Culture de la lecture : après les paroles, les actes

Le «Projet de développement de la culture de la lecture d’ici 2020 et ses orientations pour 2030» vient d’être approuvé par le gouvernement.
Culture de la lecture : après les paroles, les actes ảnh 1D’ici 2030, le gouvernement veut que chaque Vietnamien considère la lecture comme une activité routinière. Photo : Bùi Phuong/CVN

Hanoi (VNA) - Le «Projet de développement de la culture de la lecture d’ici 2020 et ses orientations pour 2030» vient d’être approuvé par le gouvernement. Sa mission : donner un plus large accès du public aux sources de connaissances via la lecture, notamment en zones rurales.

«Le livre joue un rôle important dans la vie intellectuelle de chacun. Il est ce grand maître qui nous donne une source de connaissances inépuisable. Il nous amène vers de grandes valeurs humaines. Depuis longtemps, les  Vietnamiens considèrent la lecture comme une belle tradition culturelle», a affirmé le 6 avril à Hanoï le vice-ministre de l’Information et de la Communication, Nguyên Minh Hông, lors de la cérémonie d’inauguration de la Journée du livre du Vietnam 2017 (21 avril).

Pour continuer d’encourager la culture de la lecture et de sensibiliser le public à l’importance du livre non seulement comme source de connaissances mais comme moyen de développer sa pensée et sa personnalité, le gouvernement a approuvé le 15 mars le «Projet de développement de la culture de lecture dans la communauté d’ici 2020 et ses orientations pour 2030». Avec des objectifs précis. 

Quatre livres par an

Le projet est découpé en deux grands volets : élever les possibilités d’accès aux sources d’informations et de connaissances de la population, et renforcer l’activité des bibliothèques et de la publication. D’ici 2020, le gouvernement veut que 80% des apprenants dans les écoles puissent avoir accès aux connaissances et informations fournies par les bibliothèques, publiques ou privées. Tous les établissements scolaires doivent s’équiper d’une bibliothèque.

Quant au réseau des bibliothèques publiques au niveau national, il devra faire en sorte qu’il y ait autant d’exemplaires de livres (tous genres et catégories confondus) que d’habitants. De plus, les maisons d’édition devront, réunies, publier l’équivalent de cinq exemplaires par habitant afin qu’en moyenne, chaque Vietnamien puisse lire quatre livres par an.

Le gouvernement privilégie le développement de la culture de la lecture dans les régions rurales et celles en difficultés sur le plan socio-économique. Pour les premières, 20-25% de la population devra avoir accès aux sources de connaissances et d’information proposées par le réseau de bibliothèques ou par les centres culturels locaux. Pour les secondes, c’est-à-dire les régions reculées et/ou montagneuses défavorisées, ce taux devra être de 15-20%.

«L’acquisition des livres, la création et la fréquentation des bibliothèques sont la meilleure voie pour former la culture de la lecture du public», a souligné le vice-ministre de l’Information et de la Communication, Nguyên Minh Hông.

Priorité aux enfants des régions rurales

Culture de la lecture : après les paroles, les actes ảnh 2Le programme «Des livres pour les zones rurales» de Nguyên Quang Thach permet aux enfants dans ces régions à enrichir les connaissances fournies par les mini-bibliothèques. Photo : CTV/CVN

Conscient du rôle et de l’importance de la lecture, le gouvernement a décidé en 2014 de faire du 21 avril la Journée du livre du Vietnam. Depuis, de nombreuses activités ont été lancées régulièrement dans l’ensemble du pays. Si dans les villes, les citadins ont l’embarras du choix (bibliothèques, salons du livre ou rues des livres), ce dernier est famélique à la campagne. «Sachez que dans les régions rurales, 15 millions d’enfants vietnamiens ne demandent qu’une chose : pouvoir lire !», a informé Nguyên Quang Thach, qui vient de se voir attribuer le Prix d’alphabétisation de l’UNESCO grâce à son initiative «Des livres pour les zones rurales du Vietnam».

Face à cette situation, la création et l’installation des mini-bibliothèques semblent être la meilleure solution. C’est dans ce sens qu’en parallèle au gouvernement, nombre d’individus et d’organisations s’engagent avec entrain dans cette activité. Nguyên Quang Thach en est sans doute un des meilleurs ambassadeurs. Cet homme a  passé  20 ans  à  étudier  la  conception  de bibliothèques et cinq  modèles  principaux ont vu le jour  :  les  bibliothèques  de  clan,  de  paroisse,  de  salle  de  classe  et  de  communauté.

En 2010, il a effectué une marche à travers tout le pays pour appeler au don de manuscrits. Son  programme «Des livres pour les zones rurales du Vietnam» - dont le but est d’enrichir les bibliothèques de campagne et de donner envie de lire à tous, en particulier les enfants - a permis d’installer des mini-bibliothèques dans plus de 12.000 salles de classe à travers le pays. Son programme sera étendu à tout le territoire d’ici 2020 grâce au soutien des ministères de l’Éducation et de la Formation ; de la Culture, des Sports et du Tourisme.

D’après l’ambassadeur Pham Sanh Châu, envoyé spécial du Premier ministre chargé des affaires de l’UNESCO, le pays est confronté à la problématique suivante : «Comment faire pour que les enfants des campagnes ne soient plus privés de lecture ?». Et de lancer un appel : «Il est de notre devoir à tous d’agir, à l’aide de petits actes pour leur offrir l’occasion d’avoir accès à des sources de connaissances comme par exemple la création des mini-bibliothèques pour enfants dans leurs salles de classe ou leurs familles».

Mais le gouvernement ne compte pas s’arrêter là et voit plus loin. Le projet en question a pour finalité qu’en 2030, chaque habitant considère la lecture comme une habitude et ait accès à des sources d’information en tous lieux et à toute heure : à la maison, à l’école ou au travail. C’est seulement ainsi que la culture de la lecture s’ancrera durablement dans les mœurs. -CVN/VNA

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