau Enfants, suivez le Parti à vie, qu’elle acomposé et interprété en 1975 après la réunification du pays. Plus tard,lorsque sa santé lui permet, la chansonnière, foulard sur la tête etveste légère en laine sur le dos, monte sur scène. Ses doigts osseuxfaisaient preuve d'une rare maestria en se déplaçant sur les touches desa viole à deux cordes. Sa voix, chargée d'émotion, donnait le frisson.

Elle possède un riche répertoire qu’elle a encoreen mémoire malgré son grand âge. Elle continue de chanter, car «onm’invite fréquemment dans les pagodes ou les temples. Les fidèlesveulent toujours écouter des airs traditionnels qui sont en parfaiteharmonie avec ces lieux sacrés», avait-elle confié avec un brin defierté.

Avec de grands airs comme Huê tinh (Chantmadrigal), Ba bâc (Trois tons), Thâp ân (Dix bienfaits), Co la(L’aigrette plane), Hà Thi Câu constituait l'un des derniers patrimoinesvivants du hat xâm, un art traditionnel qui remonte à la dynastie desTrân (XIIIe siècle).

Le hat xâm perd sa dernièrechansonnière professionnelle avec la disparition de la vénérable HàThi Câu, héroïne de Xâm Rouge, un film documentairesigné Luong Dình Dung. Et aucun de ses trois enfants n'a pris larelève.

Perçu hier comme une profession, mais uneprofession ô combien pénible, ceux qui aujourd'hui veulent s'y consacrerse comptent sur les doigts de la main. Transmis oralement et soumis àdes règles très strictes, il faut un temps considérable pour en saisirtoutes les subtilités et l'interpréter.

Selon levice-président du Comité populaire de Ninh Binh, Trân Huu Binh, cetteprovince met en œuvre le projet de restitution, de conservation et dedéveloppement du hat xâm. Ce programme vise à collecter, éditer et divulguer ses airs, avant de préparer le dossier decandidature auprès de l’UNESCO en vue d'une consécration mondiale. - AVI

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