Évolution culturelle dans le Vietnam contemporain

L’arbre de la culture vietnamienne, de souche sud-est asiatique et fécondé par les greffes confuciano-chinoise et occidentale, va connaître de nouvelles floraisons grâce à d’autres acculturations après1945
Hanoi (VNA) –  L’arbre de la culture vietnamienne, de souche sud-est asiatique et fécondé par les greffes confuciano-chinoise et occidentale, va connaître de nouvelles floraisons grâce à d’autres acculturations au lendemain de la Révolution d’Août 1945. Ce fut la fin de 80 ans de colonisation française.
Évolution culturelle dans le Vietnam contemporain ảnh 1Le "Dôi moi" (Renouveau), lancé en 1986, a revitalisé l’économie nationale. Photo : VNA

Le Vietnam contemporain commençait son histoire. En schématisant, on pourrait la diviser grosso modo en deux périodes séparées par l’année-jalon 1986 : la période d’internationalisation et celle de mondialisation-régionalisation.

Internationalisation

Pourquoi "internationalisation" ? Parce que la première période est marquée par deux guerres de caractère international, baptisées "guerres d’Indochine", fondamentalement guerres de libération du Vietnam.

En réalité, ces guerres, la première contre les Français (1945-1954), et la seconde contre les Américains (1954-1975), s’inscrivent dans le contexte d’une lutte de libération nationale de 117 ans, lutte qui avait commencé avec l’attaque de Dà Nang (Centre) en 1858.

Pendant la période de colonisation française, tous les mouvements patriotiques vietnamiens ont échoué. La conclusion qui s’en dégage, c’est que le Vietnam ne peut reconquérir son indépendance par ses propres forces, il lui faut internationaliser sa cause.

Après la prise du pouvoir en 1945, Hô Chi Minh négocie en vain avec les Français. Ses propositions réitérées sont rejetées par la France soutenue par le bloc occidental de Washington. Le Vietnam n’a d’autre choix que de se rallier au bloc socialiste pour pouvoir poursuivre sa lutte visant l’indépendance. C’est ainsi qu’il a mené deux guerres d’indépendance dans le cadre de la guerre froide entre les superpuissances. Et que pendant deux décennies (jusqu’à 1975), le pays étant divisé en deux, le Nord subit l’influence de la culture socialiste et le Sud celle du capitalisme. Nous n’avons pas encore d’étude synthétique vraiment sérieuse sur les acculturations qui en résultent et sur l’amalgame culturel qui s’est opéré depuis la réunification nationale en 1975.

Dôi moi
Évolution culturelle dans le Vietnam contemporain ảnh 2La vieille ville de Hôi An (province de Quang Nam, au Centre), patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo : VNA

 Après une brève période d’euphorie qui a suivi la guerre, dès la fin de la décennie 70, le Vietnam va connaître une crise économique de 15 ans (jusqu’à 1995), crise très grave qui le met à deux doigts de la banqueroute. C’est la politique de Dôi moi (Renouveau) lancée en 1986 qui l’a sauvé. Ces réformes présentent quelque analogie avec la perestroïka russe. Elles ont réussi tandis que la dernière a failli. Ce n’est pas parce que les Vietnamiens sont plus intelligents que les Russes, mais tout simplement parce qu’ils sont plus pauvres qu’eux.

Pour réaliser leur perestroïka, les Russes ont besoin de capitaux, d’une technologie et d’experts up-to-date… afin de restructurer leur économie industrialisée, et les Occidentaux ne sont pas prêts à les aider sincèrement.

Le cas du Vietnam est plus simple. Pour redresser l’économie de ce pays d’agriculture arriérée - 80% de la population vit encore à la campagne - il s’agit simplement de changer de méthode de production. Tout en maintenant le secteur d’État, on favorise la création d’un secteur privé compétitif : la terre est rendue aux paysans, le commerce, l’artisanat et la petite industrie privée sont encouragés. L’exportation en 1989 de deux millions de tonnes de riz et d’un million de tonnes de pétrole annoncent un décollage économique préliminaire.

Intégration

C’est dans cette conjoncture que le Vietnam contemporain s’est engagé dans sa seconde période à partir du Dôi moi de 1986, période marquée par la mondialisation (intégration dans le système mondial), la régionalisation (adhésion à l’ASEAN) et la participation à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Mondialisation ? Avec d’autres pays du monde, le Vietnam se doit de contribuer à modeler une mondialisation à visage humain. Le système mondial engendre une crise sociale et écologique, surtout au détriment des pays pauvres, dont l’issue peut être fatale pour le genre humain.

Au Vietnam, le Dôi moi, basé sur l’adoption de l’économie de marché et la politique de la porte ouverte à tous les pays du monde, a revitalisé l’économie nationale. Il a son côté négatif : l’économie de marché favorise la compétitivité mais déchaîne en même temps une vague d’individualisme sans précédent, la course à l’argent, le rejet des valeurs traditionnelles, surtout de la part des jeunes générations.

À l’orée du XXIe siècle, face à la mondialisation, il est urgent que la culture vietnamienne assure un développement harmonieux de l’économie et de la culture. La modernité doit aller de pair avec la préservation de l’identité culturelle. C’est dans ce sens que le Vietnam a opté pour le mot d’ordre : œuvrer pour "la richesse du peuple, la force du pays (pour se défendre), la construction d’une société basée sur l’équité, la démocratie et la civilisation". Formule pragmatique, sans connotation idéologique, susceptible de rallier toutes les couches de population et les Vietnamiens d’outre-mer. - Huu Ngoc/CVN/VNA

Voir plus

Fête à Yen Tu. Photo: VNA

Bac Ninh : le Festival "Retour à la terre du patrimoine - 2026" célèbre les patrimoines reconnus par l’UNESCO

La province de Bac Ninh organisera fin mars 2026 le Festival "Retour à la terre du patrimoine - 2026", un événement d’envergure marqué par la reconnaissance de l’UNESCO pour l’art des estampes populaires de Dong Ho et la mise à l’honneur de nouveaux sites classés au patrimoine mondial, avec au programme de nombreuses activités culturelles, spirituelles et touristiques destinées à valoriser les richesses du Kinh Bac.

Performance de flûte Hmong. Photo: VNA

Résolution 80 : La culture, ciment des communautés et vecteur de consensus social

Dans un contexte d’urbanisation rapide, de migrations de travail et de forces du marché qui transforment les structures sociales, considérer la culture comme une ressource interne devient de plus en plus crucial. Lorsqu’on lui accorde la place qui lui revient, la culture peut agir comme le « ciment » qui unit les communautés, renforce l’identité, consolide le consensus social et fournit une base spirituelle solide pour un développement durable.

Lors de la séance de travail. Photo : VNA

Le Premier ministre ordonne d’accélérer la mise en œuvre des résolutions sur la culture

En travaillant avec le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme le 23 février, le Premier ministre Phạm Minh Chính a appelé à institutionnaliser rapidement les orientations du XIVe Congrès du Parti et de la Résolution 80 du Bureau politique, à lever les blocages institutionnels et à mobiliser toutes les ressources afin de faire de la culture un moteur endogène du développement durable.

Le joueur vietnamien de billard Duong Quôc Hoàng en action. Photo : Box Billiards

Duong Quôc Hoàng s’adjuge la Premier League Pool 2026 à Miami

Face à l’un des grands noms de ce sport, le joueur vietnamien de billard a livré une prestation sereine et assurée. Il a su exploiter ses premières occasions pour remporter les deux premières manches, imposant son jeu par une précision chirurgicale et une maîtrise parfaite de la table.

Bouddha Amitābha de la pagode Kim Tien, sentinelle spirituelle des Sept Montagnes

Bouddha Amitābha de la pagode Kim Tien, sentinelle spirituelle des Sept Montagnes

Nichée au cœur d’un paysage montagneux grandiose, la pagode Kim Tien, située dans le quartier de Tinh Bien, province d’An Giang, s’impose comme un haut lieu de spiritualité de la région de "Bảy Núi" (les Sept Montagnes). Point d’orgue de ce sanctuaire, la statue monumentale de Bouddha Amitābha, haute de 24 mètres, domine le site depuis le toit du pavillon principal. Se détachant avec majesté sur fond de montagnes, elle semble s’élancer vers le ciel, conférant au lieu une atmosphère à la fois solennelle et profondément inspirante.

L'ensemble des «Cadeaux de Têt pour enfants» de Kim Dông. Photo: VOV

Bonnes idées de livres à offrir pour le Têt et faire plaisir aux enfants

Comme chaque année, les éditions Kim Dông publient Nhâm nhi Têt Binh Ngo (Bienvenue au Têt de l’Année du Cheval), une anthologie réunissant nouvelles, poèmes consacrés au printemps et à l’animal emblématique de l’année. À travers ces pages, le Têt traditionnel se déploie: les plats incontournables - banh chung (gâteaux de riz gluant), confits sucrés - mais aussi les gestes culturels, de la calligraphie aux peintures populaires, sans oublier les courses de chevaux du Nouvel An.

Le temps fort de la soirée d’ouverture est le programme artistique intitulé « Parfums et Couleurs de Tay Ninh », une œuvre scénographique soignée retraçant le processus de formation et de développement de Tay Ninh. Photo: VNA

Ouverture du Festival du Printemps du mont Ba Den 2026 à Tay Ninh

Se déroulant du 17 février au 18 mars 2026, le Festival du Printemps du mont Ba Den 2026 propose une programmation riche et diversifiée, comprenant des spectacles d’arts populaires, des défilés en « ao dai » (tunique traditionnelle), ainsi que des activités culinaires et culturelles caractéristiques de Tay Ninh.

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.