Formosa : un an après, la vie reprend son cours

En avril 2016, l’entreprise taïwanaise Formosa à Hà Tinh était responsable de la plus grave pollution marine au Vietnam. Un «incident» qui a durement touché la région littorale du Centre.

Hà Tinh (VNA) - En avril 2016, l’entreprise taïwanaise Formosa à Hà Tinh était responsable de la plus grave pollution marine au Vietnam. Un «incident» qui a durement touché la région littorale du Centre. Un an après, l’activité a repris et l’environnement marin se porte mieux.

Formosa : un an après, la vie reprend son cours ảnh 1Dans le port de Cua Sot, district de Thach Kim, province de Hà Tinh, un kilo de cabillaud se négocie autour de 200.000 dôngs. Photo : Phan Quân/VNA/CVN

Une atmosphère de travail fiévreuse règne dans le port de Cua Sot, district de Thach Kim, province centrale de Hà Tinh. De bon matin, y débarquent les bateaux de pêche, remplis à ras bord de fruits de mer comme cabillauds, sardinelles, calmars... À chaque fois que les cales sont délestées de leur cargaison, ce sont des dizaines de millions de dôngs qui attendent les propriétaires de ces navires de pêche hauturière d’une puissance de 300 CV à 820 CV. Un kilo de cabillaud se négocie en effet autour de 200.000 dôngs, et un kilo de seiche, de 250.000 dôngs. Une affaire rentable.

«La pêche est bonne depuis longtemps ! Tous les bateaux sont remplis, notamment de sardinelles et de calmars, partage Nguyên Suu, un pêcheur du district de Thach Kim. Mais cette année, comparé à d’habitude, le rendement est beaucoup plus élevé. Depuis quelques semaines, à chaque retour, la livraison nous permet d’engranger des dizaines de millions de dôngs !». Selon Bùi Tuân Son, directeur du Comité de gestion du port de pêche de Cua Sot, entre janvier et février, les pêcheurs locaux ont capturé 1.600 tonnes de produits de la mer. Et sur le seul mois de mars, 1.000 tonnes ont été débarquées, soit une hausse de 5-10% sur un an.

Une excellente nouvelle pour les pêcheurs locaux, «le scandale écologique» causé par la Sarl de sidérurgie Hung Nghiêp Formosa Hà Tinh ayant mis au chômage technique de nombreux pêcheurs pendant près d’un an, car les produits de la mer ne se vendaient pas, ou à des prix trop bas pour couvrir les frais.

Hà Tinh est l’une des quatre provinces du Centre (avec Quang Binh, Quang Tri et Thua Thiên-Huê) ayant été directement influencées par la pollution causée il y a un an par la Sarl de  sidérurgie Hung Nghiêp Formasa Hà Tinh. Les communes de Ky Liên, Ky Hà, Ky Loi, Ky Long, Ky Phuong et une partie de la commune de Ky Nam et du chef-lieu de Ky Anh ont été les plus touchées, avec des pertes estimées à 260 milliards de dôngs.

Des efforts de tout le système politique

Après cet «incident environnemental» qui a fait de longues semaines la Une de l’actualité vietnamienne, les représentants du Comité du Front de la Patrie de la province de Hà Tinh sont allés sur le terrain pour calmer les habitants des régions sinistrées. Ils ont également mobilisé les organisations, collectivités pour dépolluer l’environnement marin, ramasser et détruire les tonnes de faune retrouvée morte.

En outre, le Comité provincial du Front de la Patrie a aidé les pêcheurs à remédier aux conséquences et coopéré avec le Comité populaire de la province dans la direction et la surveillance des indemnisations. Nguyên Hông Cuong, chef du Bureau du Comité populaire du chef-lieu de Ky Anh, fait savoir que suite à la directive du gouvernement sur le travail de dédommagements, le chef-lieu de Ky Anh a immédiatement effectué des démarches nécessaires pour remettre des compensations aux sinistrés. À ce jour, les autorités ont versé l’intégralité de la première tranche d’indemnités à 6.798 victimes, soit un total de 224 milliards de dôngs. Avec des résultats immédiats : les habitants ont pu commencer à construire des bateaux de pêche hauturière, à trouver de nouveaux emplois, permettant à l’économie locale de repartir.

Autre exemple avec la commune de Ky Hà, l’une des localités les plus durement affectées par cette pollution. Ses habitants - essentiellement des catholiques vivant de la pêche - ont reçu des indemnités et des prêts à taux préférentiel. Cela leur a permis de construire de nouveaux bateaux d’une puissance de plus de 500 CV, facturés en moyenne 2 milliards de dôngs/pièce. Dans le seul village de Hai Hà, les habitants préparent la mise à flots de trois bateaux de ce type, ce qui représente un investissement de près de 10 milliards de dôngs.

«Pendant un an après l’incident, ma famille était au chômage technique. Impossible en effet de vendre les produits de notre pêche. Grâce aux indemnités, j’ai modernisé notre bateau pour pouvoir partir en haute mer», partage Nguyên Su, du village de Hai Hà.


Formosa placée sous haute surveillance

Formosa : un an après, la vie reprend son cours ảnh 2Chaque livraison permet aux pêcheurs de Thach Kim d’engranger des dizaines de millions de dôngs à chaque retour. Photo : Phan Quân/VNA/CVN

Pour rappel, la pollution marine causée par la Sarl Hung Nghiêp Formosa Hà Tinh est à ce jour la plus grande tragédie environnementale survenue au Vietnam. L’environnement marin a été pollué à une grande échelle, entraînant de lourds dégâts économiques, sociaux et environnementaux à court et à long termes.

Cette entreprise taïwanaise Formosa a reconnu sa responsabilité et demandé pardon au gouvernement et au peuple vietnamiens. Elle s’est engagée à verser 500 millions de dollars de dédommagements, et à ne pas laisser se reproduire d’autres infractions à la loi sur l’environnement et les ressources en eau.

Lors de la réunion périodique du gouvernement de mars, le ministre Mai Tiên Dung, chef du Cabinet du gouvernement, a fait savoir que jusqu’à maintenant, Formosa avait effectué 96% des travaux promis au gouvernement et à la population du Vietnam. Cela étant dit, selon la direction du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, Formosa ne pourra reprendre ses activités que lorsqu’elle apportera la garantie que toutes les conditions de sûreté sur la protection de l’environnement seront réunies. Et si elle laisse se reproduire de tels actes, elle sera dans l’obligation de fermer ses portes. -CVN/VNA

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