Au cœur de la scène underground hanoïenne

La scène musicale ne cesse de se renouveler en Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, nous vous invitons à plonger avec nous dans l’univers de la scène techno de la capitale vietnamienne... Frissons garantis.
Au cœur de la scène underground hanoïenne ảnh 1Set live de Quan, Dj et producteur vietnamien, à l’Équation festival 2018. Photo: Derryophotography/CVN
 

Hanoï (VNA) - La scène musicale ne cesse de se renouveler en Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, nous vous invitons à plonger avec nous dans l’univers de la scène techno de la capitale vietnamienne... Frissons garantis.

La formule est simple: à la tête d’Équation, on trouve Ouissam Mokretar, un jeune trentenaire qui s’est soigneusement entouré d’une équipe de jeunes français, naturellement passionnés de musique et ayant choisi l’Asie du Sud-Est comme terre d’adoption.

Anciennement basé à Hong Kong (Chine), où il a fondé l’agence Cliché et le label Fragrant Harbour, Ouissam se retrouve désormais Hanoïen à part entière. Alors qu’il hésitait entre le Vietnam et la République de Corée, il a fini par poser ses baskets à Hanoï, faisant le choix d’une ville avec "moins de compétition et plus de portes ouvertes à la créativité".

Le Savage Club, un lieu pour les amateurs de techno

En septembre 2016, après quelques mois de repérage dans la capitale vietnamienne, avec des amis, Ouissam pose sa première pierre à l’édifice en ouvrant le Savage Club, la première boîte de nuit affichant un line-up de qualité avec des artistes de renom: Roman Flügel, John Talabot, FKJ, San Soda…

"En ouvrant le Savage Club, on s’était donné six mois pour conquérir la communauté expat et un an pour les Vietnamiens", a-t-il confié.

Pari gagné puisque le Savage est aujourd’hui un haut-lieu de la scène nocturne hanoïenne. Chaque mercredi soir, le club offre une résidence aux Djs vietnamiens de talent tels que Quang, Min8, TrungD et Huygnut.

Tout comme le club Concrete à Paris qui organise son festival techno-house, le club hanoïen s’est embarqué dans la même aventure...

Au cœur de la scène underground hanoïenne ảnh 2Ouissam Mokretar (droite), fondateur du Savage Club. Photo: Vietcetera/CVN

Le Festival Équation, une aventure prometteuse

C’est en donnant naissance, en 2017, au Festival de musique Équation que Ouissam a semé les graines musicales du Savage Club sur les terres du camp de Son Tinh, un petit îlot niché aux abords d’une forêt et d’un lac paisibles. Désireux de voir germer "un lieu de rencontre de la scène asiatique afin de créer un hub de connexion entre les différentes villes d’Asie du Sud-Est", Équation, déjà adoubé par Resident Advisor, semble prendre sa place dans l’arène des festivals underground d’Asie du Sud-Est.

Curieux d’en apprendre plus sur l’identité propre à ce festival, j’interroge Ouissam sur ce qui différencie son festival de ses deux grands frères d’Asie, Organik (Taïwan, Chine) et Rainbow Disco Club (Japon), ce à quoi il me répond d’un trait assuré: "Ce qui nous différencie des autres, c’est le line-up principalement asiatique, une liberté dans le set et une image standard low-key (discrète)". C’est bien la liberté, ce sentiment extatique et jouissif qui nous envahit lorsque l’on se rend au festival Équation.

Force est d’admettre qu’aux termes de ces trois jours de fête bercés par une musique éminemment éclectique et riche en vibrations, l’on est triste de quitter la magie offerte par ce lieu et par une programmation raffinée.

Un festival résolument international

Quel amateur de techno ne rêverait pas d’assister à un set d’UVB, Answer Code Request ou nthng tout en ouvrant son esprit et ses oreilles à un live modulaire de Quan, figure montante de la scène underground vietnamienne.  Il en va de même pour les amateurs de House qui auront eu la chance de danser devant un set légendaire d’Alex from Tokyo, de découvrir la perle japonaise Powder marquant sans doute l’un des meilleurs sets, et par la même occasion de laisser planer ses sens par trois heures de sons slow-beat gracieusement offerts par Rifain, directeur artistique du Savage Club.

Enfin, on notera la part importante réservée aux artistes vietnamiens et à ceux qui constituent la "crème de la crème" de la scène underground en Asie du Sud-Est: Powder, Gonno, Hu Yang, Hibiya Line, Jonathan Kusuma… La liste est longue.

Qui plus est, ce brassage d’artistes asiatiques et occidentaux brise les frontières de nationalité et de culture. Mais n’est-ce pas là le but ultime d’Équation que d’offrir un terrain de partage musical et culturel à des individus aux horizons différents? Cette liberté que l’on chérit tant nous est offerte sur un plateau d’argent avec un plaisir auditif et une expérience humaine aux rendez-vous.

Si l’organisation et la tenue du festival ont nécessité un travail colossal, et malgré quelques pépins techniques, on ne peut qu’ôter son chapeau. Et oui, on retient ses larmes chaudes en quittant les terres de Son Tinh.  En guise de clôture pour cette 2e édition d’Équation, je demande à Ouissam son mot de la fin: "Totale folie", me dit-il.

On attend avec impatience la troisième édition qui aura lieu en 2019… car jamais deux sans trois. –CVN/VNA

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