Demander une calligraphie à l'occasion du Têt, une coutume des Vietnamiens

A l’occasion du Têt traditionnel, les Vietnamiens ont coutume de se rendre chez un maître calligraphe pour retranscrire en idéogrammes leurs souhaits de bonheur, de santé, de fortune et de longévité.
Demander une calligraphie à l'occasion du Têt, une coutume des Vietnamiens ảnh 1Un calligraphe et une visiteuse au Temple de la Littérature à Hanoï. Photo: Vietnamplus

A l’occasion du Têt traditionnel, les Vietnamiens ont coutume de se rendre chez un maître calligraphe pour retranscrire en idéogrammes leurs souhaits de bonheur, de santé, de fortune et de longévité pour une nouvelle année.

Autrefois, une dizaine de jours avant le Têt (Nouvel An lunaire), que les lettrés (“ông đồ” en vietnamien) assis sur des nattes dans un coin de marché ou de rue tracent sur du papier écarlate de beaux idéogrammes en “han” (chinois classique) ou en nôm (écriture démotique pour la transposition phonétique du vietnamien). Ils trempent leurs gros pinceaux dans un écritoire d’encre de Chine pour écrire les caractères «Bonheur», «Longévité», «Génie», sur de grands carrés de papier rouge..., ou des vœux de prospérité sur de longs rectangles de papier parallèle.

La calligraphe exige une connaissance parfaite de son matériel. Aucune retouche n’est possible. D’où l’importance de la préparation psychologique et même des effets de mise en scène qui l’accompagnent parfois. C’est la vigueur du coup de pinceau qui compte. Bien plus qu’une technique de peinture, c’est le perfectionnement moral et culturel que le calligraphe cherche à atteindre.

Chaque famille souhaite avoir une paire de sentences parallèles rouges, le rouge étant la couleur du bonheur, de la chance, qu’elle colle à la place d’honneur de la maison, d’ordinaire des deux côtés de la porte d’entrée ou de l’autel des ancêtres. L’espoir d’une vie meilleure pour le Nouvel An constitue le fond des sentences parallèles.

Ces belles images sont gravées profondément dans la mémoire des Vietnamiens comme une habitude indispensable lors des premiers jours du Têt et demeurent depuis longtemps un trait culturel typique de la tradition vietnamienne.

Les Vietnamiens se font composer des calligraphies en fonction de leurs attentes spécifiques. Certains veulent voir écrit en beaux caractères le mot «Phuc» (bonheur), les personnes âgées préfèrent «Tho» (longévité), «Khang ninh» (paix et prospérité) alors que les commerçants privilégient «Lôc» (bénédiction), «Tai» (Talent) et «Hung» (prospérité). En véritable artiste, le calligraphe met toute son âme dans ses arabesques et souhaite aller à la rencontre d’un public de connaisseurs.

Ces dernières années, une fête printanière de la calligraphie est organisée annuellement au Temple de la Littérature à Hanoï. Elle se déroule du 20e jour du dernier mois de l’année précédente au 15e jour du premier mois de l’année suivante, attirant un public nombreux. Chacun espère repartir avec une belle calligraphie qui donnera un coup de pouce à son destin au cours de l’année qui débute dans un domaine qui lui tient particulièrement à cœur : amour, travail, études, santé, etc. Elle offre aussi un espace artistique où les calligraphes peuvent se rencontrer et échanger.

C’est aussi l’occasion de présenter une belle et noble tradition vietnamienne tombée en désuétude durant des décennies, celle de venir demander de jolis idéogrammes aux lettrés à l’occasion du Têt. Les calligraphes, version moderne des lettrés d’autrefois, sont, dans une certaine mesure, des humanistes qui offrent des présents sous formes d’harmonieux tracés.

Non seulement à Hanoï, les « rues des lettrés » sont mises en place dans plusieurs villes et provinces dans l’ensemble du pays. À Hô Chi Minh-Ville, de jeunes calligraphes en “ao dài”, comme leurs prédécesseurs, continuent de perpétuer dans les rues la noble tradition de tracer et d’offrir des calligraphies.

Le programme «Ông dô xuông phô» (Les lettrés descendent dans la rue), lancé depuis 2006 par le Club de Calligraphie Net Viêt, devient une activité attrayante pour les habitants locaux, notamment à l’occasion du Nouvel An lunaire.

Comme beaucoup d’autres traditions vietnamiennes, personne ne peut dire exactement où et quand la calligraphie a commencé, mais sa valeur culturelle est encore très présente au sein de la société vietnamienne. Espérons que ces belles coutumes perdureront parallèlement au développement du pays./.-Vietnamplus

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