Des efforts à fournir pour revigorer la médecine traditionnelle

En dépit de milliers d’années d’histoire, la médecine traditionnelle du pays est loin d’être à la hauteur de son potentiel. Pour la développer, des politiques d’investissement et de gestion s’avèrent néces
Hanoi (VNA) – En dépit de milliers d’années d’histoire, la médecine traditionnelle du pays est loin d’être à la hauteur de son potentiel. Pour la développer, des politiques d’investissement et de gestion s’avèrent nécessaires.
Des efforts à fournir pour revigorer la médecine traditionnelle ảnh 1Un jardin de plantes médicinales à Nam Dinh (Nord). Photo: VNA

Des chiffres du Département de gestion de la médecine et de la pharmacie traditionnelles (ministère de la Santé) montrent qu’en 2017, le pays comptait 63 hôpitaux de médecine traditionnelle, que 92% des hôpitaux étaient dotés d’une faculté de médecine traditionnelle, et que 85% des postes sanitaires proposaient des consultations et traitements basés sur cette science ancestrale. S’y ajoutent 18.900 cabinets de diagnostic et centres de traitement privés.

Des investissements modestes 

Cependant, face à la prééminence de la médecine moderne, la médecine traditionnelle devient de plus en plus anecdotique dans le paysage médical du pays.

Selon la définition officielle de l’Organisation mondiale de la santé, la médecine traditionnelle "se rapporte aux pratiques, méthodes, savoirs et croyances en matière de santé qui impliquent l’usage à des fins médicales de plantes, de parties d’animaux et de minéraux, de thérapies spirituelles, de techniques et d’exercices manuels - séparément ou en association - pour soigner, diagnostiquer et prévenir les maladies ou préserver la santé”.

C’est un fait, la plupart des établissements de médecine traditionnelle attirent peu de patients. Malgré sa longue histoire et un réseau de praticiens assez dense réparti sur l’ensemble du territoire, la médecine traditionnelle  souffre d’un certain désintérêt. En premier lieu de l’État, qui lui accorde, il faut bien le reconnaître, peu de crédits. Ainsi, la plupart des établissements médicaux de ce genre ne bénéficient pas d’investissements publics. Cela se traduit par des équipements démodés et des durées de traitement très longues, qui découragent les malades.

Selon des données du Département de gestion de la médecine et de la pharmacie traditionnelles, en 2017, le nombre de consultations en médecine traditionnelle, seule ou avec la médecine occidentale, représentait 4,1% des consultations médicales dans l’en-semble des établissements sondés au niveau central, 11,7% au niveau provincial, 13,4% au niveau du district et 28,5% au niveau de la commune.

"La médecine traditionnelle vietnamienne souffre d’une certaine désaffection de la part des patients, qui se tournent surtout vers la médecine moderne, et ce même pour des problèmes mineurs", reconnaît la ministre de la Santé, Nguyên Thi Kim Tiên. "Beaucoup de Vietnamiens sont peu informés sur les possibilités de la médecine traditionnelle, dont les activités de communication mériteraient d’être renforcées. Le manque de ressources médicinales de qualité est un autre problème".
Des efforts à fournir pour revigorer la médecine traditionnelle ảnh 2Chaque année, le Vietnam consomme entre 60.000 et 70.000 tonnes de matières premières médicinales. Photo: CTV/CVN

Alors que le Vietnam dispose de 5.000 espèces de plantes aux vertus médicinales, le nombre de régions spécialisées dans leur culture se compte sur les doigts d’une main. Parmi les plantes médicinales de haute valeur économique cultivées ici et là, citons "diêp ha châu" (Phyllanthus urinaria), "dinh lang" (Polyscias fruticosa), "ich mâu" (Leonurus japonicus), "kim tiên thao" (Desmodium styracifolium), "sâm ngoc linh" (ginseng de Ngoc Linh), "trinh nu hoàng cung" (Crinum latifolium)...
Manque de praticiens

Chaque année, le pays consomme entre 60.000 et 70.000 tonnes de matières premières médicinales, dont près de 90% sont importées. Une grande partie du volume entre sur le territoire sans déclaration douanière, ce qui pose des problèmes en matière de  gestion de la qualité. Par ailleurs, les commerçants chinois achètent de nombreuses matières premières au Vietnam à des prix bas. Une fois transformées en Chine, ils les revendent à des prix très élevés.

Truong Thi Ngoc Lan, directrice adjointe de l’Institut de médecine et de pharmacie traditionnelle de Hô Chi Minh-Ville, donne comme exemple le longane de la province de Bên Tre (Sud), qui est vendu aux commerçants chinois 50.000 dôngs/kg puis revendu  au Vietnam, après transformation, 200.000 dôngs/kg. "C’est vraiment une grande tristesse pour les praticiens traditionnels qui ne peuvent pas profiter de la matière première locale. De plus, la qualité des produits médicinaux importés de Chine demeure problématique et certains sont mêmes risqués pour la santé", partage Mme Lan.

"Le manque de praticiens qualifiés, médecins, infirmiers et pharmaciens est une question épineuse non seulement pour l’Institut de médecine et de pharmacie traditionnelle mais aussi pour tous les établissements de médecine traditionnelle”, estime-t-elle. D’après elle, faute de politiques incitatives, le secteur ne peut pas attirer de personnel. "De plus, les faiblesses dans le programme de formation et l’absence de stratégie dans le développement de la médecine traditionnelle  sont aussi une cause du manque de personnel", affirme Mme Lan.

En 2013, le nombre de médecins traditionnels représentait 7,94% du total des médecins au Vietnam. En 2017, ce taux n’était plus que de 7,32%. Bien que le personnel fasse défaut, les formalités concernant la délivrance du permis de travail aux médecins traditionnels demeurent compliquées.

Le Dr Lê Hùng, président de l’Association de la médecine traditionnelle de Hô Chi Minh-Ville, informe qu’actuellement, la ville compte 600 médecins traditionnels qui ont été formés mais qui n’ont pas encore de permis de travail. Nombre d’entre eux sont contraints de fermer leurs bureaux et de se lancer dans une nouvelle carrière.

"Cela représente un énorme gaspillage. On ne peut pas profiter de tout le contingent de médecins traditionnels qualifiés disponible pour développer la médecine traditionnelle", regrette Lê Hùng. – CVN/VNA

Voir plus

La ville vise à contrôler efficacement les épidémies tout en améliorant les mécanismes et les politiques et en renforçant la coordination intersectorielle. Photo : nongnghiepmoitruong.vn

Hanoi s’emploie à améliorer la qualité de la médecine préventive

L’année 2025 s’est achevée sur une note à la fois positive et difficile dans le paysage des soins de santé préventifs de la capitale. Le succès le plus notable a été la maîtrise efficace de la dengue, avec 6.628 cas recensés – soit une baisse de près de 30% par rapport à 2024 – et aucun décès déploré.

Inspection de la sécurité et de l'hygiène alimentaires dans la zone de préparation des aliments d'un hôtel. Photo: VNA

Le ministère de la Santé renforce les contrôles de sécurité alimentaire avant le Têt

Le ministère de la Santé a demandé aux collectivités locales d’élaborer des plans de surveillance de la sécurité alimentaire fondés sur l’évaluation des risques, en mettant l’accent sur les produits à forte demande pendant le Têt et les fêtes à venir, ainsi que sur les risques saisonniers tels que les intoxications aux champignons au printemps et en été.

L’Hôpital général de Tuyên Quang figure parmi les rares hôpitaux provinciaux à exploiter un scanner CT à 256 barrettes. Photo : VNA

Résolution 72 : la haute technologie médicale au service des citoyens

La province de Tuyên Quang intensifie l’investissement dans les infrastructures, les équipements modernes et les ressources humaines afin de rapprocher la médecine de haute technologie des populations locales, contribuant ainsi à améliorer l’accès aux soins de santé de qualité conformément à la Résolution n°72-NQ/TW.
·

Un médecin militaire réalise une échographie pour des habitants de Dong Dang (district de Cao Loc, province de Lang Son). Photo : VNA

Résolution 72 : refonder le système de santé vietnamien

La Résolution 72-NQ/TW du Bureau politique ouvre de nouvelles perspectives pour la restructuration du système de santé vietnamien, axée sur l’équité d’accès, le renforcement des soins de base et la durabilité à long terme.

L’Administration vietnamienne de la prévention des maladies du ministère de la Santé adresse une note urgente aux services concernés afin de renforcer la surveillance et la prévention du virus Nipah. Photo: suckhoedoisong.vn

Virus Nipah en Inde : le Vietnam renforce la prévention dès les postes-frontières

Afin de prévenir de manière proactive toute introduction et propagation du virus Nipah au Vietnam, l’Administration vietnamienne de la prévention des maladies a demandé aux autorités sanitaires locales de renforcer la surveillance épidémiologique aux points d’entrée, dans les établissements médicaux et au sein de la communauté. 

Des personnes âgées sont prises en charge à l’Institut Tâm An, à Hô Chi Minh-Ville. Photo ; VNA

Résolution n°72 : vieillissement démographique, défi des soins aux personnes âgées

Le Vietnam entre dans une phase de vieillissement rapide de sa population, entraînant une hausse soutenue de la demande en services de prise en charge des personnes âgées. Face à cette évolution inévitable, le développement de ressources humaines qualifiées et professionnelles s’impose comme un levier essentiel pour renforcer le système de protection sociale et assurer un développement durable.

La coopération française au Vietnam dans le domaine de la santé est une coopération ancienne et structurante qui occupe une place singulière notamment dans le domaine de la formation, de la recherche et des partenariats hospitalo-universitaires. Photo: FSFV

La coopération médicale Vietnam–France se tourne vers l’innovation

l’attaché pour la coopération sanitaire et le développement de l’ambassade de France au Vietnam, Gilles Angles, souligne que l’innovation, la santé numérique et le transfert de connaissances demeurent des moteurs essentiels permettant au partenariat bilatéral de répondre aux nouveaux défis sanitaires.

La ministre de la Santé Dao Hong Lan. Photo: VNA

14e Congrès du PCV : La santé publique au cœur d'une réforme stratégique

La Résolution n° 72-NQ/TW du Bureau politique, portant sur des mesures de rupture pour renforcer la protection et l'amélioration de la santé publique, vise à lever les « points de blocage » historiques du secteur en renforçant la médecine préventive et en garantissant un accès aux soins de proximité dès le plus jeune âge, à distance.

Le secteur de la santé de Hanoï se mobilise pour une sécurité sanitaire absolue. Photo / VNA

14e Congrès du Parti : Le secteur de la santé de Hanoï se mobilise pour une sécurité sanitaire absolue

Le Département de la santé de Hanoï a organisé, le 16 janvier, au Centre de contrôle des maladies (CDC) de la capitale, la cérémonie de lancement de la mobilisation du secteur de la santé en vue du XIVᵉ Congrès national du Parti communiste du Vietnam. Cette initiative vise à assurer une couverture médicale optimale, la prévention des épidémies et une capacité de réaction rapide face aux situations d’urgence tout au long de cet événement politique majeur.

Les délégués lors de la cérémonie de lancement d’un complexe médical dédié aux personnes âgées à Hanoï. Photo / VNA

Lancement d’un complexe médical dédié aux personnes âgées à Hanoï

Le Secrétaire général du Parti, Tô Lâm, a assisté le 17 janvier à la cérémonie de lancement du projet de Complexe médical et de soins de santé pour les personnes âgées de l’Université de Médecine de Hanoï, un projet d’envergure stratégique contribuant à la protection et à l’amélioration de la santé de la population dans un contexte de vieillissement démographique accéléré.