Des coutumes inédites chez les ethnies du Nord

Découvrir les us et coutumes des ethnies minoritaires vietnamiennes s’avère des plus intéressants. Le Têt est l’occasion pour elles de montrer toute l’originalité et la richesse de leurs traditions.
Des coutumes inédites chez les ethnies du Nord ảnh 1Dominer le chant du coq", une des coutumes les plus originales de l’ethnie Pu Péo. Photo: CTV/CVN

Hanoï (VNA) - Découvrir les us et coutumes des ethnies minoritaires vietnamiennes s’avère des plus intéressants. Le Têt est l’occasion pour elles de montrer toute l’originalité et la richesse de leurs traditions.

Le Têt est la fête annuelle la plus importante de ce pays multiethnique qu’est le Vietnam. Chacune de ses 54 ethnies a ses propres us et coutumes pour célébrer le passage à la Nouvelle Année lunaire. Chez les habitants de la haute région du Nord, les coutumes ancestrales diffèrent d’une ethnie à l’autre, expression de leur identité. Peuplant les confins septentrionaux du pays, les ethnies Lô Lô, Pu Péo et Hà Nhi célèbrent le Têt avec des habitudes séculaires impressionnantes.  

Le larcin nocturne des Lô Lô

Le village de Séo Lung, terre natale des Lô Lô, est niché dans les confins de Hà Giang, province frontalière avec la Chine. Une petite communauté ethnique marquée par l’hospitalité et la fierté d’avoir été la première à avoir défriché le célèbre plateau calcaire de Dông Van, reconnu en 2010 par l’UNESCO comme géoparc mondial. 

À l’arrivée du Têt, une animation particulière règne dans le village des Lô Lô. Chaque famille s’empresse de finir les préparatifs pour la fête du Nouvel An lunaire : tuer cochons et poulets, préparer diverses sortes de gâteaux du Têt… Lors du jour du réveillon, outre le nettoyage de la maison, on procède aussi à l’emballage avec du papier jaune de tous les instruments aratoires (pioches, pelles, serpes, machettes, charrues, herses), à la pose d’une peinture blanche sur les troncs des arbres autour de la maison, au scellage de la porte de l’étable, du poulailler, de la porcherie…  "Outils et bêtes, eux aussi, ont le droit de se reposer pendant les trois jours de fête !", explique un vieillard.    

Minuit sonne. C’est le moment pour un membre de la famille de sortir de la maison pour aller… dérober quelque chose chez un voisin et la ramener à la maison sans que personne ne le sache ! Ce larcin n’est souvent qu’un petit objet symbolisant la vie agricole, par exemple un épi de maïs, une gousse d’ail, du bois de chauffage, une botte de paille… Ce "cambriolage" est vu comme "un objet sacré qui apportera la chance durant l’année qui débute à la famille coupable du larcin", selon le patriarche du village de Séo Lung.

Dans l’obscurité de la nuit, Sinh emprunte   un sentier du village avec comme mission de "dérober" douze objets différents représentant les douze mois de l’année. "Attention ! Si l’on est pris la main dans le sac, la famille rencontra   certaines difficultés juste le mois dont le numéro coïncide avec celui de l’objet détecté", chuchote-t-il.

Sur le chemin, il croise parfois d’autres personnes, mais tout le monde feint de ne rien voir. Puis Sinh descend dans un champ de maïs, arrache un épi, le met dans sa poche, avant de se diriger vers le champ d’ail, puis d’autres lieux qu’il connaît comme sa poche…  S’il est repéré par le propriétaire, celui-ci fait comme si de rien n’était. Le scénario est bien rodé... "C’est une coutume ancestrale des Lô Lô. À la fois comique et sacrée, elle ne se réalise qu’une seule fois par an, à la nuit du Réveillon", affirme le chef du village. Pour lui, "c’est la seule occasion de se trouver dans la peau d’un voleur !".  

"Dominer le chant du coq" des Pu Péo

Phô Bang, dans le district de Dông Van, province montagneuse de Hà Giang, est habité par l’ethnie Pu Péo. Traditionnellement, les maisons des Pu Péo s’adossent aux montagnes ou forêts, et font face aux champs. Il s’agit des nhà trình tường (maison à murs en terre d’une épaisseur de 0,5 à 0,8 m), à trois ou à cinq travées. 

La maison des Pu Péo se caractérise par les piédestaux en pierre supportant les battants de porte, sur lesquels est gravée l’image d’un coq à côté d’un soleil. "Cette image, qui symbolise la concordance entre le yin et le yang, apporte la prospérité", souligne un géomancien. C’est avec cette conception de vie qu’est apparue chez les Pu Péo une coutume sacrée  appelée "Dominer le chant du coq". Une habitude originale qui se pratique la nuit, lors du passage au Nouvel An lunaire.

D’ordinaire, les coqs chantent la nuit toutes les heures. Dans le silence parfait, ces chants nocturnes s’avèrent plus forts que jamais. "Pour les  Pu Péo, les chants nocturnes des coqs sont sacrés, du fait qu’ils peuvent réveiller même le soleil - symbole de ce qui brille, de la bienfaisance ou du pouvoir éclatant… Pour cette raison, celui qui parvient à dominer de sa voix le chant des coqs s’attirera chance, réussite  et bonheur au cours de l’année qui débute", explique un vieillard.

Ainsi, avant les douze coups de minuit le dernier jour de l’an lunaire, on veille attentivement sur les coqs enfermés dans le poulailler. Au moment où ils battent des ailes avant de chanter, on y jette un pétard. Effrayés, ils se mettent à chanter bruyamment. Et toute la maisonnée d’élever la voix dans l’intention de dominer leurs chants. "On affirme une puissance plus grande que celle du coq, et cela est de bon augure pour l’avenir !", précise-t-il.      

À l’aube du 1er jour du Têt, avec sur les épaules une palanche où sont accrochés aux deux bouts deux grands seaux, les adolescents partent chercher de l’eau au ruisseau. "C’est l’heure où le génie du ruisseau donne de l’eau d’or et d’argent ", dit Pao, un autochtone. Au bord du ruisseau, on brûle des bâtonnets d’encens, tout en priant pour que le génie des lieux accorde ses faveurs ; puis, de l’eau est puisée au milieu du ruisseau et des papiers votifs sont déposés dans les seaux. "C’est ainsi que les Pu Péo expriment leur souhait pour une année à la météo clémente", ajoute Pao.

Le "cochon prédestiné" des Hà Nhi

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Le dernier jour de l’année lunaire. Dans le district reculé de Muong Tè, province montagneuse de Lai Châu, le village d’ethnie Hà Nhi connaît une atmosphère festive. Toutes les familles se préparent activement au Têt traditionnel. Dans la cuisine, les femmes préparent le bánh dày (gâteau de riz gluant pilé) et le bánh trôi (boulette de riz gluant farcie d’un morceau de sucre et pochée dans l’eau bouillante). Dans la cour, les hommes tuent un verrat pour les pantagruéliques festins du Têt.

La tradition veut que cet animal, dit "cochon prédestiné", soit engraissé par la même famille propriétaire et que son foie - qui présage de l’avenir radieux ou non de la famille - soit examiné minutieusement par un géomancien. On attend avec un vœu ardent que le foie du cochon soit intact, d’une couleur éclatante, et à la vésicule biliaire intacte. "Cela signifiera chance pour toute l’année qui vient, concrètement l’élevage et les affaires iront comme sur des roulettes, la famille restera unie, heureuse…", détaille Po Long To. Des vœux très simples qui en disent long sur la conception de vie des montagnards du Nord.  

Tout le monde s’en donne à cœur joie durant cette nuit très affairée. Au lever du soleil, avec vénération et reconnaissance, on dédie un plateau plein d’offrandes et de plats savoureux au culte des génies et des ancêtres. Cela fait, toute la famille se réunit autour d’un repas copieux arrosé d’alcool de maïs. -CVN/VNA

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