Duong Van Hoc ou la passion des marionnettes

Duong Van Hoc est marionnettiste depuis 30 ans. Fier des valeurs culturelles du Vietnam et soucieux de les faire connaître, il a donné des spectacles partout dans le pays et même à l’étranger.

Hanoi (VNA) -  Duong Van Hoc est marionnettiste depuis 30 ans. Fier des valeurs culturelles du Vietnam et soucieux de les faire connaître, il a donné des spectacles partout dans le pays et même à l’étranger.

Duong Van Hoc ou la passion des marionnettes ảnh 1Duong Van Hoc, un pionnier des spectacles de marionnettes en solo au Vietnam. Photo : CTV/CVN

Âgé de 75 ans, Duong Van Hoc est un pionnier des spectacles de marionnettes en solo au Vietnam. Il a aussi fondé, en 2015, un petit musée des marionnettes à Nha Trang, province de Khanh Hoà (Centre). Le premier du genre dans le pays.

Ses années de jeunesse, M. Hoc les a passées dans sa ville natale, Hanoi. Pour des raisons professionnelles, il a quitté la capitale pour la province de Khanh Hoà. Là, il a travaillé comme scénariste et metteur en scène au sein de la troupe de marionnettistes Phu Khanh. Ce qui était au début un gagne-pain est rapidement devenu une passion. En 1984, il est retourné dans la capitale et a été embauché par le Théâtre national des marionnettes. À l’âge de la retraite, c’est à Nha Trang qu’il s’est définitivement installé, afin de réaliser son rêve : monter un musée des marionnettes.

Les marionnettes, miroir de la société

Ce musée est un rêve que M. Hoc nourrit depuis longtemps. Dans la modeste pièce de 50 m² trônent plus de 120 marionnettes, la plupart inspirées de héros et d’animaux familiers. L’artiste les a conçues lui-même. Des spectacles, il les a donnés partout à travers le Vietnam et dans 50 pays et territoires.

Ses marionnettes sont de tailles, couleurs et motifs très différents. «Comme un être humain, une marionnette peut être bonne ou mauvaise, ou une combinaison des deux, partage M. Hoc. Chacune révèle une partie de l’âme humaine. Chacun s’y retrouve».

Duong Van Hoc ou la passion des marionnettes ảnh 2Duong Van Hoc présente des marionnettes de son musée. Photo : DVH

Ses spectacles, tels que Thuyên trên sông (Le bateau sur la rivière), Cai chêt cua con thiên nga (La mort du cygne), Thang hê (Le clown), Cô gai (une  jeune fille) ou Phia sau anh mat (Derrière les yeux), ont marqué les esprits de plusieurs générations.

«Il y a 20 ans, un spectateur sud-coréen a été ému aux larmes par la pièce +Le bateau sur la rivière+», se rappelle le vieil artiste. Elle présente deux équipes rivales qui se battent sur un même bateau. Le bateau tangue, ne peut revenir au port et menace même de chavirer. Certains spectateurs lui ont confié que ce spectacle leur avait rappelé l’horreur de l’exil. «Mes spectacles, précise M. Hoc, je les veux au plus proche de la vie réelle».

Fabriquer des marionnettes et préparer les spectacles ont nécessité des jours, voire des mois le labeur. «La vie moderne est de plus en plus complexe, note-t-il. Elle oblige les marionnettes et marionnettistes aussi à évoluer pour suivre la marche du temps et être en phase avec le public».

En 1998, M. Hoc a joué la pièce La mort du cygne à Paris. Un spectateur a souhaité acheter 500 dollars l’une de ses marionnettes. Mais il a refusé et a répondu : «Si vous voulez, je vais en faire une autre, spécialement pour vous. J’ai vécu beaucoup de choses avec cette marionnette, elle est comme un ami. Et on ne vend pas un ami».

Transmettre son savoir pour assurer la relève

Le poète Bang Viêt, président de l’Association des arts et des lettres de Hanoi, a visité le musée du marionnettiste. «J’ai été subjugué, confie-t-il. Il présente une facette peu connue de la culture du Nord du pays. Et Duong Van Hoc me fait penser aux intellectuels du Nord à la période féodale».

Outre la gestion de son musée, M. Hoc écrit aussi des livres sur les marionnettes et enseigne son art aux enfants et à d’autres. La transmission, cela lui tient aussi beaucoup à cœur. Son modeste musée a déjà accueilli jusqu’à une trentaine d’enfants. «Les regards heureux et les rires des enfants m’ont beaucoup inspiré», partage-t-il.

«La marionnette, c’est d’abord la victoire de la vie sur la mort et à travers elle, on peut exprimer tous ses sentiments, précise-t-il. C’est aussi une belle manière de se distraire. C’est pourquoi je tiens à garder cette activité jusqu’à  ma mort».         

•    Où se trouve le musée ?

Le musée des marionnettes de Duong Van Hoc se trouve 92B, rue Duong Hiên Quyên, ville de Nha Trang, province de Khanh Hoà (Centre). Il est ouvert tous les samedis, dimanches et jours fériés. Entrée libre. Tel : (+84) 9 86 07 14 20. – CVN/VNA       
 

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