Des ONG appellent à la protection des oiseaux sauvages

Plusieurs ONG tirent la sonnette d’alarme sur la question du trafic d’animaux, qui cause une perte massive de biodiversité et pourrait amener la diffusion d’autres épidémies.

Hanoï (VNA) - Des représentants d’ONG vietnamiennes et internationales dans le domaine de la conservation de la nature et de la faune sauvage ont proposé au gouvernement des mesures plus sévères pour lutter contre le commerce illégal d’oiseaux sauvages et migrateurs.

Des ONG appellent à la protection des oiseaux sauvages ảnh 1Le Vietnam abrite près de 900 espèces d’oiseaux sur 10.000 recensés à travers le monde. Photo : VNA

Plusieurs ONG, nationales et internationales, tirent la sonnette d’alarme sur la question du trafic d’animaux, qui cause une perte massive de biodiversité et pourrait amener la diffusion d’autres épidémies.

Dans une lettre envoyée au Premier ministre Pham Minh Chinh, 18 représentants d’ONG expliquent : "Dans le contexte difficile de 4e vague de COVID-19 au Vietnam, le commerce galopant d’oiseaux sauves dans l’ensemble du pays, qui a récemment été rapporté par la presse, peut provoquer de nouvelles épidémies zoonotiques très dangereuses pour l’homme. Cela viendrait détruire les efforts et les réalisations dans la prévention et le contrôle de la pandémie de COVID-19 et susciterait de nouveau l’anxiété dans l’ensemble de la population. L’Organisation mondiale de la santé dispose aujourd’hui de preuves scientifiques estimant que 70% des maladies infectieuses émergentes chez l’homme lui sont transmises notamment par des animaux sauvages. Leur trafic aurait des liens avec le SRAS, la grippe aviaire ou le COVID-19".

Engagements aujourd’hui sans effet 

Outre le problème de la propagation de nouveaux virus à l’homme, le commerce illégal a d’abord un impact extrêmement nocif sur la biodiversité et les équilibres naturels. Ainsi, selon ces ONG, l’abattage de ces espèces aviaires sauvages et migratrices a causé une perte de biodiversité et affecté les fonctions des écosystèmes, et en conséquence l’image du Vietnam sur la scène internationale. Sans mesures drastiques et efficaces pour mettre fin rapidement à cette situation, le Vietnam court le risque d’être inclus dans une liste peu flatteuse de pays ayant de nombreuses espèces d’oiseaux sauvages et migrateurs menacées d’extinction en raison du braconnage et du commerce, alors même que le pays est partie prenante de plusieurs conventions internationales protégeant les espèces sauvages.

En effet, le Vietnam est devenu le 34e membre du Partenariat pour les voies de migration d’Asie de l’Est et d’Australie (EAAFP) en 2014. Il a également rejoint 84 pays à travers le monde pour s’engager à mettre fin aux chaînes d’approvisionnement du commerce illégal d’espèces sauvages et à travailler avec ses partenaires internationaux pour garantir des solutions durables pour les personnes et la nature.

Pourtant, malgré ces engagements, les oiseaux sauvages et migrateurs sont chassés depuis longtemps et commercialisés grande échelle dans de nom-breuses localités du Vietnam, en particulier autour des Parcs nationaux et Réserves de biosphère telles que Xuân Thuy, Cat Bà (Nord), Tràm Chim (Sud), ou dans les grandes villes comme Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et Long An (Sud).

Actuellement, de nombreuses espèces rares et protégées du Vietnam et du monde sont capturées, abattues, stockées et vendues dans la chaîne de restaurants appelés "Chim to dân" (les oiseaux grandissent), défiant ainsi les forces de l’ordre. Récemment, le problème a été exposé dans de nombreux articles de presse d’investigation, attirant l’attention du public qui a demandé la fin immédiate de ces activités destructrices.

Selon un rapport du Département de l’environnement, le Vietnam abrite près de 900 espèces d’oiseaux sur 10.000 recensés à travers le monde. Malheureusement, parmi elles, 11 sont en danger critique d’extinction, 19 en danger, 28 vulnérables et 50 quasi menacées. Avec la situation actuelle de chasse, de piégeage, de capture et de consommation, les chiffres de cette liste augmenteront certainement rapidement.

Les ONG ont déclaré qu’elles appréciaient le nombre de lois et de règlements sur la protection de la faune édictés par le gouvernement vietnamien. Cependant, l’absence de réglementation spécifique sur la protection des oiseaux migrateurs et sauvages affaiblit l’application de ces textes par les autorités compétentes.

En particulier, un certain nombre d’oiseaux sauvages et la plupart des espèces d’oiseaux migrateurs ne sont pas répertoriés comme espèces menacées, rares et précieuses, en vertu des arrêtés gouvernementaux 06/2019 et 64/2019 modifiant l’article 7 de celui 160/2013, les forces de l’ordre n’ont donc aucune base légale pour traiter les cas.

Propositions des ONG

Des ONG appellent à la protection des oiseaux sauvages ảnh 2Animaux sauvages vendus au marché de Thanh Hoa dans la province de Long An (Sud). Photo: Vietnam+

Pour maintenir les populations des volatiles sauvages et migrateurs, conserver la biodiversité, assurer le fonctionnement et prévenir les épidémies, les ONG demandent au gouvernement vietnamien d’adopter une approche globale incluant une série de mesures spécifiques comme suit : Renforcer la mise en œuvre de la directive N°29 du 23 juillet 2020 du Premier ministre sur un certain nombre de solutions urgentes pour la gestion de la faune : demander aux ministères, secteurs, et localités de diriger, superviser, évaluer, récompenser rapidement les bons exemples et appliquer une discipline stricte pour les agences qui ne suivent pas strictement la directive. Les Comités populaires à tous les niveaux devraient être chargés de la protection des oiseaux sauvages et migrateurs.

Modifier, compléter et publier de nouvelles lois et réglementations spécifiques pour la protection de ces oiseaux, en particulier les espèces  qui jouent un rôle de pollinisation et de lutte contre les insectes nuisibles dans l’agriculture, ainsi que renforcer les sanctions contre les violations connexes.

Publier des actes juridiques interdisant la publicité, la vente, l’achat, l’utilisation de pièges pour attraper et tuer des oiseaux sauvages et migrateurs et d’autres outils destructeurs artisanaux. Élaborer un plan d’action national pour les protéger et adhérer à la Convention sur la conservation des espèces migratrices.

"Nous pensons que des décisions fermes du gouvernement sont nécessaires pour protéger les oiseaux sauvages et migrateurs dans les années à venir. De telles actions participeront à l’effort pour inverser la tendance de la perte de biodiversité qui, malheureusement, se constate partout dans le monde aujourd’hui. Elles permettront également de prévenir les risques de contamination causés par leur trafic et leur consommation", fait savoir un représentant des ONG, affirmant qu’elles se tiennent prêtes à accompagner le gouvernement dans ce combat. -CVN/VNA

Voir plus

Les vagues de chaleur devraient s’intensifier à l’échelle nationale en avril, avec des températures prévues supérieures aux moyennes de long terme. Photo: VnExpress

Les températures devraient grimper jusqu’à 38°C dans le Sud du Vietnam

La chaleur s’installe déjà dans toute la région sous l’influence d’un anticyclone subtropical stable qui s’étend sur le Sud et le Centre-Sud du Vietnam. Des vents faibles soufflant sur la mer au sud contribuent également à un ciel plus dégagé et à un rayonnement solaire plus intense, accentuant ainsi la chaleur.

En 2025, le Vietnam comptait plus de 14,97 millions d'hectares de forêts

En 2025, le Vietnam comptait plus de 14,97 millions d'hectares de forêts

Selon la décision n°1106/QĐ-BNNMT du 31 mars 2026 du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, annonçant l’état des forêts à l’échelle nationale en 2025, la superficie forestière totale (y compris les zones ne répondant pas encore aux critères de calcul du taux de couverture) s’élève à 14.971.553 hectares. Parmi celle-ci, les forêts naturelles couvrent 10.079.366 hectares, tandis que les forêts plantées représentent 4.892.187 hectares. Le taux de couverture forestière à l’échelle nationale atteint 42,03 %.

Des membres du groupe MAG effectuent un déminage dans la commune de Dai Trach, province de Quang Tri. Photo : VNA

Journée mondiale pour la sensibilisation au problème des mines : vers un modèle de "province sûre" à Quang Tri

Quang Tri demeure l’une des provinces les plus contaminées du Vietnam par les bombes, mines et les restes explosifs de guerre. Environ 620 000 hectares de terres y sont affectés, soit plus de 81 % de la superficie, notamment dans le sud de la province. Ces 30 dernières années, grâce à la coopération internationale, cette localité du Centre du Vietnam a pris toujours d’efforts pour garantir la sécurité de ses habitants et soutenir son essor économique.

Les habitants plantent des arbres indigènes en amont des cours d'eau dans les zones montagneuses de la province de Quang Tri (Centre). Photo : VNA

Le Vietnam lancera une bourse nationale du carbone en mai

Cette bourse facilitera les échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre et de crédits carbone, créant ainsi un marché centralisé destiné à soutenir la formation des prix et à améliorer la transparence.

Même si on ne peut pas encore parler de canicule, le temps actuel laisse présager d’un été particulièrement chaud. Photo: VNA

L’ombre de la chaleur va planer au début avril sur le Vietnam

En avril 2026, les vagues de chaleur devraient s’intensifier à l’échelle nationale, avec des températures prévues supérieures aux moyennes de long terme. Le Nord du Vietnam et le corridor Thanh Hoa-Huê pourraient connaître des températures moyennes supérieures de 1,5°C à 2,5°C à la normale, tandis que d’autres régions pourraient enregistrer des hausses de 0,5°C à 1,5°C.

Le Premier ministre Pham Minh Chinh lors de la conférence. Photo: VNA

Lier la prévention des catastrophes aux objectifs stratégiques de développement

Le Premier ministre Pham Minh Chinh a souligné que la prévention et la lutte contre les catastrophes doivent placer les populations au cœur des actions, ne laisser personne de côté et être étroitement liées aux deux objectifs centenaires stratégiques ainsi qu’à la croissance à deux chiffres dans les temps à venir.

Mangroves de Can Gio. Photo: VNA

Le taux de couverture forestière nationale reste stable à 42,03 % en 2025

Les forêts naturelles représentaient près de10,08 millions d’hectares, tandis que les forêts plantées atteignaient plus de 4,89 millions d’hectares. La superficie forestière prise en compte pour le calcul du taux de couverture national s’élevait à 13 924 835 ha, dont 10 079 366 ha de forêts naturelles et 3 845 469 ha de forêts plantées.

Panorama du parc national de Bat Xat dans la province septentrionale de Lào Cai. vneconomy.vn

La réserve naturelle de Bat Xat devient le 36 parc national du Vietnam

Les parcs nationaux sont de vastes zones géographiquement délimitées à haute valeur biologique et à la renommée internationale. Grâce à cette reconnaissance officielle, les parcs reçoivent plus de moyens pour renforcer et relier les zones naturelles. Cela profite aux plantes et aux animaux, leur offrant plus d'espace vital.

Le soir du 28 mars, les lumières s'éteignent simultanément en réponse à l'Heure de la Terre. Photo : VNA

Heure de la Terre 2026 : le Vietnam enregistre une économie de 463 000 kWh d’électricité

Lancée officiellement le 7 mars 2026 sous le message « Créativité verte – Avenir vert », la campagne encourage les institutions, les entreprises et les citoyens à adopter des comportements responsables : économies d’énergie, recours à des technologies innovantes, évolution des modes de production et de consommation, et ancrage progressif de pratiques durables.

Vue aérienne d’une partie de la forêt de cajeputiers de Trà Su. Photo : VNA

Les gardes forestiers bravent les éléments pour protéger la forêt de cajeputiers de Trà Su

Le braconnage aviaire et l’exploitation illégale des ressources halieutiques se multiplient, avec des modes opératoires de plus en plus sophistiqués. La configuration même de Trà Su, bordée par les rizières des riverains sans zone tampon clairement délimitée, complique la tâche des gardes forestiers. Face à un territoire aussi vaste, l’effectif actuel reste particulièrement réduit, rendant les missions de contrôle de plus en plus périlleuses.