Diversifier les débouchés avec de nouveaux accords de libre-échange

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a mis en place, dès le début de l’année, de nombreuses mesures visant à atteindre une croissance des exportations de 6% par rapport à 2022.
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Ta Hoàng Linh, directeur du Département des marchés européen et américain. Photo: hanoimoi.com.vn

Hanoï (VNA) - Face à un climat économique mondial pour le moins morose, le ministère de l’Industrie et du Commerce a mis en place, dès le début de l’année, de nombreuses mesures visant à atteindre une croissance des exportations de 6% par rapport à 2022 et à maintenir un excédent commercial. Développer les marchés traditionnels, mieux profiter des retombées des accords de libre-échange déjà entrés en vigueur et en conclure d’autres pour diversifier les débouchés… Telles sont les solutions envisagées.

En 2022, le Vietnam a continué à faire bon usage des possibilités offertes par les accords de libre-échange (ALE) dont il est signataire. L'accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), l'accord de libre-échange Vietnam-UE (EVFTA), l'accord de libre-échange Vietnam-Royaume-Uni (KVFTA), l’accord commercial Vietnam-Chili et l’accord de libre-échange Vietnam-Union économique eurasiatique auront permis de dynamiser le commerce et l'investissement entre le Vietnam et ses partenaires et de doper ses exportations. Selon Ta Hoàng Linh, directeur du Département des marchés européen et américain, tirer partie de ces accords de libre-échanges restera la priorité du Vietnam cette année.

«Nous devons suivre de près l’évolution du marché, trouver de nouvelles solutions pour développer les marchés traditionnels et trouver de nouveaux débouchés. Pour y parvenir, il est essentiel de tenir informées les entreprises domestiques des clauses des accords commerciaux dont les accords de libre-échange de nouvelle génération tels que l'accord de partenariat transpacifique global et progressiste, l'accord de libre-échange Vietnam-UE, l'accord de libre-échange Vietnam-Royaume-Uni. L'objectif est de les aider à tirer le meilleur parti des opportunités offertes et de limiter les impacts négatifs potentiels liés à ces accords. Nous allons accélérer les négociations pour conclure, dans les meilleurs délais, de nouveaux accords de libre-échange avec les pays du Mercosur: le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Venezuela et le Paraguay», nous dit-il.

Comme a pu le constater Luong Hoàng Thai, le directeur du Département de la politique commerciale multilatérale relevant du ministère de l'Industrie et du Commerce, les exportations vers les marchés avec lesquels le Vietnam a conclu un accord de libre-échange ont fortement augmenté. En 2022, le chiffre d'affaires à l'exportation entre le Vietnam et les pays membres de l'accord de partenariat transpacifique global et progressiste a ainsi progressé de plus de 30% par rapport à 2021. La valeur des exportations vietnamiennes vers l'Union européenne et le Royaume-Uni a quant à elle augmenté de plus de 20%. Pour ce qui est du Partenariat économique global régional (RCEP), il devrait permettre de créer des marchés d'exportation stables.

Concernant les marchés cibles avec lesquels le Vietnam souhaite conclure un accord de libre-échange prochainement, Luong Hoàng Thai a précisé qu’il s’agissait de pays dans lesquels le nôtre n’a pour l’instant que peu de liens.   

«La priorité sera donnée aux marchés auxquels nos produits n’ont pas eu ou ont peu d’accès ainsi qu’aux marchés dont les technologies et la logistique se développent. Nous nous apprêtons par exemple à entrer dans la dernière phase des négociations sur un accord de libre-échange avec Israël, ce qui devrait nous permettre de mettre un pied au Moyen-Orient. Nous souhaitons donc une implication plus forte des ministères et des localités pour achever les négociations le plus tôt possible», nous explique-t-il.

Le fait est qu’à l'heure actuelle, les exportations vers les États avec lesquels le Vietnam a signé un accord de libre-échange ne représentent qu'environ 2% de ses exportations totales, et que seul un tiers de ces exportations bénéficient d’exonérations et de réductions de droits de douane et des avantages liés à l'origine des marchandises...  Autant dire qu’il y a de la marge…  

D’après Phan Van Chinh, le directeur du Département de l’Import-Export rattaché au ministère de l'Industrie et du Commerce, les entreprises domestiques vont devoir réorganiser leur production, augmenter la valeur ajoutée de leurs produits et réduire les coûts logistiques.

«Selon un rapport de la Banque mondiale, les coûts logistiques représentent de 20 à 25% des coûts du commerce du Vietnam, commerce extérieur compris. A ce niveau, une réduction de 5% des coûts logistiques permettrait aux entreprises d’augmenter leur profit et d’améliorer leur compétitivité. Nous devons faire en sorte que les entreprises domestiques puissent bénéficier de droits de douane et de coûts logistiques réduits. Dans son récent arrêté, le gouvernement a confié au ministère de l'Industrie et du Commerce la mission de réduire les coûts logistiques du commerce extérieur. Nous sommes en train d’élaborer une stratégie dont le but est de développer le secteur logistique pour faciliter les échanges commerciaux, notamment avec les pays étrangers», nous indique-t-il.  

Au cours de ses négociations pour de nouveaux accords de libre-échange, le Vietnam prône une prise en compte du développement durable, et notamment de la politique de transition écologique. Les filières priviégiées sont les technologies vertes, l’électronique, les industries de haute technologie, la biochimie ou encore l’industrie pharmaceutique.-VOV/VNA

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