Hai Hâu vient de loin, de ses maisons neuves, ses écoles spacieuses,ses routes bétonnées qui portent l’empreinte des efforts de lacommunauté. Mis en oeuvre depuis deux ans, le programme d’édification dela Nouvelle campagne, destiné à améliorer la vie matérielle etspirituelle de la population rurale, porte déjà ses fruits.
Dans la commune de Hai Phuong où les catholiques représentent 40% desa population, quand la cloche de la cathédrale de Giap Nam sonne àtoute volée dès l'aube, ses portes ouvertes laissent entrer une fouleendimanchée.
Bien que Hai Phuong, encore démuni il ya cinq ans, n’en soit qu’aux premiers balbutiements de sa métamorphose,le revenu per capita a atteint 17 millions de dôngs par an, soit plusde 800 dollars. Presque toutes les familles ont désormais accès à l’eaupotable. Les chemins vicinaux sont tous bétonnés. Les écolesmaternelles, primaires et les collèges sont aux normes nationales. Çà etlà, on trouve de belles églises, des lieux de culte restaurés.
"Hai Phuong satisfait à 13 des 19 critères de la Nouvelle campagne.Les réalisations d’aujourd’hui sont le résultat de la solidarité detoute la population, catholiques ou non", se félicite le président duComité du Front de la Patrie du Vietnam de la commune, Vu Van Hung.
"Les catholiques sont très actifs et participent largement àl’édification de la Nouvelle campagne ainsi qu'au développement desmétiers. Ils donnent également des terrains pour la circulation", a-t-ilconstaté.
L’instauration de la nouvelleruralité renforce davantage la solidarité au sein de la populationlocale. Il n’existe plus de distinctions entre catholiques etnon-catholiques, tous travaillent ensemble pour une plus belle campagne.
À trois kilomètres de Hai Phuong se trouve lacommune de Hai Duong, où la rivière de Dôi séparait catholiques etnon-catholiques. Autrefois, les catholiques vivaient sur la rive gaucheet les non-catholiques, sur la rive droite. Un mariage entre les deuxrives était presque inacceptable. Les jeunes le comprenaient etn’osaient pas dépasser le stade de l’amitié.
"Nouspouvions devenir amis, mais seulement amis", raconte Vu Thi Nhai, unefemme de 54 ans domiciliée dans le 4e hameau de la commune de Hai Duong."Les gars et filles des deux rives ne pouvaient pas se marier, à causedes différences de religion et de coutumes. Les non catholiques onttendance au bouddhisme, alors que sur l'autre rive, on va à l'église",explique-t-elle.
Mais c’est le passé. À présent,tout a changé, surtout après que Hai Duong ait été choisie avec dixautres communes dans l’ensemble du pays pour expérimenter le programmed’édification de la Nouvelle campagne. Catholiques ou non, malgré leursdifférences, rêvent toujours d’une vie prospère et heureuse.
La catholique Mai Thi Xuân, 20 ans, a épousé un non-catholique. Audébut, elle hésitait, mais elle a compris enfin que c’est l’amour quiimporte. Son mariage a eu lieu conformément aux rites des deux familles.
Les deux tourtereaux ont signé les actesadministratifs, se sont présentés aux relatifs du gendre suivant leurscoutumes, et ont célébré la cérémonie à l'église devant un prêtre. Aprèsdeux années dans une famille non catholique, Mai Thi Xuân s’esthabituée à sa manière de vie et va régulièrement à l’église. Le bonheurs’est accru lorsqu’un bébé est né il y a un an.
L’histoire de Nguyên Van Cuong, un non-catholique, est différente. Cejeune homme de 24 ans a épousé une catholique au début de cette année.Avant son mariage, il est allé au catéchisme pendant deux mois, etmaintenant, il va à la messe à l’église le week-end. "Je pense que c’estbon d’aller à l’église. Nous nous orientons tous vers le bon cœur alors!", a-t-il confié.
La rivière de Doi n’estplus une frontière. Il y a des ponts de solidarité et d’amour entre lescommunautés des deux rives. Des ponts qui encouragent le changementd’une zone rurale en pleine mutation à l’heure d’intégration. - AVI
(Dernier article: L’homme chargé d’entretenir l’unique mosquée de Hanoi).