La communauté vietnamienne en Allemagne comprend plus de 100.000 personnes. Elle s'intègre bien à la société allemande et contribue activement au développement économique et culturel de ce pays.

Les deuxième et troisième générations de Vietnamiens ont grandi au sein de la société allemande. Certains de ses membres ont des difficultés à parler le vietnamien et ne comprennent pas la culture de leur pays natal. Cependant, dans les villes où la communauté vietnamienne organise souvent des activités culturelles et artistiques, ou attache de l'importance à l'enseignement du vietnamien, les enfants s'intéressent beaucoup à leur pays natal.

Lors du récent Festival culturel du Vietnam, relevant de l'Année vietnamienne en Allemagne, récemment organisé dans ce pays pour fêter le 35e anniversaire des relations diplomatiques bilatérales, beaucoup de spectateurs ont été surpris d'entendre une fille vietnamienne jouer d'instruments de musique traditionnels vietnamiens comme "dàn bâu" (monocorne), le "dàn T'rung", la cithare à 16 cordes, etc.

Ce résultat est l'effort de nombreuses personnes dont Trân Phuong Hoa, enseignante à l'École de musique Shostakovich de Berlin. Elle joue souvent des instruments de musique traditionnels lors des fêtes.

Avec son mari Lê Manh Hùng, elle a fondé le groupe de musique Hoa Sen (lotus) depuis 10 années. Leur passion des instruments traditionnels s'est transmise à plusieurs jeunes vietnamiens nés en Allemagne. Beaucoup d'entre eux ont demandé à leurs parents de pouvoir suivre des cours de musique.

Face au souhait des enfants, Trân Phuong Hoa a demandé à l'école d'organiser des cours d'instruments vietnamiens, les seuls d'origine non européenne à être enseignés dans cette école depuis avril 2007.

Actuellement, une trentaine d'élèves suivent ces cours, y compris des Chinois et Allemands. Les élèves sont maintenant capables de donner des représentations.

D'après Mme Hoa, la musique aide à rapprocher les enfants de leur pays d'origine, leur famille, leurs proches. Outre les enfants, il y a aussi des personnes entre deux âges qui viennent apprendre les instruments traditionnels à l'école.

D'après Mme Hoa, la plus grande difficulté de l'enseignement, c'est le manque d'instruments. Si les élèves sont Vietnamiens, ils peuvent demander à leurs proches de leur envoyer un instrument du Vietnam mais, pour les élèves étrangers, c'est très difficile. Elle souhaite recevoir des aides du gouvernement, des associations et des individus.

Grâce à ses contributions dans la valorisation de la culture vietnamienne à Berlin, Trân Phuong Hoa a fait partie des 204 personnes les plus représentatives de Berlin en 2010. - AVI