Au Vietnam, se dire "Oui !" à la pagode

Les jeunes sont de plus en plus nombreux à se marier à la pagode. Le mariage devient alors bien plus qu’un simple lien juridique, il crée un lien sacré entre les époux, qui s’engagent devant Bouddha et ses serviteurs.

Les jeunes sont de plus enplus nombreux à se marier à la pagode. Le mariage devient alors bienplus qu’un simple lien juridique, il crée un lien sacré entre les époux,qui s’engagent devant Bouddha et ses serviteurs.

Lesfuturs mariés se prosternent devant l’autel des trois Bouddhas (dupassé, de l’avenir et du futur), écoutent les bonzes déclamer des textestirés du Dharma, dans la senteur enivrante des vapeurs d’encens, puisdégustent un banquet végétarien avec leurs proches.

Une scène de plus en plus fréquente dans certaines pagodes de Hanoi, et d’autres grandes villes du pays.

Nguyên Xuân Thang, 27 ans, de Hanoi, a réfléchi pendant des mois à lamanière d’organiser un mariage inoubliable. Fidèle bouddhiste, comme safuture femme, il a finalement opté pour une union à la pagode Dinh Quan,district de Tu Liêm, Hanoi, espérant que s’engager devant le Bouddha etses serviteurs serait de bon augure pour sa vie conjugale et familialefuture.

Avant le mariage, les futurs mariés, accompagnésde représentants des deux familles, sont allés demander à la pagodel’avis du bonze principal.

Ensuite, ils sont restéstrois jours dans ce lieu pour suivre une sorte de "stage préparatoire",en respectant les règles monastiques draconiennes : se lever à 04h30 etse coucher à 21h30. Lors de ce court séjour, chacun a dû écrire unelettre à son futur conjoint, pour exprimer ses espoirs et attentes maisaussi pour avouer des choses difficiles à dire en face. Ces lettresn’ont été ouvertes que lors de la cérémonie de mariage, puis lues par lebonze principal de la pagode devant tous les invités.

Avant de s’unir ad vitam aeternam, Thang et sa femme fréquentaientrégulièrement les pagodes. Lors de ces visites, ils avaient déjà assistéà des mariages et écouté les conseils des bonzes.

Depuis, les deux époux reviennent régulièrement à la pagode pours’entretenir avec le bonze principal, toujours prodigue en conseils detoutes sortes.

Autre exemple : Dào Thu Hiên et Khuc VanMinh, qui ont choisi de convoler en justes noces à la pagode Thiên ViênSùng Phuc, arrondissement de Long Biên, Hanoi.

Lemariage est organisé devant l’autel des Trois joyaux du bouddhisme(Bouddha, Dharma et Sangha). Pas de musique ni de rires, seulement desprières s’élevant et résonnant contre la charpente en bois noircied’encens.

Au début de la cérémonie, les bonzes s’assoienten tailleur sur deux rangs pour une petite séance de prières. Le marié,la mariée et leurs proches s’avancent à pas feutrés puis s’assoientselon un ordonnancement précis : les convives de la famille du marié àgauche et ceux de la mariée à droite.

Les deux futursépoux sont conduits devant l’autel des Trois joyaux pour brûler desbâtonnets d’encens. Ensuite, ils écoutent le bonze supérieur leur donnerdes conseils pour bâtir une famille heureuse.

Les époux écoutent le bonze supérieur leur donner des conseils pour bâtir une famille heureuse.

Suit lacérémonie d’échange des alliances, avant que les représentants des deuxfamilles ne prennent la parole devant les bonzes pour exprimer leursvœux de bonheur aux jeunes mariés.

Ensuite, tout le mondepasse à table. Un vrai banquet, végétarien comme il se doit, auquelsont conviés tous les bonzes, novices compris. L’ambiance n’a rien àenvier à celle des mariages dans les restaurants, en dépit du thé vertqui remplace avantageusement vin rouge ou alcool de riz.

Une invitée, Nguyên Thi Thu, 25 ans, partage ses impressions : "Je pensequ’un mariage à la pagode revêt un caractère sacré très fort. En plus,c’est beaucoup plus économique ! Je pense que les préceptes bouddhiquesaideront les deux époux à mieux vivre ensemble".

Semarier à la pagode est de plus en plus à la mode, et pas seulement parmiles "margouillats de brûle-parfums" - l’équivalent bouddhiste des"grenouilles de bénitier". L’Institut bouddhique Song Phuc, les pagodesLy Triêu Quôc Su (arrondissement de Hoàn Kiêm), Dinh Quan (au districtde Tu Liêm) ou Thiên Tuê (à Soc Son) sont parmi les lieux de nocespréférés.

Selon le bonze supérieur Thich Tâm Thuân,gérant de l’Institut Sùng Phuc, "le nombre de mariages à la pagode vacroissant. Dans un monde de plus en plus matérialiste, les gensrecherchent les valeurs fondamentales, et le sacré en fait partie".

Reste à savoir si la noce à la pagode est une garantie de vie conjugale réussie ? La question reste posée... – VNA

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